Ma récompense

NLDR : j’ai travaillé 10 ans, je me suis mise en congé parental à la naissance de Basile. 11 ans après, j’ai signé un avenant à temps partiel (mi-temps) dans mon entreprise et repris une activité en janvier 2011. 

Et ça se passe bien.

Le dessin a été fait pour la société Regionsjob par Lili la baleine verte

Jeudi, mon patron m’a accordé une augmentation, et une promotion. Je n’avais rien demandé (par les temps qui courent, je n’aurais pas osé).

Je suis super fière. Pas pour moi, même si c’est agréable d’être félicitée, soyons honnête.

Je n’ai rien d’exceptionnel ; je suis une Madame tout le monde ; j’ai fait des études sup mais pas trop sup ; j’ai un peu d’ambition mais je n’ai jamais été carriériste ; je suis mère de famille, nombreuse, certes, mais comme les mères de 3 ou 4 ou 5 ; Je suis un peu féministe mais Je ne crois pas à l’équilibre de la répartition des tâches entre les hommes et les femmes. Je pense qu’on prend des sacrés risques à vouloir élever une famille nombreuse en bossant de 9h00 à 19h00 tous les 2 et tous les jours, et que c’est plus simple lorsque l’un des parents (ou l’autre) met sa carrière au ralenti pendant quelques années; ça reste une histoire de choix.

Mais j’ai des convictions : je suis convaincue qu’élever des enfants permet d’acquérir des compétences dont les entreprises ont besoin : sens de l’organisation, résistance au stress, sens des priorités, capacité à gérer plusieurs choses  à la fois, etc. la liste est longue. Et puis, lorsqu’on est en congé parental, on a le temps de se former à des tonnes de nouvelles choses: les nouvelles technologies (web et compagnie je ne vous fais pas de dessin), parfois une formation au CNAM à distance, ou un stage Faber et Mazlish. Ce sont les compétences que Pap’s m’avait aidé à mettre en avant lors de ma reprise.

C’est de cela dont je suis fière. Je suis fière que ces compétences aient été reconnues. J’ai juste envie de partager avec vous le fait qu’il est possible d’avoir une vie professionnelle après s’être arrêté (e) de travailler pour élever ses enfants et d’être reconnu (e) avec ces nouvelles compétences.

J’ai eu 6 mois de maux de tête en reprenant le boulot. Réactiver des neurones en sommeil n’a pas été simple. Mais dans les plaisirs simples de la reprise il y a eu :

–          Le plaisir d’avoir le temps de lire dans les transports en commun

–          Le plaisir du silence

–          Le plaisir d’un repas complet et varié sans bouger le petit doigt

–          Le plaisir de contribuer de nouveau aux ressources familiales

–         Le plaisir de passer du temps avec des adultes, juste des adultes.

–          Le plaisir de parler de mes enfants, mais pas que de mes enfants.

Et le plaisir d’obtenir de la reconnaissance pour ce que je fais.

Donc si c’est possible pour moi, ça doit l’être aussi pour beaucoup d’autres…

 

78 Comments

  1. J’aime beaucoup ton post, je suis en train de chercher un travail après 2 ans de pause pour un genou en vrac suivi d’une grossesse et depuis un an à la maison avec ma petite Louise, 3 mois que j’envoie des lettres de motivations, 3 mois de refus…
    C’est tellement frustrant !
    Suis à deux doigts de me dire que c’est le moment d’en avoir un deuxième vu que si les boites ne se rendent pas compte de mes qualités, au moins elles seront reconnues à la maison !

    1. Si tu souhaites avoir d’autres enfants, c’est peut-être une solution 🙂 c’est celle que j’avais choisie à la fin du congé parental de Basile. On a préféré une nouvelle grossesse.
      Bon courage en tout cas 🙂

  2. Je suis d’accord, le maitre mot est ORGANISATION ! Mais tout est possible … (à condition qu’il n’y ait pas de grain de sable qui vienne chambouler le rouage …)

  3. J’avoue que l’idée d’aller aux toilettes sans que quelqu’un soit en train de tambouriner sur la porte me fait rêver!!!
    Manger tranquillement aussi;
    M’entendre penser;
    Faire quelquechose de valorisant (enfin plus que la lessive).
    Bref, ça fait rêver mais c’est pas pour tout de suite, bébé3 est en route 😉

  4. pas facile pour les mères que nous sommes de trouver notre place dans la société. pour moi pas beaucoup d’études juste un BEP mais beaucoup de travail et je suis vite montée en grade. j’amais ma carrière, mon travail et tout ce qui allait avec tout en sachant que j’aurai du mal à concilier cela avec une vie de mère. à l’arrivée de n°1 je suis passée à temps partiel, et puis avec n°2 et mes problèmes de santé nous avons fait d’autres projets de vie. je suis devenue assistante maternelle, une manière de travailler tout en étant toujours la pour les enfants et de compenser le manque de la famille « très » nombreuse dont j’ai toujours révé mais que dame nature m’a refusé………..n°3 a 2 ans et demi et je suis prete à reprendre le travail j’espère que mes projets vont vite aboutir…..l’essentiel est de trouver sa place sans se soucier des autres…………..félicitations pour ta promotion cécile :).

    1. Parfois tu as raison, c’est l’occasion d’un changement de vie, ou d’une nouvelle carrière, et c’est top aussi quand ça permet de concilier famille et boulot

  5. ça fait 5 mois que je cherche du boulot après presque 5 ans d’absence. jamais eu l’occasion d’avoir un entretien pour montrer mes capacité de wonderwoman/wondermum/wondershiva…je désespère. je rêverai de trouver un temps partiel, pas trop ambitieux, un poil interessant quand meme, et un poil valorisant aussi….faut croire que c’est pas donné à tout le monde….en tout cas, je partage ton avis à 100% mais plus facile à dire qu’a faire 😉

    1. J’ai eu la chance de ne jamais avoir à démissionner de mon entreprise et d’enchainer les congés parentaux; la crise n’aide pas à retrouver du boulot.
      Je te souhaite beaucoup de courage et de persévérance, tu va y arriver 🙂

  6. Oui c’est possible,et ta réussite fait plaisir a voir 🙂
    toutefois,nous ne sommes pas toutes egales face a la situation.si c’est difficile pr toute femme qui tente de reprendre une activité,certaines d’entre nous cumulent des difficultés en plus.je n’ai pas le permis.je n’ai pas de formation professionnelle,j’ai arreté apres le bac,faute de moyens.petits boulots,jamais de temps plein.a 30ans je quittais boulot appart et departement pr mon cheri.j’ai fait un bébé 9mois plus tard.pas de nounou,pas de famille,et le besoin vital de rester avc ma fille,mon choix etait fait:je serais mere au foyer.j’ai refais un bébé 3ans apres.c’etait il y a presque 2ans.j’aime elever mes filles.Et je n’ai pas travaillé depuis 5ans et demi.on manque d’argent.je n’ai toujours pas le permis.je n’ai pas mon propre numero de secu.on me regarde de haut.je vis dans un village.quand je dis que je suis mere au foyer,on me repond que je vis aux crochets de mon conjoint.meme si je trouvais un peu de travail,je ne pense pas que mettre mes filles chez une nounou(encore faut il en trouver une) apres l’ecole pr aller passer la serpillere quelques heures par semaine puisse me permettre de m’epanouir,de me sentir utile et surtout de gagner suffisament pr changer notre quotidien.
    J’envie celles qui franchissent le pas,et qui parviennent a trouver un equilibre et a tout concilier.vraiment.mais entre mon besoin d’etre pres de mes enfants et mon manque de perspectives,mon choix est fait.pour le moment en tout cas 🙂

    1. Prendre le temps pendant que tu élèves tes filles de découvrir ce que souhaiterais faire après, et t’y préparer tranquillement, te former de la maison (Internet est une mine d’info et de solutions)

      merci pour ton commentaire

      1. Ah et au fait:toutes mes felicitations pr ta promo!!voir que par les temps qui courent certains parviennent a se hisser un peu plutot que degringoler,ça redonne foi en cette hierarchie si souvent depourvu d’humanité.alors bravo et champomy pr tout le monde 😀

  7. Je pense que nous, les femmes, on sait bien que congé parental ne veut pas forcément dire glandouiller à la maison … surtout quand on est 8 (enfin, je ne peux qu’imaginer …)
    J’espère que les entreprises verront ça aussi, un jour 🙂

  8. « Et le plaisir d’obtenir de la reconnaissance pour ce que je fais. »

    quel dommage que ceux que nous faisons quand nous sommes à la maison ne soit pas reconnu..et que nous ayions besoin d’aller chercher la reconnaissance ailleurs parce qu’il n’y en n’a pas du tout là…

    1. c’est assez vrai 🙂
      la reconnaissance on l’a à la maison parce que les enfants vont bien, grandissent etc…
      au boulot, on réalise juste qu’on a appris des choses en étant à la maison!

  9. Un patron comme le votre est rare… Quand je suis revenue au travail (congé parental à mi- temps) c’est une des premières choses que l’on m’a dit : tu ne seras plus jamais augmentée. Je n’avais qu’une envie reprendre mon sac et partir. Je suis restée car financièrement je n’avais pas le choix mais je n’ai qu’une idée en tête depuis : c’est partir mais vu la conjoncture ce n’est pas facile.

    1. Oui je sais que tous les managers ne sont pas comme lui; mais il y en a, ça vaut la peine de les chercher. J’espère qu’il y en aura de plus en plus
      Bon courage pour la suite!

  10. Je suis contente pour toi, ca doit etre rare quand meme que nos competences de mere soient reconnues au travail! Si un jour je reprends, je mettrais tout ca en avant mais je n y crois pas trop!

  11. Merci pour ce post! J’ai repris le boulot depuis 3 semaines après 2 ans et 2 enfants. Je ressens exactement ce que tu expliques! Le silence, les pauses à soi, mettre les enfants en orbite et penser à soi, à d’autres, se trouver utile ailleurs, recevoir des compliments, retrouver du mouvement… Merci aussi pour votre magnifique témoignage de famille aux Maternelles! C’est la chronique que j’attendais le plus! Du coup, on a l’impression de vous connaitre: Bisous à chacun! 😉

    1. Merci Marion pour ce message!
      Pas trop fatiguée le soir? pas trop mal à la tête? Je me souviens avoir souffert les premiers mois 🙂
      Bon courage en tout cas et à bientôt

      1. Merci Cécile!!! Non, tout se passe super bien! Claire (2 ans ) et Damien (4 mois) sont chez une nounou hyper zen à 500 m de là où je travaille… C’est parfait! Un mi-temps c’est aussi très apaisant! J’espère juste que la CAF m’aidera pour que le jeu en vaille la peine! Encore merci pour ton blog, c’est le top! Les familles nombreuses, c’est fascinant…. J’en voulais 7! Mais Chéri trouve que finalement 3-4 c’est bien… mais je ne désespère pas 😉 Merci de nous faire partager ce quotidien incroyable! A bientôt!

  12. Félicitations ! et savoure, oui, ce réel plaisir de la reconnaissance, non seulement ds les mots, mais aussi ds le geste financier, de quoi attaquer le rush de l’année scolaire avec une énergie au plus haut !

  13. C tellement ça… J’ai repris le 16 juillet à mi temps après 3 ans d’arrêt et 2 mini puces. Avec l’acceptation de mon dossier à la creche pour mathilde et la rentrée en maternelle pour Juliette, fallait reprendre… Dur choix à faire… Peur de se jeter dans la cage aux lions… Culpabilité de les laisser… Effrayée du manque que j’allais ressentir et terrorisée de pas tout gérer (maison, préparation du matin, repas, boulot, embouteillages, stress, fatigue…) et puis en fait c juste le bonheur!!!
    Chacune de nous 3 avons notre propre environnement et sommes ravies de nous retrouver, l’écart avec le papa qui bosse comme un fou est moindre… Je suis utile à des gens (pt être même nécessaire!), j’apprends à m’organiser pour que tout ça se passe au mieux…
    J’ai le mercredi pour nous… Passer de tout à rien aurait été trop dur….
    Je passe très bientôt à 80%!!!

    Et finalement tout le monde avait raison : ça s’est bien passe!!!

    Mais les mots les plus justes, je les ai lu ce soir! Merci;-)

    Tes posts sont super!!! Mais t pas un bon contraceptif!!! Une famille nombreuse comme la votre que je suis depuis les maternelles ça donne envie!!!

    Merci encore en tous cas

  14. Il est chouette ce témoignage ! une entreprise qui accueille si bien son employée partie depuis si longtemps, on pense que ce n’est jamais possible … Pourtant c’est vrai que quand on est à la maison on finit par être des pro de la logistique, entre autres ! Bravo !!! Bravo !!!

    1. Rencontrer les bonnes personnes, prendre le temps d’évaluer ce dont on est capable en terme de temps, établir des liens de confiance avec ses hiérarchiques. Pour l’entreprise et pour moi c’était une forme de pari.

  15. salut, je lis votre blog depuis plusieurs mois et j’aime beaucoup; je suis moi-meme l’ainée de 5 enfants et mes 2 parents ont toujours travaillé; ma mère n’a jamais vraiment pris de congés parental et ça été un peu speed la vie à la maison mais très bien dans l’ensemble; je suis aujourdh’ui mère de 2 enfants mais ne compte m’arreter en si bon chemin. j’ai fait de longues études et ai un boulot « à responsabilités » (mais ils le sont tous n’est pas ?) : Vos reflexions sur l’équilibre vie professionelle/vie privée sont très contructives et m’ont permis de me rendre compte que j’aimerais beaucoup m’arrêter quelques temps pour élever mes enfants au lieu de tout miser sur ma carrière ! merci pour cet éclairage! Et non moi non plus je ne crois pas à l’équilibre des taches : mon mari , lui ne s’arretera jamais de bosser.
    bisous

    1. ah! ah! le mien a pris un congé parental de 6 mois à la naissance de l’aîné 🙂 mais pour les suivants, son salaire pesait plus lourd que le mien dans la balance!

  16. c’est sur que çà redonne de l’espoir! mais nos histoire sont toutes différentes et je crois que la chance compte pour beaucoup (pour retrouver du travail) Enfin bref bravos à toi

  17. Tout à fait d’accord avec toi, on développe beaucoup de compétences et d’efficacité, parce que nécessité fait loi et dans le monde de l’entreprise on va droit au but ! Et plus on a eu d’enfant, plus cela semble vrai. Ton mari a bien eu raison de t’aider à valoriser ces compétences sur ton CV. Bravo !

  18. Quatre années de congé parental/chômage pris pour mon deuxième enfant (j’avais très mal vécu de laisser mon premier chez une nourrice, m’étais sentie inutile au travail). Une brutale séparation m’a obligée à retravailler très très vite. Mes deux enfants qui allaient à l’école et que je récupérais le midi, ont dû aller à la garderie, la cantine et l’étude le soir. Ils se sont super bien adaptés.N’ayant plus d’emploi, je me suis lancée dans l’intérim à corps perdu, et au bout de 6 mois, était embauchée en CDI par la grande maison de Bill Gates. J’étais pas peu fière. Quelques années après, j’ai demandé un congé formation, et suivi une formation pour passer le concours de prof. Et voilà, ça fait ma sixième rentrée. Cela n’a pas été facile, mais je concilie ma vie avec celle de mes enfants, et j’aime mon métier.
    Cécile, on était ensemble à l’école. Et nos parcours différents ont des points communs. Merci de tes témoignages, cela fait du bien de lire du concret positif bien écrit sans être dans le « mon mari est formidable, mes enfants sont les plus beaux… » qui cachent souvent une autre réalité.
    Bises amicales

  19. Alalalalalalala!!! Comment il fait trop du bien ce post, et je suis tellement d’accord! On ne lis pas souvent ces choses dans les blogs de mamans! Alors merci 🙂 J’ai trois enfants, et je sais qu’on aura au moins un 4ème ( mon mari rêve d’avoir 5 enfants… ) Seulement, avant je m’occupais d’enfants, et je ne veux pas reprendre cette activité, j’voudrais autre chose, mais je n’ai même pas le bac, alors, je cherche des idées… Mon dernier a 11 mois ( le 24 septembre il aura 1 an… ) J’aimerais pouvoir faire un métier ou je vois des adultes, que je discute de diverses choses et manger le midi un repas complet sans avoir a le faire mais OMG quoi 🙂 Merci parce que ça motive… !!!!

  20. La promotion et l’augmentation a priori ne sont la résultante que d’une composante : tu le mérites car tu excelles dans ton travail.
    Prendre des risques en bossant à temps plein en ayant plusieurs enfants ? Le choix certains l’ont, de pouvoir opter pour une activité à temps partiel, parce que ça ne met pas en péril l’équilibre économique de la famille. Mais beaucoup ne l’ont pas, il ne faut pas croire, parce que la répartition des revenus du couple et les entreprises ne le permettent pas.
    J’ai bossé 2 ans à temps partiel (1,5 ans de droit, 6 mois sur autorisation). Outre le fait que j’avais une charge de travail au moins égale à celle de mes collègues, j’étais payée moins et j’ai été clairement saquée.
    Et puis la cerise sur le Mac Do, c’est qu’en bossant à 80%, j’ai cotisé à 80% pour la retraite pendant la période sur autorisation, sauf si j’accepte que ça me coûte un bras en surcotisant (300 euros/mois, les boules).
    Tu surcotises Cécile ?
    Le temps partiel et le congé parental ont leurs limites et en toute franchise, je préfère aller bosser que d’avoir à garder mes kids tout le temps.

  21. Ouahhh je te sens remontée 🙂
    Oui, certains n’ont pas d’autre choix que de bosser tous les 2 c’est certain pour maintenir un niveau de vie minimum.
    Oui j’ai vécu le 80% avec une charge de 100% et les piles de dossiers avec les post-its posés le mercredi sur mon bureau… mais c’était il y a 10 ans ou plus.
    Oui pour tenir le mi-temps je lis des mails le soir, je réponds les jours où je ne travaille pas, j’adapte mes jours en fonction des besoins (et à l’inverse je suis à la maison si enfant en vrac) mais j’ai la chance d’avoir un job, qui me plait, donc je m’y accroche.

    Quand tu dis que beaucoup n’ont pas le choix pour maintenir l’équilibre économique, c’est là que je tique.
    Il faut avoir un sacré bon salaire pour qu’il couvre les frais de garde et cantine et centres de loisirs et baby sitters qui permettent aux 2 parents de bosser… et avec une famille nombreuse, ce n’est pas pour le salaire qu’on retourne travailler à mi-temps, je te le garantis! C’est plus économique d’être à la maison.
    Donc oui la motivation est plutôt de s’épanouir hors de chez soi, d’utiliser ses neurones et des compétences, et de préparer les années après.

    Quant aux cotisations retraite, je ne suis pas spécialiste… je sais qu’avec 6 enfants, je gagne quelques années de travail. Par contre, si je bosse à mi-temps, ça me semble logique de cotiser à 50% pour la retraite. Donc non, je ne surcotise pas (Vu le prix que tu donnes, je n’en aurais pas les moyens)

    Le temps partiel et le congé parental ont leurs limites dans le temps parce que les enfants grandissent (ouf)

    1. Remontée non. Plutôt perplexe et prudente dans le discours.
      Faire l’apologie du temps partiel à tout va me semble glissant. Tu as la chance d’avoir un statut sans doute particulier où ton autonomie et tes compétences l’emportent sur le reste. Mais les patrons restent frileux face aux maternités, aux temps partiels, aux congés parentaux. Forcément que la balance pour les couples penche quand même vers le fait d’avoir des enfants (quand ils le peuvent…) comparativement aux effets collatéraux. Mais parfois le tribut est lourd à payer et il ne faut pas se voiler la face.
      Quand tu avances qu’il faut un sacré bon salaire pour assumer les centres de loisirs, frais de gardes, cantine, baby-sitter, il faut aussi pondérer les choses. Quand tu as 6 enfants c’est évident que ça peut représenter un sacré budget. Mais tout le monde n’a pas 6 enfants, loin de là. Entre 2 et 3 on est plus dans la majorité 😉
      La cantine, le centre de loisirs étant fonction des revenus, ça représente certes une certaine somme, mais pas non plus des sommets quand on touche le SMIC ou qu’on se situe dans une classe moyenne. Donc quand on cumule les 2 situations (2 ou 3 enfants et un salaire moyen à décent mais pas excessif), le budget n’est pas non plus plombé parce qu’on va aller bosser le mercredi.
      Je me considère comme étant mère d’une famille nombreuse mais je n’ai pas les moyens de me payer le luxe d’aller travailler à mi-temps si je veux pouvoir payer les factures.
      Ce qui me gène profondément c’est cette apologie et cet encensement du congé parental et du temps partiel à tout crin parce que :
      – tout le monde ne le peut pas,
      – tout le monde ne le veut pas,
      – c’est quand même carrément à double tranchant (le jour où la femme en âge de procréer ne sera plus ressentie comme une menace pour les patrons, on pourra rouvrir le débat bien sûr ;-)) pour toute carrière qui se respecte,
      – il faut avoir envisagé le fait de devoir de travailler jusqu’à 65 ans ou plus avec une décote d’enfer faute de surcotisation qui coûte un bras.
      La vie est faite aussi de choix plus radicaux qui permettent parfois de passer du temps avec ses enfants, sans que ça nuise à la balance économique de la famille, sans passer par du temps partiel. On a fait le choix nous de partir en province, pour gagner en qualité de vie (je suis passée de 1h30 de trajets par jour en région parisienne à 15 mn), même si au départ, mon mari n’avait pas de boulot. Les enfants ont un jardin, de l’espace, la mer, la montagne pas loin, une grande maison, des classes pas surchargées, une école tout près… On ne compte plus les quartiers en politique de la ville dans les environs mais les zones rurales, on jardine bio, on se déplace en vélo sans être tributaire des transports en commun… En parallèle de ça, la cantine est abordable (donc les enfants y mangent tous les jours), le Conseil Général subventionne le centre de loisirs et je touche une participation de mon employeur (donc les enfants y vont tous les mercredi et au moins la moitié des vacances scolaires), les garderies du matin et du soir sont gratuites.
      Mais ça a été un choix de vie de se déraciner de l’Île-de-France et de prendre le risque. On y a beaucoup perdu en salaire, mais le jeu en valait la chandelle.
      Le temps partiel ou le congé parental ne sont donc pas les seules solutions pour passer du temps avec ses enfants sans y laisser un bras chaque mois 😉

  22. je suis admirative!!!je suis en pause depuis 7 ans et pour l’instant impossible de reprendre,( mon fils a 7 ans et ma fille 10 ans) car :
    je ne me sens pas prête
    je n’ai pas trouvé de solutions de garde
    il y a trop de vacances,je ne saurais pas quoi faire de mes enfants les mercredi et vacances scolaires
    j’ai déjà fait une tentative de recherche d’emploi, mais le fait de ne rien trouver me fout le moral à 0!!! donc j’attends…

    1. Merci pour ton comm, Perline
      Avant d’imaginer oser penser à la reprise, j’ai d’abord profité du temps libre que j’avais pour m’activer pour une association, et suivre une formation au CNAM. Du coup, dans mon CV, ça m’a permis de montrer que je n’avais pas « que » donné naissance et élevé 6 enfants pendant ces 10 ans, et ça a été très bien perçu. Je ne sais pas ce que tu aimes faire, mais peut être que ça vaut le coup de trouver une activité (bénévole) ou une formation dans ce sens-là?

  23. Chouette témoignage qui montre que tout est possible, et même si c’est compliqué. Je crois que la chance ne fait pas tout, il y a des opportunités, et la volonté ou non de les saisir.
    J’ai un poste « à responsabilités » (tout est relatif, hein, la terre ne s’arrête pas de tourner quand je suis absente).
    La personne que je remplace faisait 8h-21h tous les jours, bossait le week-end, ne prenait pas ses vacances, etc. Je fais 9h-18h15, et je n’ai pas de moins bons résultats. Je suis maman (d’un seul pour l’instant), et du coup, je suis obligée de m’organiser, c’est un vrai plus !
    Je m’étais arrêtée 6 mois pour le 1er, j’en ferai certainement autant pour le 2ème. On verra le moment venu.
    Il y a tellement d’éléments à prendre en compte dans le choix du congé parental :
    – l’aspect économique (revenus du foyer, mode de garde, etc)
    – le fait que la famille dure plus longtemps que la carrière,
    – l’intérêt du poste qu’on occupe, (certaines missions ou tâches que je fais ne sont pas beaucoup plus intéressantes que d’étendre une machine à laver),
    – la reconnaissance que l’on a dans son poste,
    – l’envie de passer toutes ses journées avec ses enfants,
    – la volonté de subvenir à ses propres moyens…
    La liste est longue et personne n’a les mêmes priorités. Le principal c’est d’en retirer les aspects positifs. Et sur ce dernier point, tu t’en sors plus que bien !

  24. bravo !
    via l’écran déjà tu dégages une sacré énergie positive, y’a pas de raison que ça ne dépote pas AUSSI au bureau hein !! merci de partager, ça file la pêche, on-y-croit-on-y-croit-on-y-croit !

  25. Merci beaucoup pour ce post, pleins d’espoir.
    Actuellement en congé parental depuis 4 mois avec deux enfants de 4 et 2 ans, je considère que être mère au foyer est un vrai métier et que le plus important est de faire ce qu’il nous plait pour le bonheur de nos enfants. J’aime mon role qui me permet de voir grandir mes enfants et de leur apprendre pleins de choses sur la vie.
    En tant qu’infirmière, je ne me fais pas trop de soucis pour la reprise.
    Merci pour ton blog.

  26. ce post parle à beaucoup de monde ou en questionne beaucoup
    il résume bien mes pensées
    pour ma part , j’en suis à mon 2 éme congé parental de 1 an pour m’occuper de mon petit 5 éme
    dans 6 mois, je reprends à travailler
    dans une structure où je ne me sens plus prete à travailler
    je ne supporte plus ma direction mais j’aime les jeunes que j’accompagne
    heureusement , j’ai participé à un stage Faber et Mazlish.moi aussi
    qui m’a aidé pour mes relations familiales , professionnelles et donc redonné confiance en mes capacités
    En lisant ton post, je me dis que moi aussi j’ai développé des compétences relationnelles exploitables ailleurs, avec d’autres personnes
    (ID renforcé par un bilan de compétences fait pendant ma grossesse )

    mais IL FAUT PRENDRE LE RISQUE de se lancer dans de nouvelles recherches et dans l’inconnu
    et pour ma part, le congé parental me rend moins téméraire car peut être moins confiante dans le monde du travail

    heureusement ton témoignage remotivera un peu les méres inquiétes
    moi y compris

    1. oui, c’est vrai qu’il y a une part de risque 🙂
      ce qui facilite le retour quand on a des enfants à la maison, c’est qu’on sait où sont les priorités… et surement moins au travail qu’avant: on est donc efficace, active, et je trouve du coup moins stressée!
      Profite des derniers mois avant la reprise et bon courage 🙂

  27. franchement tu le mérites !
    pour t’avoir cotoyé pendant les épisodes des maternelles , on sentait ton optimisme , ton organisation etc ….

    quel plaisir de lire ce billet çà me redonne le moral !
    à la fin de mon CPE j’ai dû démissionné , vu le boulot qu’on me proposait , la garde à domicile (pas le choix) , les frais etc ….

    par moment j’aimerais retravailler pour les côtés positifs que tu évoques mais je ne crois pas une seconde en moi ……

    1. Fais la liste de tout ce que tu sais faire dans ta vie de tous les jours, et reformule en qualités professionnelles; c’est une première étape pour reprendre confiance en soi, vraiment.

  28. J’adore ce post et ça donne des idées j’avais jamais pensé mettre en avant mes compétences de mère de famille nombreuse!
    Encore 2 ans de congé parental pour réfléchir à l’après; retravailler c’est sûr mais pas là où j’étais .
    Je vais regarder le CNAM aussi je ne connais pas.
    Quand à Faber et Mazlich j’ai tous les bouquins j’ai survolé pour l’instant et je devais participer à des ateliers mais par manque de disponibilités (et oui mon mari n’est pas disponible pour garder les loulous) je dois me résoudre à abandonner.
    Et je suis d’accord il faut qu’un des 2 se libère pour les enfants moi c’est pas que son salaire est + conséquent au contraire mais il ne peux pas abandonner ces vaches et puis moi ce petit dernier (enfin ça on verra) je voulais le voir grandir et voir ses premières fois pas que ce soit la nounou qui me raconte!

  29. Bonjour Cécile, je n’ai pas lu tous les commentaires… mais j’ai beaucoup aimé lire ton article. Vraiment. Je ne commente pas souvent, mais là, ça me démange. Oui, ça fait du bien d’aller bosser, outre le fait de gagner de l’argent, on se sent AUSSI valorisée par nos compétences intellectuelles et… ça fait du bien. Alors bien sûr, ça demande une organisation de maboule surtout quand à la maison on a une famille nombreuse (je n’ai « que » 5 enfants…) mais franchement, ça fait du bien. Je ne me suis jamais arrêtée, mais je travaille à 80 % depuis la naissance de mon 3e. Et oui, je l’apprécie énormément cette journée, mais oui aussi, j’adore le jeudi… J’ai comme toi la chance d’avoir un mari for-mi-da-ble (!) qui est également très dispo pour les enfants quand il est là. Voilà, tout ça, c’est une question d’organisation, de volonté, d’accords. C’est fragile parfois, épuisant aussi mais bon sang de bois, je sus contente de parler d’autre chose avec mes amies, clientes, connaissances. Je bosse en free-lance depuis 20 ans, c’est-à-dire que si je ne travaille pas, je ne gagne pas d’argent. Autant dire qu’au boulot je ne compte pas mes heures mais moi aussi, je suis récompensée… Très bel article donc qui met en lumière la possibilité de travailler quand on est mère, et d’être épanouie…

Leave a Comment

Robot or what? *