Merci, Doc!

Aujourd’hui je voulais te rendre hommage.

J’ai envie de te tutoyer, parce que dans la vie cela n’arrivera jamais. Je t’appellerai toujours Madame, au mieux.

Et pourtant, tu fais partie de celles qui me connaissent le mieux, depuis bientôt 20 ans. La première fois que je t’ai rencontrée, tu m’as dit que tu n’avais pas vraiment le temps de me voir, ni moi ni surtout mon bébé d’un an et ses 40° de fièvre depuis 3 jours.

J’ai insisté. Je pense que j’ai eu raison, quand d’autres auraient tourné le dos. Tu as fait la connaissance de tous les enfants. Elise et Jonas t’ont vue la première fois quand ils avaient seulement quelques jours et puis souvent, très souvent. Parfois je me demandais si je ne passais pas plus de temps dans ton canapé que dans le mien. Ta salle d’attente était devenue l’annexe de mon salon. A chaque fois que je t’appelais tu répondais. On se voyait le jour même, au pire le lendemain. Entre 2 quand il y avait urgence, tu trouvais toujours un moment. Les enfants voulaient avoir des poissons à la maison; Admirer ton aquarium a fait le job pendant plusieurs années.

Tu as rapidement évalué que lorsque j’appelais, c’était pas pour de la gnognotte. Parce que j’aurais dû appeler la veille déjà. Un samedi, tu es venue à la maison, et tu es revenue le dimanche. En temps normal, le week-end c’est du temps que tu consacres à ta famille. Mais pas cette fois-là, et tu m’as convaincue d’aller à l’hôpital avec Jonas. Tu m’as envoyé plusieurs textos le soir aux urgences, jusqu’à minuit au moins, jusqu’à son hospitalisation en pédiatrie. Tu les as rappelés 5 jours après pour qu’ils nous libèrent, en t’engageant à prendre le relais à domicile.

Une autre fois, je suis venue chez toi un dimanche, veille en départ de classe verte avec Basile pour écarter une suspicion d’appendicite. A chaque fois que je venais te voir avec l’un ou l’autre des enfants, tu me demandais toujours comment moi j’allais. Je pense qu’à une époque, tu étais la seule à me le demander, et ça me faisait du bien. Le jour où j’ai fondu en larmes d’épuisement, tu m’as aidée à remonter la pente.

Le temps a passé, et tu sais tout de moi, de nous. Tu nous as vus grandir, changer. Parfois les enfants viennent te voir, sans moi, faire le point, papoter. Tu as une mémoire incroyable, tu sais relier les événements, poser la question qui fait mouche, qui permet de comprendre, d’identifier, d’avancer, de soigner.

J’ai pris de la distance, parce que je n’ai plus de raison de venir te voir aussi souvent. Nous allons bien.

Je pense que lorsque l’épidémie sera passée, je viendrai te voir, comme ça, sans raison, pour te dire que je vais bien.

Merci, Doc!

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