La chaussette

Dans les problèmes, certes dérisoires par rapport à tant d’autres, inhérents à la logistique d’une famille nombreuse se trouve la gestion des chaussettes. On imagine facilement que le nombre de paires de chaussettes en circulation dans la famille est proportionnel au nombre de personnes qui la constitue.

On conçoit aussi assez aisément la confusion possible entre 2 paires de chaussettes de pointure quasi-identique, sachant que les fabricants de chaussettes fabriquent un produit qui couvre 3 pointures de pied. Non pas que la paire de chaussette puisse durer 2 ou 3 ans, mais dans notre cas, cela lui permet de passer d’une armoire à l’autre sans réels dégâts.

Les mêmes fabricants ou revendeurs de chaussettes ont même imaginé les vendre par lots, ce qui permet de reconstituer une paire de chaussettes lorsque l’une d’elle est trouée et finit à la poubelle.Je ne suis malheureusement plus à une génération où je reprise les chaussettes, au grand dam de ma belle-mère qui persiste à vouloir allonger leur durée de vie en les raccommodant avec amour : elle place l’œuf en bois au fond de la chaussette, chausse son dé de couturière et cherche la couleur de fil la plus proche de la couleur délavée de la chaussette, sa couleur d’origine ayant disparu depuis longtemps.

Ces considérations étant posées, il est un mystère que j’essaie de résoudre depuis de nombreuses années, et qui reste cependant non élucidé. Je l’ai appelé le mystère de la chaussette orpheline, d’autres l’appellent la chaussette divorcée, d’autres encore la veuve.

Comment est-il possible qu’il y ait au fond de mon panier à linge propre un certain nombre de chaussettes dont l’identique reste introuvable, après une disparition inexpliquée et inexplicable… oui, nous avons vidé tout le panier à linge sale, oui nous avons vérifié sous les lits, derrière les lits, sous les bureaux, au fond des chaussures. Oui j’ai vérifié derrière le lave-linge, derrière de sèche-linge, et entre les 2. Il est même arrivé que j’en retrouve dans les replis d’une housse de couette à la sortie du sèche-linge.

Alors je m’accorde plusieurs jours et donc plusieurs lessives, voire même plusieurs séances de « ménage à fond » en espérant toujours voire mes divorcées retrouver leur moitié. J’ai même tenté de partager ce douloureux problème avec mon entourage. J’ai renoncé au filet spécial chaussettes dans le lave-linge, trop compliqué à gérer au quotidien ; Je manipule déjà 15 kgs de linge par jour, et me refuse à devoir l’emballer puis le déballer.

J’ai essayé également la vérification systématique avant lavage : Aucune chaussette ne doit pénétrer dans le lave-linge sans sa moitié.
J’ai vérifié encore ce matin, il me reste une quinzaine d’orphelines au fond. Est-ce donc sans espoir ? Dans les périodes les plus mauvaises, il m’est arrivé d’en avoir 25 : ne nous méprenons pas, je n’ai pas retrouvé les moitiés, j’ai juste fini par jeter le solde d’orphelines.

J’ai proposé à mes enfants de lancer une nouvelle mode : le port de la paire de chaussettes dépareillée, qui résoudrait ce problème de l’orpheline, et celui de l’assortiment systématique des chaussettes qui prend un temps non négligeable. Je leur ai expliqué combien il était parfois important de savoir se démarquer des autres, et l’enjeu finalement faible d’une telle proposition, les chaussettes étant la plupart du temps camouflées par les pantalons. J’imagine également une autre solution qui consisterait à ne plus trier les chaussettes du tout, mais à les mettre toutes dans un panier dans lequel les enfants viendraient piocher en fonction de leurs besoins…

Mais si une bonne âme voulait m’aider à élucider ce mystère, c’est évidemment cette solution là que je choisirais, parce qu’en toute sincérité, mon esprit rationnel ne comprend pas comment cette disparition de chaussettes dans un espace clos est possible.

10 réflexions au sujet de « La chaussette »

  1. Les chaussettes orphelines font de chouettes marionnettes avec des boutons pour les yeux un peu de laine pour les cheveux et un petit morceau de tissu rouge pour la bouche voire la langue. Et hop un atelier du mercredi

  2. içi aussi les chaussettes orphelines on connait bien donc, panière à chaussettes dans la lingerie et chacun prend selon son humeur et envie meme dépareillées.

  3. ici j’ai une « etagere a chaussettes orphelines » ou triées par couleur, et par taille elles attendent sagement de retrouver leurs moitiés…autant vous dire que cette étagere est bien remplie !!

  4. Ping : Avant, ce n’est pas l’avent, mais après? | 8 à la maison

  5. Bonjour. Alors la solution va surement vous faire rager tant elle est évidente mais pour avoir 2 chaussettes à l’arrivée, il faut 2 chaussettes au départ. Et c’est là tout le problème avec un gros tas de linge de personnes diverses :)

  6. Le syndrome de la chaussette orpheline est une conscéquence identifiable de la loi de Murphy (dite de l’emmerdement maximum).
    Il existe cependant une solution rationnelle pour s’en prémunir :
    Adopter, si besoin après un vote, un modèle de chaussette unique.
    Ainsi, même avec des tailles différentes, le dépareillement est moins sensible, et les singlettes ont une opportunité de mariage plus large.
    En fonction du nombre de pieds concernés, on peut élargir à 2 modèles, histoire de céder aux sirènes de la mode. Mais dans ce dernier cas, les protagonistes doivent se préparer à porter une chaussette de chaque modèle, car la loi de Murphy ne souffre pas d’exception.

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