Noël tibétain

Cette année, j’avais la chance d’avoir les enfants à Noël. La chance, la joie, le privilège, je ne sais pas quel terme est le meilleur ou le plus adapté. La joie, certainement!

Au début, quand on a commencé à en parler, on s’est dit qu’on ferait comme d’habitude. Entre nous le 24, en famille élargie le 25. Et puis Coline a dit qu’elle aimerait bien qu’on ne fasse pas un Noël comme d’habitude. On invite des amis? On pourrait faire un Noël différent? Sortir de notre zone de confort? Faire une maraude? Aller servir un repas avec une association qui s’occupe de SDF? Banco pour un Noël solidaire, avec 2 idées: Etre ensemble et rendre service.

Alors j’ai écrit des mails à toutes les associations possibles et imaginables, j’ai mis des messages sur des groupes Facebook. J’ai échangé avec une femme incroyable qui prépare des maraudes régulièrement dans Paris, collecte des vêtements, cuisine des plats chauds et va les distribuer.

Pas ou peu de réponses. On était début décembre, peut-être que je m’y suis pris un peu tard. Je me suis dit que j’allais contacter la mairie ou la paroisse pour inviter des personnes isolées.

Alors, Mam’s, tu as trouvé quelque chose pour le 24? Forte pression des kids, sacrément motivés dans leur projet…

J’ai appelé ma copine Isabelle et sur ses conseils, j’ai envoyé un mail à une association qui prend en charge des réfugiés tibétains. Environ 300, logés dans des gymnases en hiver, et dans des familles. Et sur des péniches aussi. Ils préparent 120 repas midi et soir pour eux, organisent des cours de français, les aident à obtenir un statut de réfugié, trouver des formations puis se loger et s’insérer.

Le 24 au soir, ils organisent un repas de Noël pour tous ceux qui ne sont pas accueillis dans des familles et nous ont proposé de nous joindre à eux. Nous les avons rejoints sur les péniches vers 17h00.

Préparer un repas ensemble, un repas de fête. Incroyable d’évidence, de partage et de simplicité. Nous étions une vingtaine, à débiter des poulets, éplucher des légumes, faire cuire du riz, tartiner des toasts. Hommes et femmes, plutôt jeunes. Souriants et efficaces. La barrière de la langue? un peu de français, un peu d’anglais, et des regards échangés, c’est très simple.

Les kids sont plein d’énergie, et leur vie de famille nombreuse et scoute aide sûrement à les rendre aussi efficaces et à l’aise. C’est joyeux et on est bien. On boit du thé tibétain, à base de thé, beurre, lait et sel. Chacun y goûte et apprécie, plus ou moins.

Nous préparons ensemble la Tupa, soupe tibétaine. Version boeuf, version végétarienne, version épicée (very hot).

La salle du repas est prête, décorée pour la fête. Une petite centaine de personnes sont là. On ne connaît pas leur histoire, on ne sait pas ce qu’ils deviendront. Certains racontent, avec pudeur, ou posent quelques questions. Nous leur servons ce repas à table, très simplement et plutôt efficacement (bravo les Kids!)

Pour nous remercier d’être là avec eux, ils chantent pour nous un chant tibétain. C’est magnifique et chairdepoulant. Puis un chant vietnamien, puis swahili. Un homme chante Bobby Lapointe, et nous chantons tous les 7 Evenou Shalom Alerem pour eux et avec eux. Remise de cadeaux aux 4 frères qui sont là pour eux sur les péniches, tous les jours.

Il est temps de se quitter, les poignées de main et les regards plein de chaleur. Nous rentrons à la maison, tous les 7, boire un vin chaud entre nous.

C’était un chouette Noël. Etre ensemble et rendre service, quelle belle devise pour ce 24 décembre!

4 Comments

  1. Dès que tu as évoqué les réfugiés Tibétains, j’ai immédiatement pensé à ceux de CSH. La photo suivante avec le nom de la péniche a confirmé 🙂
    J’ai très souvent eu l’occasion de les croiser, de déposer des dons également à la péniche. Et nous y avons même fait baptiser Charlie et Valentin. Un très beau moment dans le lieu très spécial.
    Bravo à vous 7 pour ce très beau cadeau que vous leur avez fait et que vous vous êtes fait.

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