Hier j’ai arrêté de fumer – Clap #2

imagesCA4XXDQI

Il y a eu 2 ans hier j’ai arrêté de fumer.

Hypnose, patchs, Nicorette, la totale. Une traversée du désert, comment vivre sans cigarettes? Un vrai chemin de deuil.

Un jour, puis l’autre, puis une semaine, puis 2.

1 mois, puis 2.

6 mois, puis 1 an, puis 18 mois. Puis 21 mois.

En Juillet, les skuds reçus de part et d’autre ont eu raison de ma volonté. Une cigarette pour le plaisir, puis une 2ème. Juste se faire un peu plaisir. La première était immonde, la 2ème agréable. Les cigarettes des autres, moins bonnes que celles que je fumais avant. Pas de quoi se réaccoutumer. Toujours avec un verre, un barbecue, des amis.

La 3ème m’a donné envie de la 4ème. Pas question de retomber dans la dépendance d’avant, l’odeur restait vraiment désagréable. Lavage de mains, changement de vêtements imprégnés, et puis cet aveu d’échec à faire. Vis à vis de moi-même, et vis-à-vis des enfants, des amis, des proches.

Se cacher pour fumer la 5ème. Puis se dire que fumer pendant que les enfants étaient en vacances, histoire de se faire du bien sans trop faire de mal. Commencer un peu de chantage avec moi-même. Le 15 juillet j’arrête. Et puis non, j’attends le retour des enfants. Alors j’ai racheté un paquet, puis un autre. Culpabiliser de fumer sans en avoir les moyens vraiment, mais en se rassurant parce que ça serait temporaire, le temps des vacances.

Recevoir un autre skud et penser qu’une cigarette ou 2 aideraient à y faire face. la béquille qui part en fumée. Se dire que j’avais reçu des skuds bien plus compliqués pendant les mois sans cigarette. Me souvenir de la fierté de ne pas avoir choisi la cigarette comme soutien pendant ces longs mois.

Et puis un barbecue, ou un dimanche après-midi dans un transat avec des amis.

Ouille la rentrée est là. Les enfants savent et sont déçus. En colère. Ils me font la guerre et ils ont raison. J’avoue mon échec, les difficultés pour arrêter. Non, je ne suis pas invulnérable. Ce n’est pas la faute de la cigarette, de ses composants, c’est la mienne. Simplement.

Je refixe une échéance. C’était hier. Cela fait 24 heures. Je connais le chemin, je sais les difficultés à venir. Chaque heure sans cigarette est une heure de gagnée. Déjà il n’y a plus l’odeur. Déjà il n’y a plus la culpabilité. Déjà il y a le soutien des enfants. Déjà il y a les économies réalisées et celles à venir. Il reste le manque. Mais c’est du déjà vécu, et j’ai déjà survécu. Alors je vais y arriver.

Pour moi, et pour ceux que j’aime et qui m’aiment.

Je sais mieux qu’hier faire face aux skuds et trouver d’autres moyens que la cigarette pour les encaisser ou les dévier de leur trajectoire. Je n’ai pas envie de céder à la facilité.

J’ai le droit d’avoir des faiblesses. J’ai le droit de ne pas aller bien tous les jours. Mais j’ai aussi l’envie de trouver des ressources ailleurs que dans la dépendance au tabac.

Aujourd’hui, ça fait 36 heures que je n’ai pas fumé. C’est plus qu’hier et moins que demain.

Tous les jours je pense clop

fumer-la-cigarette-et-le-deplacement_2941601

Tous les jours je pense cigarette.

Tous les jours, selon les moments de la journée, je trouve que ça sent mauvais, ou que ça pue même.

Tous les jours, je me dis que si j’en fume une, c’est cuit. Et qu’en fait je n’en ai pas envie. 

Mais si tous les jours j’y pense, c’est qu’en fait j’en ai envie quand même.

J’ai arrêté de fumer le 1er octobre 2012. 3 semaines après je rentrais dans un tunnel personnel compliqué, et je vois maintenant un peu de lumière. Mais je n’ai pas repris la cigarette.

Le 25 décembre au soir, j’ai fumé 2 cigarettes. Le 29 mars au soir, j’ai fumé 2 cigarettes. 4 cigarettes de trop. Ou pas. 4 cigarettes que j’ai appréciées, et auxquelles j’ai cédé parce que j’étais bien, détendue, des soirs de fête, entourée de personnes que j’aime.

Le 26 décembre et le 30 mars, je me suis dit que mes fringues sentaient mauvais. Et je me suis surtout dit que si je rachetais des cigarettes je replongerais. Mais je n’ai pas envie de replonger. Et puis ça ne m’a pas manqué. Mais j’y ai pensé.

Après, je l’ai dit aux enfants. Et je n’étais pas fière. Je me suis dit que le leur dire m’aiderait à me sentir « cacateuse ». Et ça a marché.

Mais la cigarette, c’est vraiment le mal. Comme si en fumer une seule réactivait des trucs qui s’étaient endormis, et qui provoquaient l’addiction et l’envie. Pour l’instant j’ai suffisamment de volonté pour y résister. Et pas mal d’orgueil, ça m’aide aussi.

Mais quelle pourriture, ce tabac.

Alors oui, je peux me dire que si je fume 2 clops en soirée de temps en temps, ce n’est pas grave. Mais si, c’est grave. Ce sont ces clops qui donnent envie d’en fumer d’autres. Et d’autres encore.

Donc je serre les dents, et maintenant je compte en mois. Cela fait 19 mois.

300 jours?

photo-3

Ohhh la la, si vous saviez….

Si vous saviez que chaque jour ou presque je me demande si ça serait pas sympa une petite clop dans la journée. Parfois après le déjeuner. Ou avec un verre de rosé bien frais. Ou quand je téléphone avec une copine, à la fraîche. Et je pense que si j’avais des clops à la maison, je fumerais.

Si vous saviez que chaque jour ou presque je me bouche le nez et je retiens ma respiration en marchant derrière un fumeur. Parce que franchement ça pue et c’est super désagréable. Je râle parce que les terrasses sont envahies de fumeurs qui n’en ont rien à faire des voisins non fumeurs. Et qu’en cette saison, soit tu sues à l’intérieur, soit tu fumes passivement à l’extérieur. 

Si vous saviez que je suis maintenant capable de passer un week-end avec des fumeurs sans demander une cigarette, en me disant que vu le chemin parcouru, le jeu n’en vaut pas la chandelle, parce que je risque de tout mettre par terre. Malgré le rosé et la fraîcheur du soir.

Si vous saviez que maintenant, je chante sur le même ton que les enfants. Pas plus bas comme avant en forçant comme une malade. Et ça c’est mon plus grand plaisir. J’ai retrouvé ma voix, que je pensais cassée à jamais. Alors je sifflais. Maintenant, je siffle et je chante aussi.

Pour le goût, pour le poids, pour le souffle, pour le reste…. c’est moins flagrant. Mais chacun retrouve les plaisirs dont il a envie. Là n’est pas la question.

300 jours, 5100 cigarettes, 1800 euros. 

Yes!

Ma guerre des 100 jours

Clop - Maël Barth

Clop – Maël Barth

Oui c’est ma guerre
Oui je suis armée
Oui j’avais un plan d’attaque
Oui j’ai gagné du terrain
Oui l’enjeu de cette guerre est de regagner ma liberté et de protéger mes proches
Oui j’ai bien eu quelques blessures
Oui j’ai failli rendre les armes plusieurs fois
Oui je pourrais encore rendre les armes et déserter
Oui j’aimerais signer un jour un traité de paix avec l’ennemi
Oui j’ai été blessée et je me suis soignée
Oui j’ai choisi une guerre écolo, et j’ai économisé 1700 cartouches
Oui cette guerre a des conséquences sur ma stabilité nerveuse
Oui parfois j’aimerais m’enterrer dans une tranchée et ne pas aller au combat
Oui j’ai des alliés, très nombreux. Ils font la même guerre que moi, depuis plus longtemps
Oui je suis convaincue que mon combat est le bon
Oui je continuerai à me battre parce que je pense qu’avec le temps le combat est moins rude
Oui, je me bats contre la cigarette depuis 100 jours.

 photo

Joyeux mégot-versaire!

1 mois, 1 jalon

Ces dernières semaines, quand je disais que j’avais arrêté de fumer, la première question qui suivait était: ah oui? depuis combien de temps?

– Ben, 1 semaine (j’étais plutôt fière au bout d’une semaine, vous vous souvenez?)

Et c’est marrant de voir qu’en plus des félicitations et encouragements nombreux que j’ai pu recevoir, j’ai aussi eu droit aux regard du genre: Ah ouais une semaine… seulement.

Eh bien aujourd’hui, ça fait un mois, et un mois ce n’est pas rien, hein?

OK dans un an, on rigolera du premier mois, mais un mois, c’est un mois, et même si c’est plutôt 4 semaines.

Et n’en déplaise à tous ceux qui pensent que c’est « seulement » un mois, c’est un mois quand même.

Et toc.

Bon dimanche!

Le vide intersidéral

J’ai écrit ce billet cette nuit.

Je le pose ici parce que demain, ou après-demain ou dans quelques mois ça ira mieux et que lorsque je le lirai, je verrai le chemin parcouru. Pap’s me disait hier qu’arrêter de fumer, c’est pour moi changer de vie. Il sait, lui. J’aime celui qu’il est devenu en ne fumant plus. Donc je sais que ça en vaut la peine. Même si ce billet dit tout le contraire.

Le vide intersidéral.

Qu’y a-t-il après la cigarette ? Rien. Une espèce de grand vide qu’il va falloir combler.

Je lis toutes les théories des spécialistes qui me proposent de boire de l’eau, faire du sport, manger des Chupa Chups, pratiquer un peu d’auto-hypnose, me masser les mains longuement avec une crème douce, tenter le yoga ou le Qi Qong.

Si je ne le faisais pas avant, c’est parce que cela ne me procurait pas de plaisir particulier. Ou en tout cas pas le même plaisir que celui de fumer. Toutes les excuses sont prêtes pour ne pas me lancer : manque de temps, pas d’envie, pas de place, trop de contraintes.

Donc c’est le grand vide.

Je ne suis ouverte à aucune proposition, parce que là, en ce moment, aucune n’est à la hauteur du plaisir que j’avais à fumer. A part le chocolat.

 Mais comme je suis montée sur la balance et que j’ai constaté les dégâts en 2 semaines, je n’ai plus droit non plus à ce plaisir là. Voire même j’ai l’impression de la double peine. Je me suis enlevé le plaisir, et ajouté des kilos. Cherchez l’erreur.

Je refuse l’aide qu’on me propose. Même celle de Pap’s. Ce qui me provoque pas mal de culpabilité, en plus du reste.

Les bénéfices sur ma santé ? le goût, l’odeur, le souffle, la résistance physique ? Un jour peut-être si tout le monde s’accorde à le dire. Pour moi, c’est niet pour l’instant. Accessoirement, je dors super mal, donc je suis fatiguée.

C’est désespérant.

Il parait que c’est normal. Il parait que ça va passer.

Donc je me patche consciencieusement, je suce quelques Nicopass, je compte les jours qui passent : 17 jours, 275 cigarettes. Dans 62j je pourrai m’offrir un Iphone 5 mais mon 4S me convient  bien.

Celui qui me cherche me trouve, un peu plus rapidement que d’habitude, un peu plus haut et un peu plus fort aussi. Celui qui ne me cherche pas risque de me trouver aussi. Sympa l’ambiance.

De manière générale, ma vie n’est pas tournée vers la recherche du plaisir. Je suis plutôt centrée sur l’action, l’efficacité, le tout avec un peu d’humour parce que ça rend les choses plus simples. Le plaisir est la cerise sur le gâteau.

Et donc là, je n’ai plus franchement d’humour, je ne suis pas super efficace. Donc pour la cerise, il faudra repasser.

J’ai confiance en mon cerveau, il saura remettre en ordre les cases nécessaires pour que je me retrouve. Une fois de plus, je dois accepter que le temps fasse son oeuvre.

 

Mes enfants sont-ils de fait des fumeurs en puissance?

Aujourd’hui cela fait 4 jours.

Ce n’est rien encore au regard de toutes ces années où jai fumé.

Mais comme je souffre d’insomnies plutôt pesantes, j’en profite pour gamberger. La cigarette est encore omniprésente dans mes pensées même si je sens que ça évolue.

Alors je ressens beaucoup de culpabilité pour avoir pollué mon environnement proche. Mes enfants m’ont toujours connue sentant le tabac. Ils vont découvrir ma vraie odeur et j’espère qu’ils pourront oublier celle qu’ils ont toujours connue. Une Mam’s ça sent bon, ça sent la douceur et les câlins, ça sent la chaleur et la tendresse. La question que je me pose est la suivante: Est-ce que cette odeur de tabac est maintenant associée inconsciemment chez eux à des sensations agréables?

Les études montrent que des enfants à qui l’on fait goûter de l’alcool lorsqu’ils sont très jeunes sont marqués neurologiquement. C’est entre autres pour ces raisons qu’une fois ados ou adultes le risque d’alcoolisme chez eux est plus fort.

En sera t’il de même pour la cigarette auprès de mes enfants? Les aînés se souviennent combien il a été dur pour Pap’s d’arrêter, sans substituts, juste avec la volonté. Il leur dit souvent que s’il ne reprendra jamais, c’est pour ne pas avoir à ré-arrêter et retraverser la période de sevrage si difficile. J’espère que les 6 se souviendront de mon arrêt de la cigarette et je ne me gênerai pas pour partager avec eux les difficultés, les émotions ressenties, le combat pour résister.

Bon, il vaudrait mieux que je dorme bien la nuit prochaine plutôt que de me lancer dans la psy, parce que si je viens ici pour vous plomber avec mes idées fumeuses (ouarf), vous allez tous partir en courant et je serai grillée.

Et à la fois, cette réflexion nocturne est un coup de pied aux fesses supplémentaire pour tenir!

J’en profite pour relayer ce site qui m’a été recommandé en commentaire, qui est génial, qui propose une application Iphone gratuite.

Stop-tabac.ch

Il y a 24h, j’étais fumeuse. Mais ça, c’était il y a 24h

Dimanche 30 septembre, 13H30 Il me reste 2 cigarettes dans mon paquet. Demain j’ai prévu d’arrêter de fumer. Donc je vais arrêter le marchandage avec moi-même. J’arrête de fumer avec 12 heures d’avance. Je ne vais pas aller racheter des cigarettes pour 12 heures de plus. Il m’est arrivé de faire 20km pour avoir des cigarettes juste un soir.

Je fume mes 2 dernières cigarettes, au soleil, avec un café, un bon, what else?

14h00 Il va falloir que je m’occupe non stop. Atelier Shamballa, tout va bien.

16h00 Je pars chercher les enfants en voiture. Nicopass est mon ami.

18H00 Je prépare le dîner: je pense cigarettes, je rêve cigarettes. Je n’ose pas monter sur la terrasse où j’en ai fumé tant. J’y étais bien, surtout en fin de journée, lorsque le soleil descend.

20H30 Une dispute entre les enfants. A défaut de fumer une clop, j’en engueule 2, à tort, vraiment fort. Mauvaise pioche.

21H30 Je me dis que si je vais me coucher tôt, je n’aurai pas envie de fumer… en dormant.

1h39 Je rêve d’une clop

3h18 Je rêve d’une clop

5h28 Je pourrais fumer. J’appréhende ma journée à venir. Un patch dure 16h00. Si je le colle maintenant il durera jusqu’à 21h00. Allez, j’attends. Ma nuit est terminée. A la radio, on parle handball et augmentation du prix des cigarettes.

7h00 Je colle mon patch

7h15 D’habitude c’est l’heure d’un premier café et d’une première cigarette. Oui je suis une vraie intoxiquée. J’opte pour un thé et je descends lancer des machines.

7h45 Je passe réveiller Basile. Un baiser dans son cou tout chaud. Il me dit que je sens bon. Avant, il ne l’avait jamais dit le matin. Je l’ai donc enboucanné si longtemps?

8h00 Je mets ma veste, je trouve qu’elle sent le tabac froid. Elise n’est pas coiffée, je menace de la tondre. Pas cool. Mes nerfs sont mis à rude épreuve.

8h15 D’habitude je fume une clop sur le chemin du RER. Ou 2. Là, c’est Nicopass. Je marche derrière un fumeur. Sa fumée pue. Combien de personnes ai-je incommodé avec mes clops?

9h00 Je rêve d’une clop avec un café. Je n’ose pas le café.

9h30 Il n’est que 9h30

10h00 Je pense clop, je rêve clop, j’ai du mal à me concentrer.

11h00 je bois un chocolat chaud du distributeur. Sûrement meilleur que le potage tomate mais franchement dégueu.

12h00 J’ose un café, avec un nicopass.

13h00 Déj avec les collègues, je retourne directement au bureau sans passer par la case fumoir. 

13h30 J’ai survécu à 24h00 sans cigarettes. Vivement les 24h suivantes.

Je pense ne m’être jamais arrêtée de fumer 24 heures dans les 25 dernières années. Je ne sais pas si je réussirai, je pars de loin, mais je sais que c’est possible. Les messages d’encouragement me font un bien dingue. Mercredi j’ai pris RV pour une séance d’hypnose. Je suis convaincue que ça peut m’aider.