Reconnaitre les signes de reconnaissance

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Je n’élève pas mes enfants pour qu’ils m’en soient reconnaissants. Je n’attends pas d’eux des remerciements et une gratitude éternelle. je fais ce que je peux pour qu’un jour ils soient des adultes autonomes, responsables, heureux, et ce sera déjà pas mal.

Pour autant, un peu de reconnaissance ne fait pas de mal, et elle est d’autant plus agréable lorsqu’elle est spontanée, et naturelle. Les enfants ne sont pas naturellement ingrats.

La reconnaissance ce n’est pas de la politesse. C’est différent. Elle s’exprime de temps en temps, souvent lorsque je m’y attends le moins.

J’aime y être attentive. Parce qu’elle fait du bien, c’est vrai, mais parce que je trouve qu’elle est aussi un signe de l’attention que portent les enfants envers les autres, et envers moi en l’occurrence. Elle n’est pas toujours facile à reconnaître, à entendre.

La reconnaissance, ce sont ces petites phrases distribuées gratuitement, souvent presque  chuchotées, comme si elles étaient parfois difficiles à exprimer. C’est aussi pour cela qu’elles sont parfois difficiles à entendre. Ce sont ces phrases qu’on aimerait reprendre par un « tu as dit quoi? », « pourquoi tu me dis ça maintenant? » alors qu’en réalité il suffit d’un sourire pour accuser réception, ou une caresse dans le cou, un bisou rapido. Parce qu’en essayant d’en savoir plus, on en coupe tout l’effet.

Ces phrases qui ne sont pas faciles à sortir, et qui, quand on les reprend, demandent à l’enfant d’en dire davantage. Et donc d’y ôter toute leur spontanéité.

Alors il faut apprendre à décoder ces signes, ces gestes, ce langage qui expriment une émotion qui n’est pas facile à formuler. Reconnaître la valeur de l’autre, reconnaître que ce qu’il m’apporte me rend heureuse, m’aide à grandir, contribue à faire de moi ce que je suis. Gratuitement, et sans rien en attendre en retour.

Je vis cela comme un vrai partage d’émotions.

Je pourrais donner plein d’exemples, parce que je les vis chaque jour ou presque, mais je les lis comme cela par la relation que je construis avec chacun des enfants, par la connaissance que j’ai de chacun d’entre eux avec sa sensibilité et ses différences. Certains jours j’essaie d’y être très attentive lorsque la reconnaissance est un booster dont j’ai besoin pour faire face, elle m’énergise. D’autres jours elle me cueille de manière inattendue et j’en profite, pleinement.

 

Les laisser dormir le matin

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Le matin, mes ados aiment dormir.

Pas tous.

Pas tout le temps.

Certains plus que d’autres.

Est-ce que c’est génétique, ou lié à la croissance, ou à leur rythme de vie, il y a sûrement un peu de tout ça. Ils sont capables de dormir jusqu’à 1 heure de l’après-midi. Au moins. Ce n’est pas de la grasse matinée, c’est de l’obèse matinée.

Quand moi j’étais ado, j’étais comme eux. Et ma mère me laissait dormir. Enfin parfois elle décidait de passer l’aspirateur dans le couloir près de ma chambre, intentionnellement ou pas, je ne sais pas. Et puis j’avais de plus jeunes frère et soeur pour qui dormir jusqu’à 8h00 relevait de l’exploit.

Chez ma copine L, c’était bien différent. A 9h30, au plus tard, sa mère déboulait, ouvrait les volets, la fenêtre pour éliminer l’odeur de chacal qui l’avait atteinte en entrant dans la chambre et déclarait haut et fort que « dormir le matin, c’est perdre du temps ».

Quand je ne bosse pas et que je n’ai pas de contraintes, je dors jusque vers 8h30. Parfois 9h00, rarement plus tard. Et parfois je me rendors après, c’est bon. Mais c’est très rare.

Quand ils n’ont pas cours et pas de contraintes le matin, je ne réveille pas mes enfants le matin. Je les lève pour le déjeuner parce que bon quand même, rater un repas, c’est quand même ballot, surtout quand j’ai fait un rôti de porc aux pruneaux.

Si je les réveille le matin, je sais ce que ça va donner. Il vont venir petit déjeuner la tête dans le sac, en grommelant des trucs inintelligibles pour qu’on leur fiche la paix, ils vont errer, puis se vautrer sur le canapé l’air hagard et le regard absent, comme s’ils portaient toute la misère du monde sur leurs épaules. Pourquoi m’imposerais-je de subir ça? Ils sont tellement mieux dans leurs lits et moi tranquille à vaquer et faire ma vie seule, ou avec ceux des enfants qui ont choisi d’être là.

Donc le matin, personne ne réveille personne. Les enfants ne me réveillent pas, et je ne les réveille pas.

Et chez vous? C’est quoi la solution?

10 ans, 10 amis

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Mazette, et dire qu’elle en avait invité 12!

Depuis que j’organise des anniversaires (âge des enfants x nombre d’années – quelques années zappées = beaucoup), je fixe un quota d’invités correspondant à l’âge de celui qui invite. Enfin ça c’est le principe. Souvent ils en invitent plus, au cas où Hugo devrait aller chez sa Mamie juste ce jour-là où que Léa soit punie parce qu’elle a dit cacaboudin dans le couloir. Et puis quand Maël a fêté son anniversaire il y a quelques mois, ils était 100. ça s’appelle le TLC: Total Loose Control.

Pour les 10 ans d’Elise, on a choisi de faire un anniversaire le plus classique possible, comme quand elle était plus petite, avec plein de petits jeux organisés, un peu préparés et beaucoup animés, et surtout très bruyants.

10 enfants de 10 ans: 5 garçons, 5 filles. La fratrie compatissante avait déserté les lieux, sauf Basile qui s’est révélé être un super animateur et s’est senti désolé de devoir m’abandonner en cours de fiesta pour d’autres activités, et Jonas qui n’a pas supporté plus de 10 minutes de bruit et a fait une apparition les doigts dans les oreilles pour le dîner. Pas simple pour s’alimenter, les doigts dans les oreilles.

Le créneau horaire: 16h30-21h00. C’était la nouveauté. Pas de goûter, quelques bonbons et jus dans l’après-midi et dîner compris. 3 parents m’ont appelée avant pour savoir si je ne m’étais pas trompée dans les horaires (je pense qu’ils m’ont trouvée soit barge, soit novice)

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Le dîner: Je m’étais renseignée avant sur les végétariens, gluten, pas de porc, PLV, IAR (Il Aime Rien).  Un grand plat de lasagnes pur boeuf, une salade verte, et Ze gâteau que j’ai eu beaucoup de mal à faire cette année. Avant de réussir, il y a eu l’indémoulable, puis le cramé. Finalement il a été mangé.

Les jeux (dans le désordre)

- Un kim mémoire: 12 objets sur un plateau à mémoriser visuellement, puis on se cache pour en retirer 1, et les enfants doivent deviner lequel. Pour le dernier tour, j’ai fait 2 équipes avec chacune un post-it sur lequel ils devaient restituer la liste de tous les objets. J’ai pu ainsi tester leur grande imagination orthographique et phonétique et je renouvelle ici l’admiration profonde que je voue aux instits. A tous.

- Le jeu de la pomme: De loin le plus drôle. Une pomme flotte dans un seau rempli de 20 cm d’eau et chaque enfant à son tour plonge sa tête dedans pour attraper la pomme serviettes éponge et plusieurs pommes. Les 20 cm d’eau c’est important puisque la seule technique efficace pour y arriver être de pousser la pomme au fond du seau avec sa bouche pour pouvoir la saisir dans sa bouche. Il est préférable d’éviter l’immersion totale, même s’ils savent nager.

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- Le jeu des ballons à crever: le plus bruyant de tous, impossible pour les personnes un peu cardiaques. Des ballons glonflés et accrochés à une ficelle tendue, les enfants les yeux bandés qui doivent claquer les ballons soit avec une épingle, soit avec des ciseaux. Pas plus de 2 enfants à la fois. A surveiller de près. Il y a aussi sa variante avec des carambars suspendus dont il faut couper la ficelle. Mais ça fait moins de bruit.

- Le jeu des chamallows: Le but du jeu est de réussir à prononcer « chumy bubby » (et pourquoi pas) de façons intelligible avec le plus de chamallows possibles dans la bouche. Prévoir 5 chamallows en moyenne par enfant. Et un crachoir. Surveiller leur respiration. Basile en a mis 9. Moi 8.

- La dance battle. 2 équipes. Bon, là on a joué les garçons contre les filles. 15′ de préparation d’une chorégraphie sur la musique de leur choix, un jury composé de Basile, Maël (en visite express) et moi. On a jugé sur l’originalité, la participation de tous, le sourire, et un peu la synchro. Les filles ont gagné, je comprends mieux ce qu’elles font pendant les TAP (temps à perdre). Chez les garçons, ils ont choisi Thriller et avaient un peu peur du clip… alors ça leur a scié les jambes sauf à celles d’un Monnwalker professionnel. Ils ont eu des points supplémentaires et des cris à te claquer les neurones quand ils ont enlevé leurs t-shirts à la fin…

- Le mime: un incontournable, il suffit soit de leur faire piocher un papier dans un chapeau avec un truc à mimer écrit et réfléchi dessus. Dans ma version impro, on leur glissait à l’oreille. Le must: leur proposer de mimer un des enfants de l’assemblée.

Et puis on a proposé à Charlotte de mimer un haltérophile. Elle l’a parfaitement mimé. Les enfants ne retrouvaient pas le mot, il a fallu un peu les aider:

- Haltéro…???

- Halterroriste? (rappelons que cet anniv a eu lieu 3 semaines après les attentats contre Charlie Hebdo)

Et puis Maxence a mimé Superman. Il a plongé par terre à plat ventre (sans se péter ses 8 incisives définitives) et est resté allongé par terre.

- Tu mimes Koulibali?

L’actualité a donc laissé des traces dans l’esprit des enfants… J’ai soigneusement évité de lancer une discussion sur le sujet. Chacun ses gosses après tout.

- Le jeu de la vache qui tâche: un must pour tous ceux qui ont fait des camps scouts, ou passer des soirées un peu arrosées. Un bouchon noirci à la bougie. Chaque personne porte un numéro et est une vache qui prononce la phrase suivante: « je suis la vache sans tâche N°1 (ou 2 ou 3, etc) et j’appelle la vache sans tâche N° 4 (ou 5 ou 6). Si la langue fourche ou qu’il manque un mot dans la phrase, l’animateur fait une tache sur le bras (sur le visage c’est plus drôle) avec son bouchon noirci (et refroidi, les vaches n’ont pas de cloques). La vache qui a fourché devient donc la vache qui tâche avec 1 tâche N°X. Tout cela fait fourcher de plus en plus… et surtout ça fait crier, hurler, écouter, crier, hurler, tâcher et recommencer.

- La fresque géante: j’avais mis à dispo des enfants un méga carton d’emballage (qui m’a quand même coûté un lit mezzanine suédois) avec des feutres et chacun est venu au fur et à mesure de la soirée laisser sa trace.

Presque aucun temps mort histoire d’éviter la java incontrôlable avec 18 marches d’escalier quelque soit l’itinéraire choisi pour javater. Les enfants étaient super sympas, tout avaient envie de jouer et de participer, pas de baston. Juste du bruit, beaucoup de bruit. Le seul moyen pour faire baisser le niveau sonore c’est de gueuler un grand coup parler moins fort qu’eux.

J’avais proposé d’en ramener 5 chez eux, j’ai fait un petit tour du quartier, et c’était chouette de les entendre débriefer, ils avaient l’air heureux. Elise aussi, et ça c’était vraiment mimi de la voir si reconnaissante de ce temps avec ses potes.

La prochaine est pour Jonas (ah oui, j’ai oublié de préciser que c’est pas parce qu’on est jum’ qu’on fête son anniv ensemble, hein?)

Flèche de diamant du ménage avec Starwax (et concours!!)

Dans le genre plus je peux me simplifier le quotidien et mieux je me porte, je suis plutôt niveau 2 étoiles. Parce que je peux faire encore mieux, et parce qu’il y a sûrement plein de  solutions pour se rendre la vie plus simple, et évidemment plus économique (la crise ma bonne dame)

Dans la famille « je fais mon ménage moi-même et ça ne m’apporte aucune gratification ni aucun épanouissement », je suis plutôt niveau flèche de diamant.

J’aime que la maison soit propre, mais je ne suis pas une maniaque du plumeau. Un peu de poussière, ça immunise contre les allergies. Mais un peu… pas trop.

Par contre, je suis passée assez facilement à l’utilisation de produits écolos, les plus naturels possibles et qui font tout dans la maison. La base pour moi, c’est le vinaigre blanc, et le savon de Marseille.

Il y a 3 mois, j’ai reçu en test des produits Starwax. C’est rigolo ce nom, parce que ça m’a fait penser à des produits de l’espace, des trucs hyper révolutionnaires. Alors qu’en fait, ce sont les produits de nos grands-mères, naturels, sains, hyper efficaces, dans des packagings un peu vintage. La classe.


Le mieux du mieux, ça a été le balai Starwax. Une révolution pour moi. Hyper maniable, avec une lingette lavable qui se scratche au bout et qui tient vraiment vraiment. Il est super léger et là, enfin, j’ai trouvé l’objet qui remplace la serpillère et le balai brosse.

produits Starwax

Je vous joins une petite photo des produits qui font maintenant partie de mon quotidien de ménagère, et mon dernier atelier « je fabrique ma lessive » m’a permis d’utiliser les copeaux et d’épargner mon robot de cuisine, j’ai beaucoup aimé.

J’ai fixé dans ma cuisine un savon d’école Starwax The Fabulous. J’ai tout retrouvé, la forme, l’odeur, le plaisir de le faire tourner dans la main. Nostalgie quand tu nous tiens. Sauf que c’est plus économique qu’un savon liquide, j’en suis sûre!

En ce moment, il y a une opération Starwax avec Téléstar, les Produits d’Antan. Chaque semaine vous trouvez avec Téléstar un livret des secrets de grand-mère avec le produit qui va avec, et ce, tout le mois de janvier.

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Aujourd’hui, je vous propose de gagner le nouveau libre collector Starwax The fabulous sur le blog, en partenariat avec Starwax ainsi que 4 produits de la marque! Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas joué, chouette! Il y a 1 lot à gagner, par tirage au sort de vos commentaires. Racontez moi quelle ménagère vous êtes, je suis sûre qu’on va bien rigoler! Vous avez jusqu’au 1er février à minuit pour participer, de France métropolitaine, et avec un email valide!

EDIT: C’est Anne-laure dont le commentaire a été tiré au sort et dont la maison va brillet écolo!!! Bravo pour vos participations, rassurantes finalement quand je vois l’état de ma maison. Bon certaines d’entre vous sont des accrocs du ménage, et je veux bien les héberger 2 jours pour un séjour chez moi!

Manger avec des baguettes… magiques

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Quand les enfants étaient petits, vers 15 mois, j’ai trouvé plus facile de leur apprendre à manger seuls avec une fourchette qu’avec une cuillère. Piquer des morceaux de jambon, de concombre, de fruits, c’est tellement plus simple que de remplir une cuillère de purée pour l’amener jusqu’à sa bouche en la gardant pleine.

Tous mes enfants ont su utiliser une fourchette avant d’utiliser une cuillère (la paille c’est bien pour les yaourts et les soupes)

Maintenant qu’ils ont grandi, on corse le défi et on introduit les baguettes chinoises pour manger du riz. Evidemment, si le riz est bien collant, c’est plus facile. Et puis sinon, on peut faire comme les vrais, en portant le bol sous le menton, et il n’y a plus qu’à pousser dans la bouche.

Mais comme on se prend pour des européens qui voulons manger avec des baguettes, il reste une distance d’une vingtaine de centimètres à faire parcourir au riz pour qu’il passe de l’assiette à la bouche.

Tenir des baguettes…. On tient la première comme un stylo, on glisse la 2ème, et on fait pince avec les 2. Bien sûr…. Et pourquoi pas en se bandant les yeux?

Bref voici la technique pour éviter de passer 3 heures à table et de retrouver 200g de riz sous la table:

- Dézinguer une pince à linge en bois et récupérer la partie métallique sur ressort.   

- Y coincer les baguettes

- Action et bon appétit!

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Et on passe à 2 chiffres

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Tu pesais 3,8kg

Tu pesais 2,5 kg

En l’espace de 10 minutes tu es arrivé tête en avant, tu as a suivi, version toboggan.

Je me souviens de ces premiers moments où vous êtes tout deux devenus des évidences.

Chacun son visage, chacun son odeur.

Chacun son doudou, chacun ses cris. Chacun son sein, puis chacun sa main.

A vous deux, vous cumulez tout: l’intelligence et l’insouciance, les sourires et les larmes, le calme et la tempête, le raisonnement et la spontanéité, l’énergie et l’apaisement, la douceur et la douceur.

Tu es calme, posé, réfléchi, le cerveau en ébullition permanente, posé sur une planète parfois bien loin de la nôtre. Où le quotidien est une contrainte.

Tu es énergique, curieuse, vive, sensible, douce et expressive, posée sur notre planète. Où l’inaction est déroutante.

Vous êtes si différents et totalement indissociables. Etre jumeaux c’est être identiques disent certains. Vous n’avez rien d’identique, mais à vous 2 vous pouvez ne faire qu’un. Inséparables et complémentaires, liés par un truc indéfinissable et unique. Qui ne se voit pas. Qui se vit.

Vous êtes les 2 pièces d’un puzzle familial qui sans vous ne serait pas complet. Et qui sans vos frères et soeur ne le serait pas non plus.

Depuis 10 ans aujourd’hui.

Bon anniversaire mes petits grands.

 

Etre en deuil, tout simplement

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Etre assommée.

Comme chacun. Comme tous.

Perdre sa faculté de réfléchir, de se concentrer. Voir des images, lire des articles, entendre des témoignages.

Faire mieux connaissance avec Cabu, Charb, Wolinski et les autres, ces héros d’aujourd’hui qui pourtant ne faisaient pas partie de mon quotidien. Je ne pense pas avoir jamais acheté Charlie Hebdo. Pour autant ils font partie de ces figures emblématiques de mon pays. Comme certains écrivains, musiciens, stars de ciné, héros historiques.

Essayer de trouver des mots pour un billet de rentrée, et ne pas réussir. Impossible de penser à autre chose, de trouver des mots légers, de relativiser, de voir le verre à moitié plein. Il n’est que vide.

Avoir très fort la conscience qu’à partir d’un moment précis, ce sera différent. Il y aura eu un avant, et il y a un maintenant.

Il y aura aussi un demain, dont je ne sais pas très bien à quoi il ressemblera.

Essayer de me souvenir si d’autres événements avaient pu un jour m’assommer ainsi.

La dernière fois, c’était le 11 mars 2004. Se sentir infiniment triste, ne pas réussir à centrer ses pensées sur autre chose, revivre les événements en boucle dans sa mémoire. Pour les ancrer, pour ne pas oublier.

Et chercher du sens.

Chercher du sens à ce qui n’en a pas. Chercher à poser des raisonnements rationnels pour expliquer l’irrationnel.

Etre en deuil, tout simplement.

Je vous souhaite

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Dimanche soir au coin du feu (sans feu)…

Dernière soirée de calme avant la reprise. Trop tard pour faire le bilan de 2014, on est déjà en 2015. Tant mieux, je crois.

Pour 2015, je vous offre ce texte de Jacques Brel, intemporel

 

Je vous souhaite

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir

Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.

Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer

Et d’oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions.

Je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil

Et des rires d’enfants.

Je vous souhaite de résister à l’enlisement.

A l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite surtout d’être vous.

Casse-tête de Noël

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10 jours avant Noël, je suis à la bourre pour mes courses… Et je vais bientôt être à la bourre si je veux les faire sur Internet, je commence à recevoir des mails d’alertes avec des échéances de commandes pour réception dans les temps.

Et dire que certains ont déjà tout emballé, tout étiqueté…

Pour cette année c’est un peu tard, mais devant la dinde du 25, si le coeur (ou l’estomac) vous en dit, vous pourrez aborder le sujet des cadeaux. Pas ceux de vos enfants, pour ceux-là c’est plus assez simple. Mais pour la famille élargie.

Quand on a une famille nombreuse, on est rarement les seuls, et il se trouve que certains frères ou soeurs (nombreux) ont aussi eu la bonne idée d’avoir une famille (nombreuse).

Dans ma famille, il y a 2 parents (enfin des grands-parents maintenant), 4 enfants et conjoints, et 16 petit enfants.

A la génération du dessus, il y avait 4 arrière grands-parents, 5 enfants de chaque côté et conjoints, 19 petits enfants et conjoints, et plus d’une cinquantaine d’arrière petits-enfants d’un côté. De l’autre, 15 petits enfants et conjoints et une trentaine d’arrière petits enfants. Oui nous sommes nombreux. Et non, nous ne fêtons pas Noël tous ensemble, le château de Versailles n’est pas disponible à cette date pour nous recevoir.

Pour Noël, il faut trouver une équation habile entre faire plaisir à chacun, ne pas devoir vendre un rein ou deux, offrir des cadeaux qui font plaisir, ne pas faire de doublons, et se retrouver pour fêter Noël. Cette année, ce sera en janvier.

Pour résoudre l’équation, il y a LE fichier Excel de Noël qui circule en novembre. Tous les membres de la famille y sont listés (grands-parents, parents et conjoints, et les enfants, on fait Noël en cercle restreint de presque 25). Une colonne avec tous les prénoms par famille, une colonne avec les souhaits de chacun (2 ou 3 idées). Un petit tirage au sort pour définir qui achète les cadeaux de qui (on est 4 enfants, il y a 16 petits enfants, chacun en a 4 à offrir). Il n’y a plus qu’à faire des choix parmi les souhaits sur LE fichier Excel, les grands parents s’y mettent aussi et le tour est joué. Les parrains et marraines peuvent aussi y faire leurs choix pour leurs filleuls. Pour les adultes, c’est un peu moins clair… mais de toute manière on finit tous super gâtés.

Et chez vous, vous faites comment?

Mais qui sont les gros nazes dans cette histoire?

Il y a quelques jours, j’ai reçu, parmi les 100 mails que je reçois tous les jours parce que j’ai le privilège d’être référencée dans des annuaires de parent de famille nombreuses, ou de blogueurs, ou des deux, un dossier de presse pour un livre. Je lis toujours ce type de mails, par curiosité.

Aujourd’hui, j’ai reçu la revue de presse de ceci:

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J’ai lu le titre, le dossier de presse, et le « florilège » avec les meilleurs extraits. Je ne mettrai ici que la photo de couverture. Le reste est totalement pathétique.

Pourtant je pense avoir une bonne dose d’humour, et parfois je comprends le second degré, voire le 3ème degré. Et j’ai 3, et presque 4 ados à la maison.

Etre adolescent, on y est tous passés, et nos enfants y passeront tous. C’est une période évidemment pas simple où le corps change, où sorti de l’enfance il faut commencer à imaginer sa vie de demain avec pas mal de pression, c’est le moment que les orthodontistes choisissent pour leur refaire le sourire. C’est aussi cette période où il faut se forger sa propre personnalité en prenant du recul par rapport à l’éducation qu’on reçoit. En passant par la confrontation, l’échange, le questionnement. C’est la période des premiers amours, à la vie à la mort. Et c’est surtout la période où les parents projettent leur propre adolescence sur leurs enfants. Ils se rappellent les ados qu’ils ont été. Soit ils souhaitent à tout prix que leurs enfants passent à travers sans heurts, soit ils souhaitent que leurs enfants les épargnent d’une adolescence similaire à la leur.

Dans les 2 cas, ils sont au taquet pour suivre l’adolescence des enfants, parfois un peu désarmés ou fragilisés.

Oui ça fait beaucoup de changements pour l’enfant, et peu de temps. Un peu de fragilité aussi. Et un vrai besoin de repères forts et ancrés pour leur apprendre à se positionner. Pour qu’il y ait des limites à dépasser, ou des interdits à remettre en cause. Ou au contraire pour s’y réfugier.

Alors quand deux auteurs personnes, parents en plus, osent traiter du sujet de l’adolescence en titrant « mon ado est un gros naze mais je l’aime », c’est d’un irrespect et d’un humour ton totalement au ras des pâquerettes.

Une manière de prendre le sujet à la rigolade pour que ça passe plus facilement? Un moyen de se déculpabiliser de ne pas être le parent idéal dont l’ado file doux? Une aigreur mal gérée à voir ses enfants prendre de la distance et s’approcher doucement de l’âge adulte? Une honte non avouée de ne pas comprendre tous ces bouleversements qui changent le tempérament de nos ados? Autre chose?

En réalité, je n’ai même pas envie de le comprendre. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils sont des loques avec boutons et appareils dentaires. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils sont en rébellion. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent faire de leur vie. Je n’aime pas qu’on dise des ados qu’ils sont des gros nazes.

Je n’aime pas ces jugements de valeurs et ces étiquettes qui viennent d’adultes qui posent un regard critique sur nos enfants. Ou sur les leurs. Ces jugements qui ne donnent pas envie de grandir ou de changer, et surtout pas de devenir adulte, pour un jour peut-être leur ressembler?

Les ados d’aujourd’hui ne sont ni pires ni meilleurs que ceux que nous étions. Si ce n’est qu’ils ont besoin d’une bonne dose de confiance pour avoir envie de grandir dans une société qui leur propose un avenir professionnel difficile, ou chaque jour une nouvelle loi vient sanctionner, pénaliser, interdire, limiter. 

Et de respect. 

Et d’enthousiasme.

Et d’optimisme.

Alors j’ai juste envie de me mettre au niveau de ces auteurs et de leur dire, comme dans la cour de récréation: C’est celui qui dit qui y est!