Ado-rable CV

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Ils sont ado-rables et on leur demande de faire un CV….

Ahhh la bonne blague!

Que ce soit pour rentrer dans une école, ou faire une demande de stage, chercher un boulot d’été. Un CV à 17 ans… Moi quand j’ai fait mon premier CV, j’avais fini mes études, un diplôme commercial en poche et j’avais appris à me vendre, mettre en avant des compétences, valoriser des expériences, tout ça, je l’avais appris en cours. Et j’ai eu du mal.

Alors faire un CV à 17 ans… Brevet des Collèges mention Bien. ça fait toujours un premier diplôme. En police de caractère 36, avec une photo en A5, ça devrait le faire sur un A4 recto seul.

Je viens de faire son CV avec Coline, et j’avais fait le sien avec Maël il y a un an. Au sortir de leur adolescence.

NDLR: Oui je considère que vers 17-18 ans on sort de l’adolescence, surtout vers 18. Même si on ne range toujours pas sa chambre. Je sais que j’ai une vision optimiste de la situation mais j’ai des circonstances atténuantes, il y a encore 2 ados et 2 pré-ados pour m’occuper les prochaines années….

Faire un CV à 17 ans, c’est compliqué. Parce que c’est demander à un ado-rable en fin de règne de dire du bien de lui-même. De mettre en avant des choses positives. C’est lui demander de se remémorer les choses positives qu’il a faites et qui lui ont permis d’être ce qu’il est aujourd’hui. C’est lui demander de prendre conscience que tout ce qu’il a fait jusqu’à présent va lui servir à se rendre utile, parce qu’il a des qualités et des talents.

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Plage de Lostmarch (29160)

Qui sont les ados qui ont une belle image d’eux-mêmes? Qui sont les ados qui ne subissent pas à longueur de temps des injonctions négatives de la part des adultes et des copains, des professeurs et parfois malheureusement des parents? (mea culpa les Kids si vous passez par là)

« Tu sais, tant que tu n’as pas le bac, c’est comme si tu n’avais rien, hein? » Exemple super basique.

« Je vois mal comment tu pourrais habiter seul alors que ramasser une paire de chaussettes te provoque une sciatique » Exemple basique.

Je vous en donne à la pelle…

Alors en travaillant avec eux sur leurs CV, je me suis vue entrain d’écrire un billet sur l’estime de soi, sur la mienne. Pas sur celle de mes enfants. Et j’ai réalisé que faire un CV, pour un ado, c’est travailler sur l’estime de soi, pour la première fois. Apprendre à mettre en valeur ce qu’on est, et le poser sur un papier pour d’abord en prendre conscience, et ensuite pour le partager.

Et c’est juste magique!

Bonne chance avec les CV de vos ado-rables

Mais qui sont les gros nazes dans cette histoire?

Il y a quelques jours, j’ai reçu, parmi les 100 mails que je reçois tous les jours parce que j’ai le privilège d’être référencée dans des annuaires de parent de famille nombreuses, ou de blogueurs, ou des deux, un dossier de presse pour un livre. Je lis toujours ce type de mails, par curiosité.

Aujourd’hui, j’ai reçu la revue de presse de ceci:

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J’ai lu le titre, le dossier de presse, et le « florilège » avec les meilleurs extraits. Je ne mettrai ici que la photo de couverture. Le reste est totalement pathétique.

Pourtant je pense avoir une bonne dose d’humour, et parfois je comprends le second degré, voire le 3ème degré. Et j’ai 3, et presque 4 ados à la maison.

Etre adolescent, on y est tous passés, et nos enfants y passeront tous. C’est une période évidemment pas simple où le corps change, où sorti de l’enfance il faut commencer à imaginer sa vie de demain avec pas mal de pression, c’est le moment que les orthodontistes choisissent pour leur refaire le sourire. C’est aussi cette période où il faut se forger sa propre personnalité en prenant du recul par rapport à l’éducation qu’on reçoit. En passant par la confrontation, l’échange, le questionnement. C’est la période des premiers amours, à la vie à la mort. Et c’est surtout la période où les parents projettent leur propre adolescence sur leurs enfants. Ils se rappellent les ados qu’ils ont été. Soit ils souhaitent à tout prix que leurs enfants passent à travers sans heurts, soit ils souhaitent que leurs enfants les épargnent d’une adolescence similaire à la leur.

Dans les 2 cas, ils sont au taquet pour suivre l’adolescence des enfants, parfois un peu désarmés ou fragilisés.

Oui ça fait beaucoup de changements pour l’enfant, et peu de temps. Un peu de fragilité aussi. Et un vrai besoin de repères forts et ancrés pour leur apprendre à se positionner. Pour qu’il y ait des limites à dépasser, ou des interdits à remettre en cause. Ou au contraire pour s’y réfugier.

Alors quand deux auteurs personnes, parents en plus, osent traiter du sujet de l’adolescence en titrant « mon ado est un gros naze mais je l’aime », c’est d’un irrespect et d’un humour ton totalement au ras des pâquerettes.

Une manière de prendre le sujet à la rigolade pour que ça passe plus facilement? Un moyen de se déculpabiliser de ne pas être le parent idéal dont l’ado file doux? Une aigreur mal gérée à voir ses enfants prendre de la distance et s’approcher doucement de l’âge adulte? Une honte non avouée de ne pas comprendre tous ces bouleversements qui changent le tempérament de nos ados? Autre chose?

En réalité, je n’ai même pas envie de le comprendre. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils sont des loques avec boutons et appareils dentaires. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils sont en rébellion. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent faire de leur vie. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils sont des gros nazes.

Je n’aime pas ces jugements de valeurs et ces étiquettes qui viennent d’adultes qui posent un regard critique sur nos enfants. Ou sur les leurs. Ces jugements qui ne donnent pas envie de grandir ou de changer, et surtout pas de devenir adulte, pour un jour peut-être leur ressembler?

Les ados d’aujourd’hui ne sont ni pires ni meilleurs que ceux que nous étions. Si ce n’est qu’ils ont besoin d’une bonne dose de confiance pour avoir envie de grandir dans une société qui leur propose un avenir professionnel difficile, ou chaque jour une nouvelle loi vient sanctionner, pénaliser, interdire, limiter. 

Et de respect. 

Et d’enthousiasme.

Et d’optimisme.

Alors j’ai juste envie de me mettre au niveau de ces auteurs et de leur dire, comme dans la cour de récréation: C’est celui qui dit qui y est!

18 points pour réussir une soirée de 18 ans

1 – Oublier…

Tout ce qu’on vous a raconté sur les soirées des enfants des amis d’amis de vos amis que vous n’avez jamais rencontrés. Ces soirées ont dégénéré, les maisons ont été vandalisées par des mutants bourrés sortis de nulle part qui ont tout cassé, alors que les parents étaient partis en Province comme par hasard juste ce week-end là en laissant un gros billet sur la table. En plus il y avait de la drogue et des préservatifs partout, et certains jeunes ont même dormi dans le lit des parents, profitant de ce qu’il était encore libre, tous les autres lits de la maison ayant été investis. Généralement ces histoires sont assorties d’un discours sur les parents démissionnaires devant leurs ados un peu révoltés.

2 – Se souvenir…

Des soirées de notre jeunesse, des échanges de cour de récré au lycée « t’es invitée à la soirée de Juliette? » « Y’aura qui? » « Tu crois qu’on peut s’incruster? » « Hann Il sera là? Faut absolument que mes parents soient ok pour que j’y aille… » Des jours qui précédaient où le stress montait pour que tout soit parfait, de la musique qui claquait dans les oreilles avec la boule à facette et les spots sur lesquels on mettait du calque de couleur, des montagnes de chamallows et les mélanges liquides improbables qu’on buvait en disant que c’était du Ponch, ou des cocktails. Passés 22 heures, on ne regardait plus vraiment ce qu’on buvait parfois. Du Malibu Coco, du vodka-Curaçao bleu? bref, on a aussi eu 18 ans.

3 – Se lancer

Et dire oui. Oui tu peux faire une soirée à la maison. Et dire non, pas la veille pour le lendemain, mais plutôt 3 ou 4 semaines avant. Une fête réussie ne nécessite pas forcément la location d’une salle, plus traiteur. Pas les moyens d’ailleurs. Et ce n’est pas cela qu’il demande. Il veut juste faire une soirée avec ses potes. Et sa soeur, et quelques potes de sa soeur aussi. Et il invitera aussi son frère à passer.

4 – Accompagner (je n’ai pas dit assister)

Il a 18 ans, c’est sa soirée, ce n’est pas la mienne. Il a plein d’idées, de l’expérience sur le sujet, et beaucoup de bon sens. Il faut qu’il puisse en profiter. Et moi? ça se passe chez moi et même si la meilleure assurance que j’ai c’est la confiance que je lui accorde, rien ne m’empêche de poser quelques questions liées à mon expérience du sujet (même historique), et à mon grand âge.

5 – Définir le périmètre

Le garage et le jardin. Aucun accès direct dans la maison. Cela évite de stresser, de surveiller, de fliquer. Pas besoin de vider la maison, retrouver des clés pour les pièces, risquer des tâches indélébiles sur mon canapé Ikea, trouver des canettes vidées dans le bocal du poisson, ou un mégot dans la cage du lapin. Et plus si affinités. Et peut-être que rien de tout cela ne va arriver. Mais dans le doute, hein?

6 – Inviter

Pas besoin de prévoir des enveloppes et des petits cartons. Facebook est là. Il crée un événement, et il invite. Je ne veux pas connaître la liste. Les copains que je connais seront là, c’est chouette qu’ils viennent tous. Pour le lieu, Maël mettra l’adresse sur le groupe Facebook 2 heures avant la soirée. Histoire que notre adresse ne circule pas via Facebook les 15 jours qui précèdent. Chez moi, ce n’est pas le Stade de France, hein?

6 bis –  Traduire le nombre d’invités

La liste en prévoit 40 quelques jours avant la soirée. Dans la réalité, c’est comme les manifestations. 40 selon les forces de l’ordre (je ne parle pas de moi) 100 selon les organisateurs. Sans grossir les chiffres, et on ne le sait qu’après. Donc si 40 personnes sont réellement invitées, il y en aura plus. C’est certain. Et la maison a, contre toute attente une capacité d’accueil insoupçonnée.

7 – Les horaires

De 20h30 à 1h30. C’est l’horaire annoncé. Mais en toute complicité avec l’organisateur, on sait que ça va déborder d’une heure. Ok j’aurai le droit de proposer qu’on baisse un peu la musique. Parce que ça va être bruyant. 

Consigne: on vient après avoir dîné (l’estomac plein de macaronis), ça permet de tenir l’alcool un peu mieux, et ça évite à la mère de l’organisateur de fournir un buffet colossal pour 40 100 adolescents en plein croissance.

8 – La musique et les éclairages

C’est lui qui gère le matériel prêté et installé par des copains, le bruit, la playlist, les branchements, les éclairages, tout. Impressionnant l’enceinte grosse comme mon sèche-linge.

9 – Le budget

En gros, chacun apporte ce qu’il consomme et partage (ou pas?). Donc les invités apportent de l’alcool, avec de l’alcool, et parfois un peu d’alcool aussi. Donc je n’ai fourni aucun alcool. Ce qui me convenait bien, parce qu’au-delà d’une bière, j’ai du mal à fournir de l’alcool à mes enfants. Et puis l’alcool coûte cher.

J’ai donc fourni: des jus de fruits et sodas, des verres, du Sopalin et des sacs poubelle, des Bonbons et des gâteaux. Non pas de chips, ça se renverse, ça s’écrase, on marche dedans et ça ne nourrit pas. Budget total: 50 euros. Pour 40 100 invités, c’est imbattable.

10 – La déco

Des sacs poubelle posés partout, des cendriers à gogo, une ou 2 tables à disposition, un seau et une serpillère au cas où. Le reste est accessoire. Restons centrés sur l’essentiel.

11 – Les voisins

Certains voisins sont des amis. Ils comprennent, sont heureux pour Maël.

D’autres sont systématiquement garés devant chez vous, ne disent jamais bonjour, ont 3 voitures pour 2, ont des enfants braillards. Un seul conseil: Oubliez tout. Parce que ce qu’ils vont se prendre dans les oreilles pendant la soirée vaudra pour tous les coups bas des 5 dernières années. Vous serez vengés de tout. Un petit mot dans les boîtes aux lettres pour prévenir, avec humour et décontraction.

12 – Planifier ma soirée

Non, je ne passerai pas la soirée à la maison. Ce serait bien qu’il y ait un adulte sur place. Ahhh mazette il a 18 ans! il est la personne majeure. Je prévois une soirée à proximité (20 minutes à pieds), chaleureuse et arrosée. Le cinéma, par exemple, ce n’est pas une bonne idée. ça finit trop tôt, et il y a un risque de ne pas pouvoir se concentrer sur le film en imaginant les scénarii racontés aux point 1.

Une nuit à l’hôtel? Hors de question. Il ne s’agit pas de lâcher l’affaire complètement. Je rentrerai vers 1h00 pour prendre la température de Maël de la soirée avant d’aller me coucher. Soit je dormirai, soit je n’y arriverai pas. Selon la température.

13 – Derniers préparatifs

Faire de l’espace dans le garage. C’est une occasion rêvée de remplir quelques sacs poubelle, de prendre conscience de la taille de cette pièce, de vider totalement le lieu. D’entendre que ça résonne quant on fait ohhhhh. Non, ça ne le fait plus avec 100 40 personnes dedans. Faire les courses du point 9 à 18h00. Je me suis dit que ça ferait un peu court, mais c’était sa soirée. Il a géré.

14 – Partir

C’est le grand moment. Maël gère super bien son stress. Il y a 2 copains qui feront les contrôles à l’entrée, et une photo souvenir. Les spots sont allumés, la sono est branchée. Les vélos et scooters se garent dehors. Une 60taine de vélos et scooters. Tous les poteaux et lampadaires du quartier sont investis, les clôtures, les grillages, les portails. Il est temps que je parte. Ils sont prêts et moi aussi.

15 – Revenir

J’ai prévenu de mon retour 1/4 d’heure avant. J’ai croisé des gens qui me disaient bonjour dans la rue. Ils avaient l’air gais. J’ai pris la température en arrivant à la maison. Il n’y avait plus de musique. les baffles avaient trop chauffé. Je suis montée me coucher. Le périmètre avait été parfaitement respecté. La musique a repris, mon lit tremblait au rythme des basses. Je me suis dit que ça durerait au maximum encore 1 heure. J’ai mis des bouchons dans mes oreilles. L’instant d’après, j’ai ouvert l’oeil, il était 6h28. Je l’ai refermé jusqu’à 9h23.

16 – Ranger

Toujours voir les bouteilles à moitié pleine, et jamais les bouteilles vides….

Toujours voir les bouteilles à moitié pleines, et jamais les bouteilles vides….

Ils se sont mobilisés à 9h30 pour ranger (Non un ado ne dort pas toujours jusqu’à 13 heures). A 3. Le jardin, le garage, les abords de la maison. 1 heure de travail. En partageant leurs souvenirs de la soirée. J’ai pris conscience de ce qui avait été consommé. Et de ce qui restait.

Pendant ce temps, j’ai préparé des pancakes pour leur recoller l’estomac. Et j’ai dit que je passerais la serpillère dans le garage, c’était ma contribution. ils ont TOUT rangé. Tout. Le garage n’avait pas été aussi propre et rangé depuis longtemps. Je devrais les remercier pour ça, d’ailleurs.

17 – Féliciter

Oui c’était une belle fête, bien organisée, bien canalisée, bien déléguée, bien encadrée, et qui n’a pas dégénéré. ça valait le coup de faire confiance à Maël. La meilleure assurance de réussite, c’est la confiance. Il a vraiment bien assuré, avec Coline.

18 – Les voisins (bis)

Recroiser les voisins, après. Pour les remercier de leur patience et de leur compréhension, parce que la fête était belle, et qu’on n’a pas 18 ans tous les jours. Vous vous souvenez, vous quand vous avez eu 18 ans, hein? Déposer un petit mot dans leurs boîtes aux lettres pour en remettre un couche et les remercier encore.

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Cadeau du voisin, ami et plein d’humour, ce matin.

Parce que Maël, c’est le Premier.

Ce n’est que le Premier a avoir fêté ses 18 ans.

Dans la famille ado, je demande: le jardinier

avant

AVANT

Je me  souviens comme hier du tournage de l’épisode jardinage pour l’émission des maternelles. Grand moment de tendresse et d’humour, de baston et de terreau.

On m’avait dit à l’époque que j’avais une patience exemplaire, que mon jardin risquait de ne ressembler à rien (en effet pour les radis ce n’était pas une bonne année). Alors je répondais que ce qui  comptait pour moi c’était que ce soit aussi le jardin des enfants. Pas juste un rayon de pépiniériste inaccessible. Et puis « c’est celui qui fait qui a raison » reste une de mes maximes préférées.

3 ans après (oui mazette ça nous rajeunit pas ma bonne dame mais ça maintient en forme) le challenge est différent: associer les ados au jardinage.

Leur filer 5 euros pour tondre la pelouse, je sais faire. Sauf que si ça ne les éclate pas, même pour 5 euros ils n’enlèveront pas leurs oreillettes.

Leur proposer de ratisser pendant que je tonds ou je coupe, c’est pire que tout. C’est comme manger un carambar et leur demander de mettre le papier à la poubelle sans lire la blague (NLDR: je suis très contente de ma métaphore).

Par contre leur mettre dans les mains le taille-haie et leur proposer de se prendre pour Mel Gibson dans massacre à la tronçonneuse, ou Will Smith ou je ne sais quel autre exterminator auquel les ados aiment bien s’identifier, c’est bien plus kiffant. Chacun ses héros, après tout.

Moi je tiens le rateau. Pour surveiller les opérations, et encourager. Parce que la lassitude menace assez rapidement. Mais c’est aussi une belle histoire de confiance.

APRES

APRES

Bilan:

– J’ai passé 1 heure avec mon ado.

– Les haies sont taillées. La prochaine fois on mettra un cordeau pour assurer le parallélisme et la symétrie. Mais on n’est pas à Versailles non plus. Et les haies, c’est comme les cheveux, ça repousse (Pardon mon chéri, il est arrivé que je fasse à tes cheveux ce que tu as fait à la haie).

– Il a eu le beau rôle (le taille-haie) et moi la tâche ingrate (le rateau). Qu’il pense.

– Il sait que sans lui les haies n’auraient pas été taillées. Et elles en avaient bien besoin.

– A toute personne qui dira que les haies sont belles, je dirai que c’est grâce à lui.

– Il reste d’autres haies à tailler, et j’ai d’autres ados qui seraient preque jaloux.

Il a aussi trouvé la technique pour faire des bouquets. Il cueille, sa soeur ramasse.

Je peux faire une fête?

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De mon temps on disait une boum, ça voulait dire qu’on faisait ça de jour, en fermant les volets et les rideaux. Cela ressemblait à un goûter d’anniversaire, avec des bonbons et de la musique pour danser.  Un lampadaire avec du papier crépon devant pour faire spot. Les filles alignées d’un côté, les garçons de l’autre. Et toujours un ou 2 hyper décomplexés qui mettaient de l’ambiance.

Quand on était un peu plus vieux, on disait une soirée, ça voulait dire que ça se passait de nuit, le soir. Il fallait prévoir un buffet, et une vraie sono qui dépotait bien, quelques spots et une boule à facette qu’on se prêtait de soirée en soirée. Et beaucoup de monde.

Pour son anniv, Basile a voulu faire une fête. 14 ans. 

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Les invitations: Mam’s on sera entre 10 et 15. Des filles et des garçons. Pas besoin de faire des invitations, tout passe par les réseaux sociaux. Jusqu’à la dernière minute, ils seront entre 10 et 15. Finalement ils seront 16. Tous des amis dont je connaissais les prénoms, et certains en vrai. Beaucoup de filles, et quelques garçons. Oui, je dois me faire à cette idée.

Le timing: On s’est mis d’accord sur 19h30-23h30. A 23h45 ils étaient tous partis.

La musique: une enceinte bluetooth un peu puissante. Sur laquelle chaque invité, à tour de rôle, pourra brancher ton smartphone, son Ipod et produire la musique. Avec 4 spots.

L’environnement: des canapés sur lesquels se vautrer. L’adolescent est adepte du tas. On s’empile, on se colle, on se parle, on se marre.

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La nourriture: chez les copains, c’était souvent des soirées pizza. Alors nous on a fait des sandwiches. Plein de sandwiches faits à l’avance, ça évite de devoir gérer le réchauffage des pizzas, les risques de brûlures, la tomate écrasée. Des plateaux de sandwiches: beurre-jambon-emmenthal, kiri-thon, et beurre-rosette-cornichon. Et des Curly, et des Monster Munch. Et des bonbons sans papiers. Et un gâteau avec des bougies décoré par Basile. Et des boissons sans alcool. Surtout du Schweppes Agrum et du Coca. Et des serviettes en papier.

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L’idéal, c’est de donner l’illusion que j’ai laissé la maison à Basile, tout en restant là, avec ses frères et soeurs. En vrai, on s’est fait des sandwiches, les mêmes. On s’est fait des bols de bonbons, les mêmes. On s’est mis de côté des Curly et des boissons, les mêmes. Et on s’est enfermés dans la chambre de Noé, avec un ordi, un vidéoprojecteur, une enceinte, et un disque dur externe. On a regardé Planes et Raiponce. Et c’était vraiment bien.

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Pour ranger, on a sorti un grand sac poubelle, et en 15 minutes c’était fait. Rapide et efficace.

Basile a reçu plein de cadeaux de ses copains, ils se sont bien marrés, ils ont dansé. Quand ils sont partis, j’ai montré le bout de mon nez, ils m’ont tous dit au revoir très poliment, en me disant que c’était la plus chouette soirée à laquelle ils étaient allés depuis longtemps.

On refait ça quand vous voulez, les enfants, vraiment. J’aime les ados. Vraiment.