Faciliter leur quotidien

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Quand je discute avec d’autres parents, quand je lis des billets de blogs, quand j’entends les confidences des unes et des autres, je suis un peu affolée de tout ce qu’on demande à nos enfants, pour en faire un jour des adultes autonomes, qui prendront leur envol plutôt que de rester collés à nos basques jusqu’à 30 ans.

Grandir, quand on est un enfant, ça veut dire, en vrac:

–  Se lever avec l’alarme de sa montre dès qu’on en a une,

–  Se brosser les dents tout seul grâce à la brosse à dents électrique,

– Prendre une douche tout seul plutôt qu’un bain qui lave tout seul quand on marine dedans 30 minutes pour gagner du temps économiser de l’eau,

– Mettre ses vêtements dans le panier à linge sale dès qu’on a 3 ans pour prendre très vite de bonnes habitudes,

– Participer aux services de la maison en profitant de ce qu’à 2 ans, nos enfants aiment imiter Mam’s. Plus tard ils râlent, mais c’est pédagogique.

– Faire 2 ou 3 activités par semaine, pour s’épanouir en plus des 35 heures à l’école, des devoirs etc. Pour leur ouvrir l’esprit et développer de nouveaux talents, pour qu’ils se défoulent.

– Manger des légumes verts parce que c’est plein de vitamines, surtout les épinards en branche, et puis ça forge le goût. Il faut manger de tout, hein?

– Etre à l’heure à tous les rendez-vous, les cours, les repas. Par respect pour ceux qui attendent en face. C’est éducatif.

La liste pourrait s’allonger, s’allonger, s’allonger.

Bien entendu, je fais tout cela. Parce que cela les aide à grandir, et c’est un peu mon objectif quand même. Et parce que derrière certaines contraintes, ça permet de transmettre quelques valeurs et quelques principes.

Mais au fond de moi, je pense que c’est lourd, tout ça. Quand je pense aux nombres de consignes, injonctions, tâches que les enfants reçoivent et éxécutent par jour…

Je me suis demandé comment faire pour alléger cela, sans lâcher pour autant sur leur éducation et les bons principes des familles que j’essaie de leur transmettre.

Depuis quelques temps, j’ai décidé de leur faciliter le quotidien, pour essayer de le rendre plus fluide. Pour qu’ils s’attachent à ce qui fait l’essentiel de leur vie à leurs âges. Chacun a un essentiel différent et adapté. Je m’y adapte aussi.

Oui je peux vider un lave-vaisselle à la place de celui qui est de service, pour lui permettre de finir la lecture de sa BD.

Oui je peux ramasser du linge qui traîne sans hurler à qui veut bien l’entendre que j’en ai marre de le faire à leur place et que jamais ils ne trouveront une femme/un homme qui acceptera de partager leur vie

Oui je peux prévoir un bon dessert quand je sais que la journée à été rude: 2 heures de SVT, 3 heures de physique, 2 heures de maths… ça mérite bien une bonne mousse au citron pour finir la journée, c’est plus glamour qu’un yaourt nature

Oui je peux prêter mon vélo en attendant qu’un vélo crevé soit réparé, sans imposer une réparation immédiate, parce que ça rend les choses plus simples.

Oui je peux laver et faire sécher un pantalon dans la journée, parce qu’un enfant a oublié de le mettre au sale et que le sport… c’est demain.

Oui je peux faire tout cela pour faciliter le quotidien, sans lâcher sur ce qui me semble important. Et sans le leur dire. Ce ne sont pas des buses, ils s’en rendront compte. Ou pas. Ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte pour moi c’est d’etre attentive au bien-être de chacun, de ne pas trop charger la mule qui l’est déjà bien assez comme ça, et de fluidifier leur vie quotidienne, à chacun d’entre eux. Sans contrepartie.

La contrepartie, elle vient toute seule. Moins de stress (il y en a suffisamment comme ça), l’impression de donner à chacun du temps pour respirer, pour éviter les grains de sable dans les rouages, les trop-pleins qu’on fait peser sur les épaules. Pour éviter les heurts, les frustrations, les conflits. Ils en vivent assez dans la cour de l’école ou ailleurs.

Bon, si les enfants lisent ce billet je suis grillée… mais ça ne m’empêchera pas de continuer.

26 Comments

  1. Merci pour ce billet qui remet les pendules à l’heure. Une bonne piqure de rappel parce qu’en effet on stresse trop nos enfants et que la société s’en charge pourtant déjà bien assez. Merci. Demain je vais y repenser promis!!!
    Une maman de 3 puces qui rame en ce moment et qui a bien besoin des conseils d’une maman organisée/rodée comme vous.

  2. Je suis entièrement d’accord avec toi, meme si les miens sont plus petits et que du coup, le lave vaisselle cest quand même moi ou le chewi qui nous en occupons 🙂 j’essaie de leur laisser leur temps, le plus souvent possible, sans toutefois tout faire tout le temps.

    Syndrome pré menstruel ou grosse fatigue, j’en suis depuis quelques jours à me demander qui me rend mon quotiden plus léger. Parce que là, c’est lourd.

    Ça passera hein…

  3. C’est marrant parce que je fais la même chose depuis quelques temps. Enfin pas tout le temps non plus !
    Pour moi, c’est venu en essayant de suivre la méthode Flylady pour réussir à tenir un ménage correct dans la maison. Bon, le ménage, c’est pas ok mais y’a du mieux et puis ca, ca évite les cris et du coup, je trouve cela bien plus bienveillant !

  4. Merci pour ce billet ! Mais je le continuerai avec les injonctions faites aux mères, qui ne sont pas mal non plus, non ? Que ne fait-on pas pour charger sans cesse cette mule-là ? Je suis très partagée entre ne pas trop charger les petites mules et faire en sorte que la grande mule ne plie pas sous le poids du fardeau…

        1. Je me suis fait la même remarque en lisant ton post : ça te fait plus de boulot. Et puis, j’ai pensé à mon expérience. C’est vrai que je ne charge pas trop la mule de ma lycéenne qui se lève à 6h, a 6 jours de cours, rentre quelquefois à 19h, parce que justement c’est un peu lourd. Par contre, elle est bonne élève et gère ses devoirs seule et planifie son travail pour ne pas être débordée. Et surtout, dès que je lui demande un coup de main dans les taches ménagères parce que je rentre tard, elle ne rechigne jamais. Quant à la plus petite, elle aide aussi à sa manière et toujours avec le sourire.
          Alors, peut-être que je sacrifie aux grands principes mais du coup, j’ai l’impression aussi que je leur inculque la solidarité.

  5. Les miens sont encore petits mais j’ai l’impression que toutes ces injonctions les fatiguent eux mais moi aussi. C’est plus agréable finalement d’habiller par exemple mon 4 ans et de discuter en même temps que de me battre pour qu’il le fasse tout seul.
    J’adore vos billets qui recadrent souvent les choses en douceur. Merci !

  6. J’ai eu peur en lisant le début de ton billet qu’il ne continue sur le mode « faut pas trop leur en demander », parce que ce que tu mentionnes, on essaie de s’y tenir ici aussi en grosse partie.
    J’ai continué ma lecture, et j’ai bien fait. On est d’accord 🙂

  7. Ton billet fleurt bon la fin de l’année et ces bonnes résolutions…………..
    Après une année compliquée, nous avons décidé que la soirée de la saint sylvestre servirai à remettre les pendules à l’heure et à établir de bonnes bases pour 2015. Nous avons décliné les invitations au grand désespoir de notre ado et à la grande surprise des plus jeunes.
    2014 a été ecorchée par le stress, les problèmes de santé, la différence de chouchou qui a pris de plus en plus de place au détriment de l’équilibre famillial… Alors 2015 sera unité familliale, entraide, soutien, autonomie et retour à l’essentiel pour tout le monde.
    Combien de temps ça dure les bonnes résolutions??? 😉

  8. Je suis d’accord avec toi.
    Bien sûr qu’il faut les éduquer, bien sûr qu’il faut leurs donner tout de suite les bonnes habitudes. Mais de temps en temps, leur apprendre aussi la douceur, la générosité, le truc qu’on fait alors qu’on « devrait » pas, parce que c’est aussi de l’amour … ça fait du bien, ça leur donne un exemple aussi à suivre je pense. Et plutôt que de finir les journées les dents serrées, ça détend tout le monde d’un coup.
    Parce ça nous fait du bien à nous aussi, d’être maman et pas uniquement mère

  9. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Le premier travail d’un enfant est de grandir. Sous prétexte d’éducation, on leur en demande beaucoup. Beaucoup trop ! Ma Doudou n’a qu’1 an, alors pour le moment ça va. Mais plus tard, quand je serais grande, je veux être comme toi 😉 Une maman qui éduque, mais qui prend soin aussi. Et en prenant soin d’eux, on les éduque aussi. On leur apprend à être attentif aux autres, à deviner les besoins de chacun. Et à dire merci. Parce que si tes enfants remarquent tes petites attentions, ils te diront merci. Enfin, s’ils sont bien éduqués ! A prendre avec humour cette dernière boutade 😉

  10. Et bien , ma maman pensait et faisait la même chose …..elle aurait 103 ans ! Il y avait des règles de bien vivre , à la maison ,des tâches qui nous revenaient , mais elle voyait ce qui venait en trop , compte tenu du temps à parcourir , à pied , les longues distances qui nous menaient de la maison au lycée , les devoirs , les révisions . ….
    Je l’ai remerciée de tout cet amour …

  11. on m’a souvent dit que j’étais une maman poule , on m’a aussi reproché mon indulgence face à mes enfants quand , en fin de journée , constatant leur fatigue , je les secondais dans les tâches matérielles qui leur étaient attribuées et alors ? J’en éprouvais autant de satisfaction qu’eux et je savais être exigeante quand il le fallait . Etre cool , soutenir , aider , aimer , ce sont les atouts des mamans … et des mamies 🙂

  12. Il tombe bien ce billet ! Hier je discutais avec Sweety d’un réaménagement de mon 4/5 ème, retravailler le mercredi et répartir sur la semaine le 4/5ème en fin de journée, pour moins presser les petits. Résultat, on va plutôt mettre la petite dernière en crèche le mercredi afin que je fasse un break au moins le matin, histoire de crier moins le soir quand je suis avec eux, parce que vraiment tout cela me pose problème … et pour eux ça n’est pas forcément plus amusant… Merci pour ce billet donc qui alimente ma réflexion. Je t’embrasse Cécile !

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