Le 18-20 chaud-bouillant

C’était mardi soir, mais ça aurait pu être n’importe quel soir, en fait.

  • 17h45 : J’enregistrais mes derniers fichiers Excel en espérant éviter le plantage et la petite roulette qui tourne sans fin, assurance d’une perte de données dont je suis assez spécialiste.
  • 17h50 : En répondant au téléphone à Noé, j’ai vite compris que je ne pourrais pas me défiler de la réunion au Lycée « hyper importante, vraiment » à 19h15 le soir même.
  • 17h55: En répondant au téléphone à Basile, j’ai vite compris qu’après 3 heures de cours de physique le matin, et après 3 heures de cours de maths il prenait avec un humour réservé le fait de se retrouver à 7 km de la maison avec son vélo crevé, qui remettait en cause son entraînement de piscine une heure plus tard. Sous la pluie.
  • 18h00: Je suis maintenant une adepte du covoiturage pour mes trajets boulot, et ma covoitureuse de l’extrême qui devait être chez elle absolument à 19h00 a fait le détour nécessaire pour qu’on charge Basile et son vélo. Merci Séverine!
  • 18h55: Passage en express à la maison, le temps d’indiquer aux enfants qu’ils fallait qu’ils gèrent un dîner 3 étoiles et dînent sans moi. Basile a pris un autre vélo pour partir nager, au moins un heureux!
  • 19h14: J’ai fait mon entrée dans la salle de réunion, tip top à l’heure. La réunion « hyper importante » concernait un stage nautique pour les élèves de seconde, animé par les profs de sport au mois de juin prochain après la fin des cours. La notion de « hyper importante » peut avoir des degrés divers selon la personne qu’elle concerne. Je devrais le savoir.
  • 20h10: J’arrive à la maison et ma parka encore sur le dos, j’accepte de tester le masque anti points noirs homemade par Coline. Je découvre alors que tous les enfants présents en sont tartinés. Me voilà tartinée pour attaquer une assiette de pâtes (reste du dîner 3 étoiles). Les enfants ont dîné, la cuisine est rangée. Il ne faut juste pas que le livreur Amazon sonne à la porte maintenant (rapport au masque)

Et c’est là que je réalise que le 18h-20h a été, et reste le créneau chaud-bouillant de la journée. Celui où tout s’enchaîne et peut éventuellement déraper. Celui qui justifie que je m’impose de rentrer du bureau pour être à la maison vers 18h30. Pour être là. Au cas où.

D’ailleurs, ce soir, c’est Maël qui a crevé. A la même heure. Sous la pluie aussi. Et ce matin, Noé avait cassé son frein et bloqué sa roue.

Alors on a fait atelier vélo ce soir. Pour tout réparer. Enfin eux. Moi, pour une fois, je ne pliais pas mon linge toute seule dans le garage.

Quand je dis que tout va bien!

PS: A venir très vite, la recette du masque anti points noirs, un vrai succès!

EDIT DE 17H30

Par où je re-commence?

C’est la question que je me pose depuis quelques jours, quelques semaines.

Depuis que je me dis que tous ces souvenirs que constituent notre vie de famille ne trouvent plus leur place sur le blog de manière aussi régulière qu’avant. Et pourtant il y a de la matière!

Pourquoi? Sans vouloir refaire la genèse de ces 4 dernières années, elles ont été mouvementées. Pas simple de donner une orientation nouvelle en passant de 8 à 7 selon un rythme qu’on qualifiera de plutôt bohème à défaut de régulier. Accompagner chacun pour qu’il continue à grandir, à s’épanouir, à être le plus heureux possible, à faire des projets, à gagner en autonomie alors que le schéma dans lequel il a grandi a été totalement remis en cause. Et quand la stabilité est loin d’être de mise au quotidien…

Allez, je n’en dirai pas plus, la périphrase n’est pas mon style préféré.

Par où je re-commence?

Par poser ici, noir sur blanc, que cette fratrie dont j’ai la chance d’être la mère est absolument incroyable. Un jour, quand je serai grande, j’aimerais prendre du temps pour mieux comprendre comment fonctionnent les interactions entre des frères et soeurs, en fonction de la place de chacun, de leur âge, de leurs caractères, et de l’environnement dans lequel ils vivent. C’est d’une puissance étonnante.

Chacun sait ici, qu’il me connaisse ou qu’il me lise, comme j’aime observer les adolescents et jeunes adultes (mazette, dans quelques mois 50% des enfants seront majeurs). Je les défends becs et ongles contre tous ces poncifs qui circulent sur l’adolescence. Ce n’est pas ce qu’ils sont, ni eux, ni leurs copains.

Et puis je dirai aussi que dans le chapitre « moi, ma vie, mon oeuvre » il se passe de belles choses, qui donnent de vraies bonnes raisons de se lever de matin pour voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide. 

Alors c’est par là que je re-commence, par ce billet qui dit que tout va bien! Que j’ai envie de continuer à poser ici les souvenirs de ces moments passés avec les enfants. Dans la foulée de ce billet, je vais reprendre le récit de ma soirée d’hier dans un autre billet. Pour les fidèles qui résistent à Facebook aussi.

Par où je re-commence?

Par me faire du bien en venant ici plus souvent! Et si ça vous fait plaisir aussi alors ça sera encore plus sympa 🙂

Je me suis reposée avec 4 ado-rables en vacances

En mai dernier, j’ai proposé à Basile de partir en vacances avec des copains cet été. Tous ses frères et soeurs sont en camp scout, pour lui c’est une année « entre 2 ». Quand on a une famille nombreuse, ce n’est pas toujours facile d’emmener les copains des enfants en vacances. Donc on en profite cette année.

A 17 ans, je trouve qu’on est trop jeune pour partir seul avec les copains. Et en même temps, c’est ça qu’on a envie de faire!

Donc je me suis dit que j’allais vous faire partager quelques clés de réussite pour des vacances réussies avec des ados.

Le contrat de départ:

Faire comme s’ils étaient en vacances sans moi, mais je suis là quand même. Ce n’est pas moi qui emmène les ados en vacances. Ils partent en vacances entre eux, et je suis la caution pour que ça se passe au mieux. Je pense que ça rassure aussi les parents des copains, qui ne les auraient pas laissés partir seuls non plus.

Basile a choisi de partir avec ses 3 meilleurs potes. Ils se connaissent depuis la maternelle ou la primaire, mais n’ont jamais eu l’opportunité de partir en vacances ensemble. Ils sont 4, c’est un bon nombre, 4. Tout le monde tient dans la voiture!

Le lieu:

On a choisi de venir dans notre maison de famille en Bretagne, parce que Basile aime ce lieu (et moi aussi). C’est une vraie chance, ça évite de prendre une location. Mais c’est bien qu’il y ait un adulte pour mettre en route la maison.

L’intendance:

Faire comme si je n’étais pas là, ça veut dire qu’ils organisent leurs repas et font la cuisine.  Ils ont fait des menus le premier jour, la liste de courses qui va avec et ils ont choisi de faire un gros plein qui tiendra la semaine, on ne va pas perdre du temps à aller faire des courses tous les jours. J’ai cuisiné une courgette farcie un soir, c’est la caution légumes. Mais c’était varié, et … nourrissant.

« Mam’s, tu préviens si tu ne dines pas là, ok? » J’ai l’impression de m’entendre.

Budget:

Basile a fait un budget avant de partir: transport, participation aux charges de la maison, et alimentation. 100 euros par personne transport compris pour une semaine. Du coup, ils font les comptes à J3 pour voir s’ils sont dans le budget. En alimentation: 5€ par jour et par personne.

Activités:

Ici, on fait du surf et du Morey Boogie dans les vagues, de la marche à pieds (c’est pas très ado comme activité). Une journée Kayak bien physique. Une sortie crêperie, c’est l’extra de la semaine. 

L’alcool:

J’ai accepté de cautionner l’achat d’un pack de bières, ça évite qu’ils dépensent des fortunes dans les bars. Et puis boire une ou 2 bières le soir sur la plage, c’est quand même du bonheur.

Les sorties du soir:

Oui j’autorise les sorties, je ne sais pas très bien à quelle heure ils rentrent… Je dors. Ils refont le monde ensemble, ils ne sont pas du genre à inventer des trucs dangereux, et dans notre coin de presqu’île, les risques de mauvaises rencontres sont… faibles. Ils sont en groupe, plutôt grands et baraqués.

Et en plus:

  • Les amis de Basile sont à son image, faciles à vivre, pleins d’humour, avec un appétit féroce.
  • Les journées des ado-rables ne commencent pas avant 11h00, j’ai donc du temps pour moi, des petits-dej au calme.
  • Ils ont de bons réflexes: passer un coup d’éponge sur la table, débarrasser leur petit-dej, ramasser des fringues qui traînent. Ils ont su profiter de l’éducation qu’ils ont reçue, je le leur ai dit.
  • Ils sont heureux et reconnaissants et ils le disent, ça fait plaisir à chaque fois.
  • Rentrer de la plage, aller se doucher, aller boire un apéro puis se mettre les pieds sous la table, c’est inestimable parce que rarissime.
  • Ils sont autonomes, et plutôt responsables.
  • Je reste fan des ados. C’est une période incroyable à observer, à partager, à accompagner.