Avant, c’est maintenant

Avant, on m’a dit: « petits enfants, petits soucis, grands enfants, grand soucis ».

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Mais ça c’était avant.

Quand ils enchainaient les virus et les microbes, les gastros et les bronchios, les nuits blanches et les poussées dentaires.

Quand je passais plus de temps sur le canapé de la salle d’attente de ma doc que sur celui de mon salon.

Quand on passait des heures carrées sur les tables de multiplication, les poésies de Robert Desnos et Anne-marie Chapouton

Quand ma voiture était ma deuxière maison.

Quand je gérais un portefeuille de baby-sitters recrutées sur le volet pour gérer 6 enfants et survivre

Quand parfois manger une assiette de petits pois nécessitait force et diplomatie, et coup de balai après

Quand les journées commençaient rarement après 7h00

Quand les internes me serraient la main aux urgences de l’hôpital  et connaissaient les enfants par leur prénom.

Quand je faisais des quiches, à raison de 3 par semaine en juin, voire 3 par jour pour les kermesses de fin d’année

Et je me disais que l’avenir allait être compliqué… Si ce que je vivais là c’était des petits soucis, que serait l’avenir? 

L’avenir, c’est maintenant!

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Quand ils gèrent eux-mêmes leurs gastros et savent tousser et se moucher.

Quand les vélos ont remplacé ma voiture pour les conduites

Quand il n’y a jamais de restes, ni dans leur assiette, ni à côté.

Quand on parle de Victor Hugo, de géopolitique, et de citoyenneté

Quand je ne les entends pas rentrer de leurs soirées parce qu’ils ne viennent plus dans ma chambre et enlèvent leurs chaussures pour monter l’escalier.

Quand je peux boire un, deux, 3 cafés le matin, seule, en silence pendant qu’ils dorment.

Quand les internes sont devenus médecins et que malgré mes  passages très fréquents dans les services d’urgence, ils trouvent des mères plus jeunes que moi à qui serrer la main.

Quand je choisis de sortir et que la meilleure baby-sitter, toujours disponible, s’appelle Pizza.

Quand les gâteaux au chocolat se font sans moi, et qu’on en profite tous.

Quand ma seule vraie contrainte est d’être là, pas trop loin, plutôt dispo, pour en profiter tant qu’ils sont là.