Etre en deuil, tout simplement

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Etre assommée.

Comme chacun. Comme tous.

Perdre sa faculté de réfléchir, de se concentrer. Voir des images, lire des articles, entendre des témoignages.

Faire mieux connaissance avec Cabu, Charb, Wolinski et les autres, ces héros d’aujourd’hui qui pourtant ne faisaient pas partie de mon quotidien. Je ne pense pas avoir jamais acheté Charlie Hebdo. Pour autant ils font partie de ces figures emblématiques de mon pays. Comme certains écrivains, musiciens, stars de ciné, héros historiques.

Essayer de trouver des mots pour un billet de rentrée, et ne pas réussir. Impossible de penser à autre chose, de trouver des mots légers, de relativiser, de voir le verre à moitié plein. Il n’est que vide.

Avoir très fort la conscience qu’à partir d’un moment précis, ce sera différent. Il y aura eu un avant, et il y a un maintenant.

Il y aura aussi un demain, dont je ne sais pas très bien à quoi il ressemblera.

Essayer de me souvenir si d’autres événements avaient pu un jour m’assommer ainsi.

La dernière fois, c’était le 11 mars 2004. Se sentir infiniment triste, ne pas réussir à centrer ses pensées sur autre chose, revivre les événements en boucle dans sa mémoire. Pour les ancrer, pour ne pas oublier.

Et chercher du sens.

Chercher du sens à ce qui n’en a pas. Chercher à poser des raisonnements rationnels pour expliquer l’irrationnel.

Etre en deuil, tout simplement.

A lire ou à relire

4 Comments

  1. C’est exactement le terme que j’utilise. Je ne suis sans doute pas Charlie car ils m’ont souvent beaucoup choquée dans mon sentiment de chrétienne et pourtant je suis en deuil de chacune des personnes tuées, et de l’attaque faite à la France par ce geste.

  2. Faisons en sorte de n’oublier AUCUNE des victimes héroïques de ce mercredi 7 Janvier, qu’elle soit célèbre et connue (dessinateurs, chroniqueur…) ou non (policier, salarié …) .
    Et restons unis sans polémique.

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