L’open space aura ma peau

openspace

Vous le connaissez, le collègue qui déboule au-dessus de votre bureau en vous demandant s’il vous dérange? Celui qui après que vous lui ayez répondu oui vous pose quand même sa question? Celui que vous écoutez poser sa question en sentant déjà qu’il serait capable de faire le siège de votre bureau tant qu’il n’aura pas eu sa réponse?

Celui-là il est venu 4 fois me voir aujourd’hui. 4 fois.

Vous le connaissez le collègue à qui on n’a jamais montré comment éternuer discrètement? Celui qui se racle la gorge 46 fois par heure 365j par an et dont vous finissez par ne plus entendre que ça dans l’open space?

Celui-là est enrhumé cette semaine.

Vous le connaissez le collègue qui se parle à lui-même à haute voix en commentant ses faits et gestes? Pas très fort, mais juste assez pour qu’on l’entende et qu’on se déconcentre pour lui demander s’il vous a posé une question… « Non non, je réfléchis à voix haute »… dans l’open space.

Vous le connaissez le chef qui vient squatter un bureau vide pour faire une réunion téléphonique avec haut-parleur, assis au fond de son siège… en laissant négligemment la porte ouverte? Porte donnant directement sur l’open space.

Vous le connaissez le collègue qui a choisi le sandwich brie-mortadelle-cornichon emballé dans papier kraft bruyant et qui le mange consciencieusement à 14h30 pour bien vous faire sentir que lui, il n’a pas le temps de déjeuner. Emmental-jambon-beurre, ça schmûke un peu moins non?

Aujourd’hui ils étaient tous là. Tous. L’enrhumé, le mangeur de sandwich, le chef à la grosse voix, celui qui parle tout seul, et l’envahisseur de mon cerveau. J’ai mis de la musique et des écouteurs mais ça n’a pas suffi. Je me suis rabattue sur des Haribo, mais ça n’a pas suffi.

Et celui qui est vraiment sympa, prévenant, avec qui on se marre bien, qui a toujours la pêche, celui qui fédère tout le plateau, qui a toujours du chocolat dans son tiroir. Lui est en mission et m’a envoyé la photo de la vue de son hôtel. Il m’a achevée.

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Que celui qui a la solution pour travailler efficacement sur un open space se manifeste maintenant ou qu’il se taise à jamais.

Demain c’est télétravail.

 

24 Comments

  1. Je compatis. J’ai du mal aussi.
    J’ai acheté un casque anti bruit dans un magasin de bricolage. Ça + les miniecouteurs qui se mettent dans l’oreille et je n’entends plus le monde extérieur. En revanche, j’envoie du coup un message clair : »vous me faites tous ch*** »
    Donc je n’abuse pas. C’est plutôt réservé aux périodes de fortes activités qui combinent nécessité de concentration et beaucoup d’interactions des membres de l’équipe avec des personnes extérieures à l’équipe (donc beaucoup de tel / rdv au bureau)

      1. Celui qui répond à son portable en essayant de parler tout bas mais qu’on entend à travers les pseudos mini cloisons qui servent à rien des open spaces

  2. L’open space est une aberration, on y perd un temps fou car il est difficile de s’y concentrer. Et cette promiscuité permanente avec les gens décourage toute conversation.
    Je mesure le privilege de profiter d’un bureau depuis qq années.

  3. Une anecdote de rébellion dans l’open space de mon mari, histoire de rire un brin.
    Leur boite a déménagé dans un bâtiment ultra-design, construit exprès pour eux (enfin, plutôt pour l’égo du patron) par une architecte de grand renom et à la personnalité explosive. Elle avait décidé que dans cet open space chaque allée devait être d’une largeur précise pour l’esthétique et la vision globale de l’espace (yes!) et si elle décide, c’est que c’est VRAI.

    Sauf que la largeur en question ramenait l’espace entre bureau et armoire à la portion congrue, empêchant tout accès aux dites armoires si quelqu’un avait la mauvaise idée d’être assis au bureau le plus proche. Soit il fallait écraser la personne contre son bureau, soit il fallait qu’elle se lève et si elle reculait trop vite, elle cognait l’armoire supra design (crime de lèse majesté et surtout, bruit supplémentaire).
    Pour bien faire comprendre à tout le monde les règles de l’esthétique au travail, ils ont eu droit aux ouvriers envoyés pour mesurer les allées et caler les armoires, au cas où des petits malins auraient pensé à les reculer. Les petits malins en ont rapidement eu ras la casquette et un matin, opération « organisons nos bureaux histoire de pouvoir au moins travailler » et ils ont démonté toutes les cales, repousser toutes les armoires à une distance décente des bureaux et expliquer que c’était comme ça ou pas. L’architecture a fini par rendre les armes…

    Surtout que ça s’ajoute au pool d’imprimantes au milieu du plateau (et personne n’a pensé au bruit), à l’espace « pause repas » là non plus pas fermé (odeurs+papotages+le doux « cling » du micro-ondes) et au fait que chez eux, c’est open space horizontal et vertical, puisque les 4 niveaux s’organisent autour d’un monumental puits de lumière et que les étages ne sont pas fermés sur ce puits, il y a une simple rambarde (réflexion à la première visite d’un collègue à l’humour trééés noir: « ah, ben si ça tourne comme chez France Télécom, on saura comment faire pour se suicider au travail »).

    Ouais, c’est pas parfait, mais c’est la plus grande architecte de l’univers, d’abord! Sinon, mon mari aime bien son boulot…

    Bon courage Cécile!

  4. bonjour Cécile
    j’ai adoré ton article, c’est difficile de travailler dans ce milieu, mais cela pourra te paraitre bizzare, car je travaille à la maison, et je suis deranger, pas tout le temps, mais pendant les weeks end et les vaccances, par les enfants, j’ai une petite fillette, normalement elle est calme, elle n’a pas encore 4 ans, mais quand ses nieces et neveux viennent chez nous, alors là!!!!!!!!!!
    juste souhaitez moi bonne chance 🙂
    surtout j’adore mon travaille et je ne peux pas m’en depasser je suis styliste modeliste, donc je fait la couture les dessins des recherches sur internet, j’adore aussi la poésie, heureusement j’ai trouvé un peu de reconfort dans mon petit blog
    je te souhaite bon courage
    merci
    mona,
    limonasblog.wordpress.com

  5. alors juste pour faire ma contestataire, maintenant que je suis devenue chef d’équipe (petit chef ..pas vraiment directrice, hein, quelquechose de très raisonnable…) j’ai mon bureau pour moi toute seule…et je m’emmerde à mourir. J’ai eu une grosse panne de PC récemment et je suis retournée quelques jours dans l’open space avec mes troupes sur un autre PC en attendant qu’on répare le mien : j’ai adoré retrouver les chants, les rires, les blagues .. et puis tout a été réparé dans mon bureau et j’y suis retournée toute seule .. bien triste. Morale de l’histoire : la réussite d’un open-space , dépend des gens qui y travaillent. moi les gars de mon équipe et l’open space , c’est ma bouffée d’oxygène et de rire , j vais m’y ressourcer quand j’en ai marre d’être seule..
    sinon merci pour ce beau blog que je suis quotidiennement et que je commente (trop) peu.

    1. Je comprends très bien ça cécile, et c’est vrai que l’ambiance sur le plateau n’est pas toujours aussi pourrie qu’elle l’était jeudi dernier… Il manque juste des salles de réunion pour pouvoir s’isoler quand c’est nécessaire
      si j’avais un chef comme toi, j’échangerais ton bureau contre le mien pour quelques bouffées d’oxygène régulières!

  6. Difficile en effet mais parfois plus gai qu’un bureau seul(e)…
    Outre les oreillettes, casques anti bruits, boules quies, pour les collègues qui viennent poser une question toutes les 5 mns, essaie le coup des peluches rouges et vertes.
    Peluche verte sur ton bureau, tu acceptes d’être derangee, peluche rouge, tu es concentrée sur un dossier, on ne te dérange pas…. Tu verras, si tu expliques le code il est souvent compris et respecté, et c’est une façon assez cool de faire passer le message que tu as besoin de calme.
    Bon courage.
    Juliette

    1. Ohhh j’aime bien l’idée du code, je vais y réfléchir, ça me semble plutôt bien.
      Les casques et boules quies, pour quelqu’un de claustre comme moi, c’est un peu compliqué.
      Merci Juliette

  7. 26 dans un open space – Déménagement la semaine passée, réorganisation , jeux de chaises musicales, j’ai la chance maitenant d’être dans un angle sans personne derrière moi ni à coté… A mon grand âge (54 ans), j’avoue , j’ai craqué pour les oreillettes et maintenant je me « culture  » aussi en navigant sur les différentes radios et ma play list… Pourtant, j’avais dit « jamais »…. Une bonne façon pour moi de m’isoler et me concentrer sans entendre les conversations environnantes…

  8. 5 ans dans un bureau toute seule: J’ai deteste!
    Maintenant on est 5 a partager un espace qui juxte un atelier.
    Alors oui j’aime, mais quand il me faut plonger dans un truc quidemande de la concentratiom, c’est casque anti-bruit sur les oreillles. Ca ne coupe pas completemet les bruits, mais ca rend les conversations inaudibles ce qui me suffit pour le moment.

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