Reconnaitre les signes de reconnaissance

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Je n’élève pas mes enfants pour qu’ils m’en soient reconnaissants. Je n’attends pas d’eux des remerciements et une gratitude éternelle. je fais ce que je peux pour qu’un jour ils soient des adultes autonomes, responsables, heureux, et ce sera déjà pas mal.

Pour autant, un peu de reconnaissance ne fait pas de mal, et elle est d’autant plus agréable lorsqu’elle est spontanée, et naturelle. Les enfants ne sont pas naturellement ingrats.

La reconnaissance ce n’est pas de la politesse. C’est différent. Elle s’exprime de temps en temps, souvent lorsque je m’y attends le moins.

J’aime y être attentive. Parce qu’elle fait du bien, c’est vrai, mais parce que je trouve qu’elle est aussi un signe de l’attention que portent les enfants envers les autres, et envers moi en l’occurrence. Elle n’est pas toujours facile à reconnaître, à entendre.

La reconnaissance, ce sont ces petites phrases distribuées gratuitement, souvent presque  chuchotées, comme si elles étaient parfois difficiles à exprimer. C’est aussi pour cela qu’elles sont parfois difficiles à entendre. Ce sont ces phrases qu’on aimerait reprendre par un « tu as dit quoi? », « pourquoi tu me dis ça maintenant? » alors qu’en réalité il suffit d’un sourire pour accuser réception, ou une caresse dans le cou, un bisou rapido. Parce qu’en essayant d’en savoir plus, on en coupe tout l’effet.

Ces phrases qui ne sont pas faciles à sortir, et qui, quand on les reprend, demandent à l’enfant d’en dire davantage. Et donc d’y ôter toute leur spontanéité.

Alors il faut apprendre à décoder ces signes, ces gestes, ce langage qui expriment une émotion qui n’est pas facile à formuler. Reconnaître la valeur de l’autre, reconnaître que ce qu’il m’apporte me rend heureuse, m’aide à grandir, contribue à faire de moi ce que je suis. Gratuitement, et sans rien en attendre en retour.

Je vis cela comme un vrai partage d’émotions.

Je pourrais donner plein d’exemples, parce que je les vis chaque jour ou presque, mais je les lis comme cela par la relation que je construis avec chacun des enfants, par la connaissance que j’ai de chacun d’entre eux avec sa sensibilité et ses différences. Certains jours j’essaie d’y être très attentive lorsque la reconnaissance est un booster dont j’ai besoin pour faire face, elle m’énergise. D’autres jours elle me cueille de manière inattendue et j’en profite, pleinement.

 

14 Comments

  1. Tout à fait d’accord avec toi ! Je rajouterais aussi de leur dire combien cette reconnaissance peut faire du bien ! Les miens commencent à l’expérimenter (lettres de remerciements pour les cadeaux, petit coup de téléphone pour remercier, etc…) et ils sont à chaque fois surpris de l’effet que cela fait. Du coup, dès que l’occasion se présente, je leur montre combien cela fait plaisir.

  2. Je suis tellement d’accord avec toi. Les petites paroles comme ça en passant, les petits gestes … Ça fait du bien. J’aime les guetter, et bien souvent, je me rends compte que chaque enfant , au moins une fois dans la journée, à sa manière exprime sa gratitude .
    Ça va du petit câlin en passant à  » maman, machin, il a dit qu’il te kiffe trop comme mère! ça se voit qu’il vit pas avec toi;-)  »
    0n a un cahier des réjouissances … Bon c’est souvent moi qui le remplis , mais je les vois le lire. Et souvent la prière familiale est le lieu où l’on s’aperçoit à quel point ils sont attentifs aux jolies choses de leurs vies.

  3. Billet bien agréable à lire et à relire en début de WE.
    Laissons dormir nos ados … et apprécions ces petites phrases que l’on garde au fond de sa mémoire et qui donnent de l’Energie !

  4. très beau et doux billet ! …effectivement de pas attendre des remerciements en permanence…profiter de ces petits signes, même un petit sourire esquissé peut vouloir en dire bcp 🙂 Merci !

  5. Je te lis peu, n’ai jamais commenté. Je voulais juste te dire merci. J’ai 2 petites filles de 4 et 2 ans, adorables au demeurant. Et moi, des tas de casseroles à mon actif, comme bien des gens, en somme. Qui me compliquent sacrément les choses dans ma relation, mon amour à mes filles, à moi-même. Je voulais juste te dire que ta vision de maman, la manière dont tu sembles t’occuper de tes adolescents, petits et grands, est un baume. Un air frais. Une oasis. Je n’y suis pas encore, mais je te lis et je me dis : voilà, c’est exactement ce vers quoi je veux tendre. Dans ma façon de les respecter, de les accompagner, de les laisser vivre et se forger. Je n’y suis pas encore, mais toutes ces petites choses que tu partages (comment tu les laisses dormir le matin, comme tu respectes leurs faiblesses, comme tu es attentive à eux, etc.), tout ça, c’est beau. Ça me fait rêver et ça m’aide à voir un peu plus clair en moi. Au présent, je suis dans le brouillard le plus complet qui soit ; mais ce que tu partages ici m’aide à baliser un peu ce que je veux à l’horizon, pour plus tard. Vraiment, ces petits bouts de vie avec tes enfants, la façon dont tu les aides à se construire en tant qu’adultes, et leur cheminement, c’est un réel apaisement sur mes angoisses du moment. Merci, merci et encore merci <3 S'il te plaît, continues encore 🙂

    1. Bonjour Marjolaine
      Et merci pour ce commentaire qui me donne la chair de poule d’émotion.
      J’ai aussi quelques casseroles que je ne partage pas sur le blog. Une séparation est une forme de tsunami dont chaque jour je mesure les conséquences et essaie d’en faire du positif.
      Je ne sais pas si je fais bien, je me pose souvent la question et je crois que c’est ma vitamine. Se remettre en question, écouter et regarder autour, tenter des choses et recommencer. J’aime faire cela.
      Et puis surtout croire et partager sur le fait que c’est possible aujourd’hui d’élever 6 enfants avec le plus de plaisir possible. Et ils me le rendent bien. C’est une forme de cercle vertueux.
      Oui je continuerai à poser ici ces moments de vie en pensant à ton message.
      Reviens quand tu veux. C’est par l’échange que chacun nourrit ses réflexions.
      Je t’embrasse

      1. Merci de ta réponse <3 Les premières années avec les petits ne sont pas de tout repos, surtout quand, justement, on se laisse peu de repos à soi-même à la base ; je suis aussi pas mal épuisée car je pense faire beaucoup, beaucoup pour me remettre constamment en question pour elles, m'interrogeant toujours sur la meilleure manière de les respecter et de leur donner les bonnes armes dans la vie : confiance en elles, estime d'elles-mêmes, confiance en la vie, joie de vivre. Je suis épuisée, et je m'y perds un peu, mais le principal du job est plutôt pas trop mal fait je crois, je les sens épanouies et je le vois au quotidien. Me reste "plus qu'à" faire la deuxième partie du job : troquer le burn-out contre le plaisir, la fatigue contre l'amour, la culpabilité contre l'estime de moi.
        Mais bref ! 🙂 Je n'ai pas lu tout ton blog, je ne sais pas quand tu l'as commencé, mais si tu as des articles parlant des premières années, de comment tu t'es sentie, comment tu as géré cette période délicate des tout-petits, je suis preneuse 🙂
        Belle journée à toi !

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