#J45 Dans la file d’attente…

Alors, comment on va à J45? Combien sur une échelle de 1 à 10? Je dirais 7 ou 8. Bonne santé, bon appétit, sommeil pourri, plutôt bien occupée.

Ma sortie hebdomadaire, c’est le supermarché. Si vous me connaissez depuis 10 ans, vous savez que ce n’est pas mon sport favori. En cliquant , je vous propose un retour en arrière, pour vous mettre dans l’ambiance (Voix de fumeuse et humeur de dogue en extra).

Je sais faire des Drive avec une livraison à 3 jours. Plus, je ne sais pas faire, comme c’est le cas en ce moment. Et puis, en vrai, c’est quand même une vraie expérience en ce moment.

J’ai tenté plusieurs horaires, plusieurs lieux. Entre ceux qui sont assez mal approvisionnés et ceux où les gestes barrière sont plus qu’aléatoirement respectés, j’ai finalement trouvé un supermarché dans lequel je me sens en sécurité, où les rayons sont bien approvisionnés.

Hier, j’ai expérimenté d’arriver 20 minutes avant l’ouverture: 8h40 (entre 8h15 et 9h, c’est réservé aux personnes âgées). J’avais ma liste, ma pièce pour le caddie, mes 6 sacs, mon gel hydro, mon masque. Et ma carte bleue.(ça vous est déjà arrivé d’oublier votre carte bleue et de vous en rendre compte une fois passée à la caisse avec un caddie blindé? Moi oui).

Je suis à la place 23 ou 24 dans la queue extérieure, et J., mon coach téléphonique, me tient compagnie. Tout va bien.

La file d’attente est au soleil. Bon point à cette heure matinale. Mais seulement entre la place 15 et 30. Avant, c’est à l’ombre et dans un courant d’air. Après, c’est à l’ombre et près des poubelles.

A la place 28 ou 29, il y avait une dame avec un masque, des gants, et une visière. Hyper équipée. Je me suis demandé pourquoi elle portait les 2: masque + visière. Quand il s’est mis à tomber 3 gouttes, j’ai eu ma réponse: elle a relevé sa visière pour la mettre à l’horizontal.

J’ai remarqué qu’il y avait autant d’hommes que de femmes. J’avais dans l’idée que les femmes faisaient plus les courses que les hommes. Effet du confinement? Il y a celle qui s’est mis sur leur 31 pour la sortie hebdo, celui qui porte chaussettes et tongs, celle qui fait la queue pendant que Mr reste dans la voiture, celle qui abandonne au bout de 15 minutes d’attente, celui qui met son caddie dans la file et part attendre dans sa voiture.

De la place 1 à 25, on attend le long de la vitrine du supermarché. Le terrain est en pente. Pente faible de 15-20°. Suffisante pour que le caddie dérape si tu ne le tiens pas. Il y a ceux qui s’accoudent dessus pour le retenir. Ceux qui le mettent face à la pente, ou dos à la pente en cherchant le point d’équilibre. Celle qui laisse partir son caddie dans la pente… Jusqu’à ce qu’il soit récupéré par un monsieur du magasin qui veut le ranger, alors elle file pour le rattraper en demandant haut et fort qu’on lui garde sa place dans la file. Moi je cherche la pédale de frein, comme lorsque je manipulais les poussettes des enfants.

On entre 10 par 10. Mais pas vraiment. Parce que les personnes âgées sont prioritaires, et hier, il y en a plein qui avaient raté leur créneau réservé. En même temps, aller faire ses courses à 8h15 quand on a rien d’autre à faire de la journée, faut être motivé. Mais ça fausse mes prévisions de calcul de mon heure prévisionnelle d’entrée dans le supermarché. Alors je recalcule. ça m’occupe. Mon coach téléphonique tient le choc en écoutant mon analyse. Il me demande ce que j’ai bu ce matin.

Sur le parking, il y a beaucoup de Peugeot. Je les compte. Puis les Citroen, les DS, et les Opel. Est-ce que le nombre de véhicules PSA garés sur ce parking est cohérent avec la part de marché des marques en France? Ça doit être l’effet chômage technique. C’est grave Docteur?

Je suis à la place 2. J’étais à la place 9, et je suis maintenant à la place 2. Parce que 3 personnes prioritaires sont passées. Grosse frustration. J’attends 20 minutes de plus, et là, c’est le Graal. J’y suis. J’éprouve une forme de joie et d’excitation que jamais je n’aurais pensé ressentir en allant remplir un caddie.

Analyser la sociologie des clients d’un supermarché, un jeudi matin, dans une file d’attente d’un peu plus d’1 heure.

En me relisant, je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer.

ça ira mieux demain. Ou après-demain.

Prenez soin de vous, chez vous.

6 Comments

  1. Très Boone description comme d’hab.
    je n’aurais jamais cru qu’un primeur et un boucher sans queue ce matin me mettrait autant en joie. Je t’admire de faire la queue pendant une heure. Moi je renonce. C’est l’avantage de n’être que 3: un mega plein toutes les 3 semaines, le reste chez la supérette locale qui a instauré un drive avec des créneaux dans la journée.
    Bon courage

    1. Je me dis que ça va aller vite, et puis une fois que j’ai attendu je me dis que j’y suis presque, et comme je suis au téléphone, ça passe plus vite.
      Mais on m’aurait dit il y a 6 semaines que je ferais la queue une heure pour aller remplir un caddie, j’aurais ri!

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