Mon blurring à moi

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Ouch, quel rythme!

Il y a quelques jours, mon boss m’a confié, en plus des miennes, les fonctions de mon collègue Paul. Paul, on s’entendait bien, il avait un poste hyper intéressant, et il a choisi de partir vers de nouveaux horizons professionnels. Du jour au lendemain.

Jolie marque de confiance de la part de mon boss, jolie opportunité, il avait des sujets qui m’intéressent, qui sont complémentaires avec ce que je fais, et par les temps qui courent, je ne vais pas me plaindre d’avoir de quoi m’occuper au bureau. Bon, la passation des dossiers s’est faite en une journée (pardon, Laure, on trouvera un autre jour pour déjeuner ensemble).

Mais cela repose inévitablement la question de la conciliation entre vie privée et vie professionnelle. J’ai commencé par foncer lire des témoignages sur En aparté, qui est une mine de motivation, d’enthousiasme et de jolies interviews sur le sujet. Mais ça n’a pas suffi. Je me suis alors précipitée sur le blog Maman travaille et sur Terrafemina, et cela m’a posé encore plus de questions.

J’ai aujourd’hui des semaines  rythmées (c’est un euphémisme). Il y a les semaines où les enfants sont là. Ces semaines où chaque minute est calibrée, pour passer tout le temps nécessaire avec eux, et le temps utile au bureau. Il y a aussi les semaines où je compense. Mes horaires peuvent être plus souples (encore que ce n’est pas forcément la bonne solution de rester tard au bureau) mais surtout, j’ai la tête à ça.

Et je trouve que c’est finalement ça le plus dur. Cloisonner, ou décloisonner. Etre au bureau tout en restant alerte sur ma vie de famille. Il y a souvent un RV à prendre, une course à faire, un document à imprimer, une discussion à prévoir, du temps à planifier pour ne rien faire, des vacances à organiser, un devoir à corriger, une chanson à apprendre. Le quotidien, rien de plus. Et je n’ai pas trouvé la solution pour que tout ceci reste à l’entrée de mon bureau.

A l’inverse, je lis et je réponds à mes mails professionnels de la maison, souvent le soir après que les enfants soient couchés (mazette, c’est de plus en plus tard), je relis un cahier des charges le matin avant que mon réveil ne sonne (mazette, c’est de plus en plus tôt). Mon ordinateur portable professionnel me suit dans mes trajets maison-bureau, bureau-maison.

J’ai beaucoup lu sur ce phénomène de lien permanent avec le travail. A cause ou grâce aux smartphones, au VPN, aux ordis portables etc. Difficile de couper la communication, même le soir, même parfois en vacances. Certains s’insurgent et trouvent inconcevable que ces méchants patrons exploitent leurs trop gentils salariés qui deviendraient ainsi corvéables à merci. Je crois faire partie de ceux qui voient cela comme une évolution plutôt inéluctable et plutôt positive.

A partir du moment où on l’en a conscience, et où l’on en fixe ses propres limites. Je n’envoie pas de mails à 23h00 pour montrer que je travaille tard, je les prépare et je les programme. A moins d’une vraie urgence, je ne réponds pas aux mails qui me sont envoyés à des heures où je ne suis pas sensée travailler. Mais je reste connectée.

Je réponds aux sms de mes enfants dans la journée, je les rappelle s’ils me laissent un message, je prends les RV s’il le faut. Il m’arrive de faire quelques photocopies ou impressions personnelles au bureau, d’avaler un sandwich en préparant une commande de courses à livrer.

Alors peut-être que finalement, ma solution est de ne plus vouloir cloisonner. Ni dans un sens, ni dans l’autre. Ma vie familiale et ma vie professionnelle forment un ensemble plutôt cohérent, avec les mêmes niveaux de charge et de responsabilité, même si ces niveaux sont fluctuants d’une semaine sur l’autre.

Je n’ai pas plus de culpabilité ou de mauvaise conscience à me consacrer à l’un plus qu’à l’autre, puisqu’et l’un et l’autre me sont accessibles, quand je veux, où je veux.

Il paraît que ça s’appelle le « blurring ».

 

29 Comments

  1. Mais grave ! Voilà la réponse à tes questions (et aux miennes, en passant). Je n’ai jamais trouvé choquant d’appeler mon mec au milieu de ma journée de travail pour lui dire d’aller acheter du pain en rentrant. Je trouve normal aussi de faire des mises à jour de boulot en dehors des heures ouvrées. Du moment, comme tu dis, que je me fixe les limites de ce que je veux en tant que femme, professionnelle, mère, copine, etc. Et surtout : tant que je n’envoie pas de mail après 23h pour prouver que moi, je travaille tard (parce que c’est vraiment trop ridicule)

  2. Je connaissais pas ce terme le blurring. Je dirais que l’essentiel est que tu t’y retrouves des 2 côtés. En tout cas chapeau bas… rien qu’avec deux et en bossant de la maison j’ai souvent la sensation d’être débordée et de n’avoir le temps de rien…

  3. Totalement d’accord 🙂
    Je travaille avec la Californie et me connecte souvent le soir, sans pour autant envoyer des emails à 2h du matin, il m’arrive d’être en call à 22h.
    Du coup, pour voir mes enfants, je pars souvent assez tôt du bureau pour passer du temps avec eux avant de démarrer ma 2ème journée de taf avec les US.

    1. Moi je dis bravo !!! Avec une bonne organisation et de la mémoire l’on peut tout faire !!! Dans la mesure ou tout le monde s’y retrouve c’est parfait ! Aujourd’hui ces outils existent , autant les utiliser à bon escient en restant dans les limites comme tu le fais !!! Une femme à le droit de s’organiser du fait qu’elle à une double journée ( maison et travail )

  4. Le résumé est tellement vrai, c’est aussi ce que je vis avec de nouvelles tâches à faire entrer dans un 80% qui a deja gardé toutes les tâches du 100%…
    Il m’arrive de travailler le mercredi quand les enfants font la sieste, le soir, en vacances.
    Je trouve juste dommage que quand ce n’est pas une urgence mon chef ne comprenne pas que je ne réponde pas le mercredi…

  5. on sous estime souvent sa propre capacité à pouvoir faire « beaucoup de choses », mais ce que j’ai préféré dans ton « organisation » c’est « le temps à planifier pour ne rien faire » ! excellent !

  6. Tu as l’air de « BLURRER » particulièrement bien. Le but c’est de trouver un rythme qui convient et effectivement si on veut tout faire, je crois qu’on est bien obligé de faire chevaucher certaines actions. Tu es une super warrior.

  7. tu m’apprends aussi un terme, et je partage à 100% ce que tu écris, c’est de mon point de vue bien plus un avantage qu’une contrainte, de pouvoir gérer les 2 de façon emboitées/parallèles ou successives, selon les moments et les besoins. A condition que cela fonctionne dans les 2 sens.
    En tout cas, ici, c’est la condition sine qua non pour concilier les 2 (une garde « classique » et un 90% dont 1/2jr – le mercredi – en télétravail), et j’ai la chance de trouver cela épanouissant .

  8. Même si cela a ses limites, c’est une vraie chance pour les mamans qui ne veulent rien sacrifier. Exactement de la même manière je reste connectée le soir et le mercredi mais je reste aussi connectée à ma vie de famille lorsque je suis au travail. De toute façon, c’est inévitable car malgré tout c’est encore impossible de prendre un rdv médical à 22h. Et surtout bravo pour ces nouvelles missions ! Vous assurez vraiment sur tous les plans.

  9. Je fais partie aussi de ces femmes qui ont un job prenant et des enfants à gérer (2).
    Je gère les 2 en parallèle (avec un mari qui assure grave) mais se déconnecter est parfois difficile. Et dans l’entourage, je constate que quand la situation personnelle et/ou familiale n’est pas top, certains se noient dans le boulot. C’est compliqué d’équilibrer et, à mon sens, c’est un équilibre fragile, qu’il faut régulièrement remettre en cause.

  10. Coucou Cécile,
    Moi je suis partagée. Peut être parce que je suis enblurrée jusqu’au cou , et que la balance n’est pas très équitable en ce moment. Bref, y a des moments où je gère et je trouve ça génial, et d’autres où je gère moins, où je fais sauter les limites et principes, et où je ne m’aime pas qd je saute sur un mail au milieu d’un repas avec les enfants…

    1. Tu connais mon enthousiasme indestructible, j’essaie de toujours voir le verre à moitié plein. Mais sa moitié vide me menace aussi parfois, j’essaie juste de la garder à distance, avec plus ou moins de réussite selon les jours. Bon courage, tu fais un SUPER job

  11. Pardon mais ca ne me fait pas rêver ! Un employé qui fait le boulot de deux, je pense que c’est symptomatique de notre société actuelle et pas du tout une avancée avec 3 millions de chômeurs. Mais bon si ca te convient et t’epanouie c’est très bien pour toi !

    1. Ne t’excuse pas, il n’y a pas de solution idéale, et je ne suis malheureusement pas en position de régler les problèmes du chômage en France. J’essaie de m’adapter à une situation donnée, et de m’y épanouir

      1. Oui c’est clair. Nous avons une suppression de poste dans mon équipe et faisons le boulot de 5 à 4 désormais. On n’a pas le choix mais ca fait fier. C’est pas ca le progrès il me semble, enfin j’espere. Bref, je suis ontimement persuadee que le jour de ma mort, quand ma vie defilera devant moi, il y aura qur des images en famille et pas « les grands moment de joie » passés au boulot ! Je ne veux pas me faire dévoré et je vivrais mal de le faire entrer dans ma maison. Ca reste évidemment très personnel et tant mieux si d’autres s’en sortent autrement, ca prouve que c’est possible. Mais pour combien de temps, c’est la question qui me taraude !

  12. Je te comprends et fonctionne un peu de la même manière, sauf que le dimanche, par exemple, aucune connexion ici. Le travail n’existe pas. Mais je suis d’accord qu’il faut mieux réfléchir en terme d’équilibre plutôt que de cloisonnement.

    1. oui j’essaie de faire comme toi le dimanche… mais parfois vers 22h00, le dimanche soir, je vais faire un tour sur ma messagerie pour anticiper la journée du lundi!

  13. Il n’y a clairement pas un modèle de conciliation vie pro/vie perso, mais bel et bien des astuces, des petits trucs mais chacune à son organisation, son contexte et doit reussir à trouver SON équilibre, qui ne sera peut-être pas le même que celui de sa voisine. Bravo ma belle en tout cas ! (je découvre le terme également !)

  14. Et bien moi je ne blurre pas du tout.
    Desolee mais quand je quitte mon travail, je le quitte aussi mentalement et je suis a fond avec ma-vie-en-dehors-du-boulot. Je ne consulte pas mes emails de boulot et a moins que ce ne soit mon boss, je ne reponds pas au tel.
    En echange, si il y a un coup de bourre, je reste tard (tres tard) au bureau, voir j’y retourne le weekend; mais j’ai un support logistique qui me permet de le faire.
    Moi j’ai besoin de deconnecter. Comme beaucoup je n’ai que peu de temps avec mes enfants chaque jour alors je profite et m’implique a fond dans ces moments.
    Mais il est vrai qu’apres 17 ans dans la meme boite on se permet des libertes…
    Et il est vrai aussi que certains jours j’aimerais vraiment pouvoir faire du tele-travail. Ecrire un document depuis ma terrasse avec un bon the et les oiseaux qui chantent, ca doit etre quand meme beaucoup plus inspirant que dans mon bocal au bureau… Mais je ne peux pas alors je m’en accommode.
    Mais bravo pour arriver a concillier travail et familee et pour trouver un equilibre entre famille et carriere.
    Petite precision: J’habite a l’etranger dans un pays ou on ne connait pas la crainte du chomage et ou cette facon de travailler est parfaitement admise; ca aide…

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