Ce que je ne ferai plus jamais

J’ai pris quelques grandes décisions! C’est peut-être le signe d’une forme de maturité, même si je continue à faire des blagues pourries de nullité. Enfin c’est surtout parce que les enfants grandissent.

Il y a pas mal de choses que j’ai faites tant qu’ils étaient petits. Petits et moyens. La pédagogie de l’exemple, faites ce que je dis et donc je le fais aussi. C’est pour votre bien mes chéris.

Il y a pas mal de choses que j’ai faites parce qu’ils étaient petits. Et ils ont sacrément gagné en autonomie (oufffffff) Maintenant ils sont grands donc ils peuvent le faire sans moi, ou avec moi.

Il y a aussi tout ce que je peux faire maintenant et que je ne faisais pas tant qu’ils étaient petits ou parce qu’ils étaient petits, j’en ferai aussi un billet un jour.

Alors, rentrons dans le vif du sujet:

Je ne mangerai plus de haricots verts. Je n’aime pas les haricots verts, je n’ai jamais aimé les haricots verts. Frais, surgelés, en boîte, avec de l’ail, noyés dans la sauce tomate. N’essayez pas de me convaincre, d’autres s’y sont essayés avant. J’en ai mangé pendant 20 ans avec les enfants. Maintenant c’est terminé.

Les haricots verts, c’est terminé.

C’est vrai aussi pour les petits pois carottes.

Mais mon éducation me conduira à les manger si je suis invitée. Avec le sourire.

Je n’irai plus remplir un caddie de supermarché seule. Je l’ai fait pendant 20 ans, très souvent, trop souvent. Je n’aime pas les supermarchés, et les hypermarchés me collent des crises d’angoisse. Mais, pendant longtemps, emmener les enfants remplir un caddie était plus éprouvant que d’y aller seule. Cette période là est révolue, c’est vraiment plus sympa d’y aller avec l’un ou l’autre des enfants. Qui porte les sacs, les charge et les décharge. Qui sait maintenant que je trie le frais du non périssable pour gagner du temps au moment du rangement. Qui me fait essayer de nouvelles recettes, et à qui je fais toujours la blague d’offrir la pièce du caddie alors que c’est un jeton.

Le supermarché seule, c’est terminé.

Je ne partagerai plus mon dentifrice avec celui des Kids. Le luxe d’avoir ma propre salle de bain (salle de bain propre, ça marche aussi) m’assure d’utiliser un dentifrice rebouché (fini le petit morceau tout dur et desséché), dans un tube qui traverse les semaines sans risque pour son intégrité physique.

Le dentifrice dézingué, c’est terminé.

Je ne ferai plus les valises des Kids pour partir en vacances. Pendant longtemps, je les faisais, histoire d’optimiser l’espace et d’éviter d’emporter toute la maison pour 4 saisons. Après, j’ai utilisé la méthode du post-it pour chacun avec sa liste, et je vérifiais avant fermeture de la valise, en négociant le retrait des 11 barbies, 2,5kgs de légos, et des 6 doudous. La conséquence, c’est que je faisais toujours ma valise à la dernière minute, après en avoir fait 7. Donc, en oubliant systématiquement un truc crucial, comme mon maillot de bain. Indispensable en Bretagne. Maintenant, it’s over! Une brosse à dents, un slip, et leur dentifrice, c’est le basique. Ils sont pros de la valise, et s’ils oublient quelque chose, moi, je n’oublie plus rien, pour moi.

Les valises, c’est terminé.

Me lever plus tôt et partir en retard pour m’assurer que tout le monde est levé et a bien avalé ses 3 tartines beurrées, c’est terminé. J’ai adoré venir les réveiller le matin, ça sentait le doux et leurs bras s’entortillaient autour de mon cou. J’ai pris un malin plaisir à partager leur petit-dej, à mettre 6 chocolats chauds au micro-ondes et à mettre du miel sur 15 tartines qu’ils croquaient avec appétit en finissant leur dernier rêve. Partager un bout de trajet pour l’école ou le collège, leur laisser une marque de rouge à lèvres sur la joue en volant un bisou, c’était chouette. Réveiller un ado, c’est un autre sport. En tenant compte que les emplois du temps changent comme la météo et que réveiller un ado pour un cours à 8h00 alors qu’il ne commence qu’à 9h00 c’est risquer le skud dès 7h30 (on notera que je réveille à 7h30 un ado qui doit partir en cours à 7h45, parce que plus tôt, c’est criminel). Mais que pour un autre, c’est à 7h10 qu’il faut le réveiller parce qu’il lui faut beaucoup plus de temps. Et si j’ai 5 minutes de retard, je provoque un vent de panique et toute l’effervescence communicative qui va avec. Pour ce qui est du petit-déjeuner c’est l’autonomie qui prime (traduire: chacun pour soi et le dernier débarrasse). Donc le petit déjeuner Ricoré, c’est terminé. Je prône l’autonomie du début de journée (chacun pour soi, et s’il le faut je signerai un billet de retard)

Le lever et petit déjeuner Ricoré pendant l’année, c’est terminé.

Et puis il y a toutes ces petites choses que je continuerai à faire, même s’ils sont grands. Mais ça, j’en ai déjà parlé .

Et vous, qu’est-ce que vous ne ferez plus jamais?

23 Comments

  1. Bonjour,
    Bienvenue dans votre « nouvelle vie » ^^
    Avec un bébé, ces petites choses dont vous parlez, viennent juste de commencer pour moi… Ou alors je ne vais pas tarder à les découvrir 🙂
    EM.

  2. Résolution prise hier : ne plus frotter les chaussettes sales (forcément, à se balader dans la maison, garage compris, en chaussette, ça finit pas se voir), j’ai donc collé mes ados devant l’évier avec un savon de Marseille et une montagne de chaussettes et… ça marche !
    Faire une course de dernière minute pour le dîner : maintenant, je lance à la cantonade (« qui va acheter du beurre/une tomate/du gruyère) pour ma recette, tout de suite ?» et l’un de mes ventres-sur-pattes saute sur son vélo pour foncer vers l’hypermarché (à 10 minutes)
    Passer l’aspirateur dans leurs chambres (ça m’énerve beaucoup trop de voir leur bazar)
    Pff, je trouve que ça ne fait pas beaucoup, parce que je sais que je vais continuer à : vérifier que tous se sont bien levés à l’heure le matin, faire réciter les leçons si on me le demande (rare), aller aux RV parents-profs même si ça ne sert à rien, rappeler à mon aîné (22 ans !) de se laver les dents, m’inquiéter dès que l’un ou l’autre a du retard, leur rappeler de : prendre RV chez le médecin/remplir un dossier d’inscription/préparer leur sac/mettre leur linge au sale/mettre des gants-écharpe-bonnet, attendre que les grands soient rentrés de baby-sitting ou d’une réunion pour m’endormir…
    mais tout ça, ça ne passe jamais, n’est-ce pas ? (heu, quand ils auront quitté la maison, je ne pense pas leur téléphoner le matin pour savoir s’ils seront à l’heure au boulot, quand même)

    1. Merci pour ce commentaire!
      Les chaussettes, je n’ai jamais fait 🙂 elles sont foncées…
      La course de dernière minute, idem 🙂
      L’aspi j’aurais pu l’ajouter oui

      Rester éveillée le temps qu’ils rentrent… je ne fais plus, mais ils m’envoient un sms, comme ça, en cas d’insomnie, je sais qu’ils sont rentrés.

      Oui pour le reste, j’ai encore un petit rôle à jouer mais quand même c’est sacrément light, non?

      1. Ah, et aussi : ne plus me préoccuper de ce qu’ils vont pouvoir manger si je sors le soir ou si je m’absente dans la journée ! Quand ils étaient bébés, lorsqu’il m’est arrivé de sortir, je préparais tout : repas, changes… même si mon mari restait. Je culpabilisais de prendre du temps pour moi, en fait… ça c’est bien fini !
        Les chaussettes, c’était désespéré : la crasse les maintenait rigides !

  3. Tu es trop gentille d’avoir fait tout cela aussi longtemps ! Mon aînée a 12 ans et cela fait belle lurette que je ne m’occupe plus de sa valise. J’ambitionne de faire encore mieux pour nos 3e et 4e… mais bon, à 4 et 2 ans, c’est encore un peu juste !

  4. J’adore vous lire!
    Quel beau billet. Ça donne envie qu’ils vieillissent tout en savourant le fait que les miens sont encore un peu petits.
    Merci de prendre le temps de partager votre quotidien.

      1. Un peu en retard pour la réponse, mais vous arrivez demain au Canada. Je suis près de Québec et peu vous aider avec plaisir. Avez vous accès à mon adresse courriel? Si oui, vous pouvez m’écrire directement.

  5. Ton billet est tellement juste . Je coche les mêmes cases que toi ; mais il y en a trois dont j’avais vraiment hâte de me débarrasser : le «  j’ai fini! » hurlé depuis les toilettes et la séance d’habillage de cet de terre réfractaire, et surtout la fonction poubelle de table … maintenant limite je prie pour que les morfales me laissent un truc à manger.

  6. Après avoir bcp arrêté de faire pour mes grands avec un certain soulagement, je viens témoigner d’un étrange phénomène mental! J’explique: mon aîné a fini son master 2 jeudi dernier exactement. Le lendemain soir, l’ONG chez qui il était en stage jusqu’à la veille depuis 6 mois le rappelle: arrivée inespérée d’un financement et proposition d’une mission en république centrafricaine, départ urgent dans 3 semaines. Nous sommes ravis, heureux pour lui, fiers de la confiance qui lui est accordée sur un projet difficile sur un territoire pas très sécurisé et qui sera un très beau premier poste sur son CV.
    Je précise que mon fils a fait son master à plusieurs centaines de km de chez nous et que c’est un jeune homme tout à fait autonome en tout.
    Et voilà que mon esprit de mère poule bien caché sous des couches de maîtrise bien rationnelle a rejailli du fond de son trou. Et voilà que je me suis dit « mais là bas, qui va veiller à ça ou ça ou ça pour lui? », « Et s’il est malade, qui va s’occuper de lui? », etc, etc.. Bon il partirait à Boston, Tokyo ou Oslo plutôt que dans un pays où la sécurité sanitaire, politique et quotidienne est vraiment limite, j’aurais surement gardé ma posture de mère contente de ne plus faire toutes ces choses du quotidien pour son grand fils adulte. Mais là, j’ai honte (bouh, la vilaine) mais j’ai même entendu une petite voix (que j’ai vite chassée tellement je ne pouvais pas croire que c’était moi) qui me disait que personne ne pouvait savoir aussi bien que moi ce dont il avait besoin, même pas lui!!
    Bon, la raison a repris ses droits et mes réactions primaires archaïques sont retournées au fin fond de mon cerveau reptilien et tout va bien. Mais comme quoi, c’est paradoxal une mère!

    1. Je comprends si bien.
      Je suis née en République centrafricaine, à Bangui. Et mon père est encore très actif là bas et s’y rend tous les 2 mois. Alors si un jour c’est nécessaire, appelle moi.
      Je t’embrasse

      1. Merci Cécile, je prends bonne note, c’est toujours rassurant de savoir que si problème il y avait, nous pourrions avoir quelques repères sur place grâce à des gens bien au fait du pays. Parce que bon, 7 à 10 mois de mission, ce n’est pas le bout du monde, mais quand même!
        Ce qui fait sourire ma mère, qui me rappelle gentiment que je suis partie 3 semaines après mon mariage, soit peu de temps après la fin de mes études, au fond de la brousse congolaise et qu’à l’époque, ni téléphone, ni internet, et quasiment pas de courrier!!

  7. Très joli billet comme d’habitude 🙂
    Tu devrais écrire plus ! plus souvent !!!
    Moi aussi je me ravis de l’autonomie grandissante de ma fille de 10 ans et demi. Et si je peux me réjouir de ce que je ne fais plus, je me réjouis aussi de ce qu’elle fait. Par exemple, c’est elle qui nous a fait les sandwichs pour le dernier voyage en voiture 🙂 Emmental/ beurre. Sec mais bon. Mais sec. Mais tellement mignon 🙂

  8. Hello Cécile,

    Nous avons cherché un formulaire de contact mais pas moyen de mettre la main dessus (pourtant ma femme a bien cherché apparemment haha). Juste pour te dire que nous t’avons inclus dans notre top 30 des mamans blogueuses (oui on adore tes articles en tant que jeunes parents..).

    L’article en question : https://www.les-matelas.fr/top-30-des-blogs-de-mamans-a-follow/

    N’hesite pas à le relayer si tu veux ça nous ferait plaisir,
    Romain et Marine.

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