L’égalité hommes-femmes revue et corrigée

 

           

Nous, les hommes et les femmes nous avons grandi dans l’idée qu’il fallait faire des études pour trouver un job qui nous plaise, qui nous permettrait d’accéder à une indépendance financière, fonder une famille, partir en vacances, réaliser des rêves…

Ensuite, nous, les femmes, nous avons commencé à travailler, à grimper les échelons, à nous épanouir, et nous avons rencontré l’homme de notre vie. Pendant ce temps là, les hommes ont trouvé un poste, ont travaillé comme des damnés pour grimper les échelons, se sont épanouis, se sont réalisés, et nous ont rencontrées, nous les femmes de leurs vies.

Nous les femmes et eux, les hommes avons décidé d’avoir un enfant, 2 enfants, 3 enfants ou plus, ou moins.

Nous les femmes nous sommes arrêtées de travailler le temps d’un ou plusieurs congés maternité, nous avons pouponné plus ou moins longtemps en congé parental, certes parfois nous avons perdu quelques plumes dans nos carrières professionnelles, nous nous sommes appuyées sur l’homme pour maintenir un confort de vie pendant que nous étions à la maison. Souvent cela a été pour nous l’occasion de réaliser qu’il y avait une autre vie en dehors de nos vies professionnelles, nous avons recentré nos priorités, nous avons adapté nos emplois du temps professionnels pour y caser des RV de médecin, des kermesses de fin d’année, des spectacles de la chorale de l’école. Nous nous sommes plaintes du non équilibre des tâches entre eux et nous, mais finalement, ça nous arrangeait bien de passer un peu plus de temps avec nos enfants pour entretenir un peu moins de culpabilité.

Pendant ce temps les hommes ont travaillé, il ont pris leurs 2 semaines de congé paternité à chaque naissance pour faire connaissance avec leurs enfants (sincèrement en 2 semaines, difficile de faire mieux que juste faire connaissance), ils ont pris leurs congés annuels, mais ils ont toujours continué à travailler, pour être les piliers de nos familles.

Alors oui, je souhaite juste vous proposer de changer d’oeil votre lorgnette. Penser une minute à la chance que nous avons, nous les femmes, de pouvoir nous arrêter dans la course effrénée de nos carrières professionnelles pour donner naissance à nos enfants, c’est certain, mais aussi pour nous donner la possibilité de considérer que nos vies ne doivent pas être que des vies professionnelles, qu’elles peuvent changer d’orientation. 

Pap’s m’a offert la possibilité d’arrêter cette course effrénée pendant 11 ans; pendant ces 11 années, au-delà des naissances de nos enfants et du rôle de mère au foyer que j’ai joué, j’ai suivi des cours au CNAM, milité pour des assos, découvert Internet avant mes enfants, animé des formations, déménagé 3 fois, découvert la téloche avec les maternelles, écrit les premières chroniques qui sont aujourd’hui sur ce blog. Je pense que cela m’a donné la possibilité de faire des choix différents pour ma vie professionnelle future, des choix que je n’aurais pas pu faire sans cette rupture.

Vos hommes ont-ils eu cette chance depuis le début de leurs vies professionnelles?

Et si c’était pour eux le moment de la saisir? Le moment pour eux de quitter leur entreprise, prendre le risque d’y perdre quelques plumes pour mieux choisir la suite de leur carrière?

Je trouve que nous avons de la chance, nous, les femmes… sachons en tirer le meilleur.

PS: mon propos est assez généraliste, il y a des exceptions dans tous les « modèles », hein?

13 Comments

  1. Mais clair ! Qu’est ce que je suis contente d’être une femme. Mon mari m’envie souvent et s’il pouvait aimerait etre père au foyer même ! Enfin il me dit cela sur le coup mais après il se reprend: en fiat je sais pas trop quand même..;-) Mais en effet il rêve de passer plus de temps avec ses enfants et me jalouse pas mal sur ce point !

    Pap’s aurait même aimé pouvoir être enceinte 🙂

  2. Oui, c’est ce que je me disais encore il y a quelques jours. c’est ma deuxième grossesse, j’ai été arrêtée très tôt pour M.A.P et je vais ensuite prendre 6 mois de congé parental. Ce qui fera une rupture de 15 mois avec mon travail. Cette rupture me permet de regarder ma vie sous un angle très différents, réfléchir, prendre le temps et élaborer de nouveaux projets. C’est une chance assez inespérée. Et les hommes ont-ils cette occasion? Non, beaucoup plus rarement, c’est sûr.

    Quand ils l’ont, on ne leur renvoie pas souvent l’idée que c’est une chance pour eux…

  3. Je suis bien contente de lire ça. Je trouve aussi que c’est une très belle chance de pouvoir mettre sa carrière entre parenthèses et d’avoir le temps de la repenser.
    Techniquement les hommes peuvent le faire aussi, mais je ne sais pas si ça n’affecte pas d’avantage leur retour à l’emploi ?

    Si, surement, malheureusement

  4. Ce texte, c’est un hymne à l’amour 😉

    merci Chifka, et si tu veux publier le mail que tu m’as fait suivre, ce sera avec plaisir, il est magnifique 🙂

  5. En fait, tous les hommes pourraient prendre un congé parental, mais ce n’est pas dans les moeurs. Pour la naissance de notre 1er enfant, j’ai pris un congé parental jusqu’aux 6 mois du petit, et derrière mon mari s’est retrouvé au chômage et a pu profiter de lui quelques mois pendant que je travaillais. Ces parenthèses nous ont fait un bien fou à l’un et à l’autre. Et on essaiera de trouver ce type d’arrangement pour es autres enfants.
    Maintenant, il faudrait aussi que les entreprises arrêtent de penser que quand on part à 18h, on fait pas son taff. Et si je me prends des réflexions, mon mari en prend lui 2 fois plus.

    J’aime bien ce terme de parenthèse

  6. Je serais plus nuancée pour ma part.
    Sans regretter le choix des 1, 2, 3, 4 enfants, sans regretter les congés maternité qui sont allés de pair, le travail à temps partiel, pour moi, professionnellement, les conséquences ont été phénoménales : placard, perte de missions phares, licenciement…
    Je ne me trouve pas très chanceuse dans l’affaire, car vivre dans l’angoisse que j’ai connue pendant de long mois, à savoir comment faire garder ses enfants, où j’allais devoir bosser, selon quelles modalités, ça use sérieusement le moral.
    Pouvoir profiter de ses enfants c’est bien. Quand les soucis liés au boulot parasitent les nuits en plus du reste, je ne crois pas que ça soit une si bonne chose.
    Pour finir je rajouterai que mon mari n’a jamais « osé » demander le temps partiel de droit à la naissance des kids, « parce qu’il aurait été mal vu », parce que pour lui, on lui aurait refusé. Il n’a jamais voulu le demander donc. Les sacrifices, c’est toujours les mêmes qui les consentent, parce que socialement, historiquement, ce sont les femmes qui donnent naissance, qui élèvent les enfants.
    La chance, elle peut aussi se partager entre les parents. Preuve en est que les papas aussi peuvent se mettre en congé parental. Mais c’est souvent beaucoup moins intéressant financièrement pour les papas car leur rémunération est substantiellement différente de celle des mamans. Et quand bien même : très souvent les papas refusent inconsciemment une baisse de salaire qui pourrait, par un jeu mathématique, les rendre moins puissants financièrement dans le couple, voire à un niveau de rémunération plus bas que leur compagne. Grands Dieux : un homme qui se ferait entretenir par sa femme ? Mais c’est impensable.

    Alors non, ça n’est pas une chance : c’est un choix, dont le tribut est parfois très lourd.

    C’est pour ça que mon propos reste très général, et que certaines y ont laissé beaucoup plus de plumes que d’autres. Mais autour de moi, des hommes entre 40 et 50 ont vraiment besoin de prendre du recul par rapport à leurs entreprises, changer d’orientation, choisir plutôt que subir, alors qu’un congé parental leur aurait permis probablement de faire cette remise en question plus tôt.

  7. J’ai aussi cette chance, et aujourd’hui tous les deux, on projette de changer de vie radicalement pour que lui aussi puisse mieux profiter de la vie, des enfants, et de tout le reste.

    JE vous envoie des tonnes de courage pour un projet comme celui-là, ayez confiance en vous, hein!

  8. C’est souvent une chance d’être une femme, et je suis assez d’accord avec le contenu de ton article.
    J’ajoute quand même que j’ai connu des couples où c’est le mari qui s’arrêtait quelques mois (ou années) pour s’occuper des enfants (si, si ça existe !).
    Et nous, on a décidé en famille (parents et enfants) de faire un break de plusieurs mois tous ensemble pour partir faire le tour du monde…et c’était génial ! Non, non, on n’est pas riches et c’est pourtant possible !

    Géniallllll, et merci d’avoir partagé cette aventure sur ton blog! quelle belle aventure!!

  9. Tout a fait d’accord, mais comme on ne vit pas dans un monde ideal, pour moi mes 2 conges adoption/maternites (6 semaines chacun seulement- Je ne vis pas dans un pays aussi socialement avance que la France-) m’ont ouvert tout droit la porte du placard, quasiment bloque mon salaire; et ce n’est que maintenant (4 ans plus tard) que je commence a voir le jour. Ratraperais-je jamais ces 4 annees? J’en doute fort.
    Ceci dit, tant qu’a etre dans un placard, si j’avais pu prendre plus de temps a l’arrivee de mes filles, je l’aurais volontier fais.
    Alors chanceuse? Certe, mais avec un prix a payer.

    Oui il y a un prix à payer, nos cultures ont du mal à évoluer, mais tu connais ma tendance à considérer le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide 🙂

  10. avec l’accord de son auteur ;-), voilà l’avis de mon conjoint sur ton article :

    « marrant, ça change de ce qu’on lit en général 🙂
    ça montre au moins de l’indépendance d’esprit de la part de l’auteure; respect.

    et puis ça me fait plaisir de lire qu’un mec
    qui n’est pas en congé paternité n’est pas forcément un gros veinard qui se la coule douce 🙂 »

    Merci:)))

  11. Ping : Busy Mum

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