No stress…

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Basile avait un train à prendre pour partir skier.

Des mois qu’on organisait ces vacances, en se demandant jusqu’au dernier jour s’il allait pouvoir partir. Le vendredi soir il a fait son sac. Ne rien oublier. Ni le stick à lèvres, ni les gants, ni son chargeur.

Ni son passeport et son billet de train. Surtout.

Le train était à 8h et des brouettes. On s’est mis d’accord pour partir à 7h et des brouettes. A Paris, ça roule bien le samedi matin. 

A 7h00, je suis allée le réveiller, pour être sûre. J’étais aussi excitée que lui de ces vacances à venir. J’ai allumé sa lumière, chatouillé le pied qui dépassait de la couette, vérifié qu’il ouvrait bien les 2 yeux. J’ai même chanté du Jean Ferrat. C’est imparable pour se réveiller.

A 7 heures et presque des brouettes, j’étais prête. Je lui ai préparé 3 tartines.

A 7 heures et des brouettes, je suis descendue pour voir si tout allait bien. Il s’était rendormi. Il ne se souvenait pas que je lui avais chanté Jean Ferrat.

Il n’a pas eu le temps de manger ses 3 tartines. J’ai proposé qu’il attache ses lacets dans la voiture. Laquelle voiture avait le pare-brise gelé. J’ai rêvé d’avoir un pare-brise de 107 au lieu de mon pare-brise d’Expert Tepee. J’ai gratté avec ma carte Familles Nombreuses SNCF. Pour conjurer le sort.

Je lui ai demandé de vérifier l’horaire de son train. 8h11. 8h et des toutes petites brouettes. 36 minutes pour rejoindre puis traverser tout Paris. 

On est laaaaaaarrrggggeeee m’a t’il dit. La phrase typique de celui qui n’a jamais vécu un bouchon parisien. J’ai imaginé le mettre dans le RER direct, mais c’était déjà trop court.

Je lui ai dit que quand on roulait à 50 km/h, les feux s’enchaînaient au vert, en roulant à vitesse constante. C’est faux.

Il m’a fait remarquer que la voiture qui respectait les 70 km/h sous le tunnel de la Défense nous ralentissait un peu. J’ai voulu lui parler du 7h et des brouettes qui permettaient d’anticiper ça, mais j’ai gardé le silence, et mon calme apparent.

Il a adoré la traversée de Paris à la fraîche. La Porte Maillot déserte, les pavés de l’avenue de la Grande-Armée (« Coucou ton bureau, Mam’s!), la place de l’Etoile sans ralentir. 

Tous les feux verts sur les champs Elysées. On n’a même pas pu voir la nouvelle vitrine de l’Espace Peugeot Avenue. Tropppp dooommmmage.

7h45 La roue de la place de la Concorde ne tourne pas encore. Tunnel du Châtelet. C’est beau le Palais de Justice, et les tours de Notre-Dame. Sur les quais, c’est 50 km/h. Je respecte.

Devant la gare de Lyon, il y a une place. Une grande place pour ma grande voiture. Un jour de grands départs aux Sports d’hiver. Je dois me rappeler qu’un billet d’Euromillions peut rapporter gros si on a de la chance. Et j’ai de la chance.

Tiens la Fnac est ouverte dans la gare. L’occase de choisir un petit roman? Tu rêves, mon fils.

A 7h57 il est assis à sa place. Dans le sens de la marche. On s’embrasse, on se souhaite de bonnes vacances. On se quitte.

J’inspire fort pour me remplir les poumons après l’apnée dans laquelle j’étais plongée depuis 30 minutes.

Il ressort du wagon, sourit, m’embrasse et me glisse à l’oreille: « Tu vois, j’aurais pu dormir 10 minutes de plus »

36 réflexions au sujet de « No stress… »

  1. J’adore !!!!!!!!!!
    Je peux même imaginer son sourire quand il t’a dit cette phrase !!!!
    Et chapeau à toi pour ce calme dont j’aurai été bien incapable (j’aurai plutôt été cap de dormir à Paris la veille !! Nan j’deconne !)

  2. bon voyage …c’est vrai que tu aurais pu le laisser dormir 10 minutes de plus 😀

    moi j’ai cru qu’il y allait avoir un contrôle de genadarmerie (vitesse…)

  3. trop cool sa dernière phrase ah ah ah ces ados.
    Tu as du avoir des ‘t’inquiète pas Maman’ tout le long de la route non ? leur phrase fétiche.

  4. Ah ces ados! Ils
    N’ont pas leur pareille
    Pour nous faire tourner en bourrique!
    J’admire ton calme, même s’il n’était que de surface… Je crois que j’aurais eu du mal à ne pas râler. Et pour couronner le tout, je me serais trompée de chemin, – je me Trompe toujours de chemin quand je suis stressée- et je l’aurais accusé d’avoir choisi la Mauvaise route , – je suis de mauvaise foi quand je suis stressée-
    Mais sa réplique !!!!

  5. excellent ce récit et ce trajet dans Paris c’est le mien, quand je prends le bus 73, jusqu’à Assemblée Nationale …

    Me rappeler de ne pas m’énerver quand on « juste pas laaaaarge » et faire comme toi !
    Bises

  6. Oh là là !!! Bravo vraiment car la Région Parisienne est tellement imprévisible au niveau tout !!! Je paniquais rien qu’à te lire depuis ma petite ville de Provence rien qu’à imaginer le périphérique ou la grande couronne !! Je ne pourrai plus !!!! Bon séjour à Basile !!!!

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