Josette la Chouette s’est posée chez nous!

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Il y a un peu plus d’un an, Juliette a dit: je voudrais bien fabriquer des tee-shirts, qu’est-ce que vous en pensez les amis? Nous on a dit « chouette », tout de suite.

Et Juliette l’a fait. elle a créé une collection de Tee-Shirts en coton Bio, qu’elle a illustrés de sa main habile. Elle a créé une marque qui s’appelle Josette la Chouette. Des tee-shirts pour enfants, certains pour les garçons, certains pour les filles, la plupart mixtes. Des tee-shirts avec des monstres qui ne font pas peur, des couleurs vives, des couleurs claires.

 

Elise et Jonas ont eu du mal à choisir. D’abord ils voulaient le même. Mais bon, des jum’s qui s’habillent pareil, c’est pas trop le genre d la maison. Ils ont choisi seuls, parce que le site de Josette la Chouette est simple, épuré, et y’a qu’à cliquer.

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Et les tee-shirts sont arrivés. Ils ont 10 ans 1/2, pas petits, et en 9-11 ans, c’est parfait. Bien coupés et jolie encolure.

Adoptés, tout de suite.

Alors, nous les amis, on demande une collection pour les adultes, mais Juliette, elle doit être sûre de son coup, parce que c’est courageux de se lancer dans une telle aventure. Vous pouvez y aller les yeux fermés, commander sans essayer.
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Geocaching, l’aventure sans fin!

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Depuis quelques semaines, je lorgnais le profil de Karine qui racontait les exploits de son fiston.et puis j’ai tapé Geocaching sur Internet. J’ai découvert que le Geocaching existait depuis 15 ans. Tout vient à point à qui sait attendre…

J’ai découvert ce que c’était que le Geocaching. Imaginez une chasse au trésor dont le terrain est le monde entier, dont les joueurs sont potentiellement tous les habitants de cette planète ayant un portable équipé d’un GPS et de l’application Geocaching, dont la durée est sans limite.

Nous sommes partis avec Elise, Jonas et Noé, un pique-nique dans nos sacs, en vélo, avec comme seul équipement un stylo, et mon smartphone. Grâce à l’application, nous avons visé la première balise, sans très bien savoir ce que nous allions trouver. D’ailleurs on n’a rien trouvé. A la suivante, nous avons découvert, grâce à un indice, un tout petit sachet plastique dans une anfractuosité d’un rocher, à droite d’une jolie cascade.

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Dans ce sachet, un petit rouleau de papier serré sur lequel nous avons inscrits nos prénoms et la date. Et nous avons soigneusement remis la balise exactement là où nous l’avions trouvée, pour les suivants.

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Et nous avons continué une bonne partie de l’après-midi. Des lieux tous différents, des balises bien cachées ou introuvables, des kilomètres parcourus, un peu d’orientation et de chance, et ce plaisir incroyable de trouver LA balise, de lire les prénoms et les dates, de s’amuser de l’ingéniosité des personnes qui les ont cachées.

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Nous avons joué pendant 4 heures, trouvé 7 balises, raté 2. Nous sommes revenus sur le lieu de la première et nous l’avons trouvée! Quelle fierté!.

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C’est un jeu pur plaisir, pas de compétition, pas de stress, rien à gagner. Et ça, c’est juste bon, et si différent des jeux auxquels jouent les enfants habituellement.

Allier l’utilisation du smartphone, du GPS, d’une application interactive, d’un réseau contributif au plaisir d’être dehors, de découvrir un quartier, une région, un arrondissement, un village. Quand on veut, si on veut.

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Les enfants sont addicts, ça y est. Moi aussi, je dois dire. Nous nous voyons déjà repartir sur nos vélos les soirs d’été à la recherche de nouvelles balises. Nous imaginons déjà nos prochaines vacances et avons déjà repéré si des balises y sont cachées.

Aujourd’hui j’ai partagé cette aventure sur Facebook et vous êtes nombreux à pratiquer! N’hésitez pas à commenter avec vos récits, vos trucs, vos astuces, vos lieux préférés!

PS: et quand j’arriverai à nouveau à activer des liens dans mes billets, j’activerai, j’activerai.

10 ans, 10 amis

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Mazette, et dire qu’elle en avait invité 12!

Depuis que j’organise des anniversaires (âge des enfants x nombre d’années – quelques années zappées = beaucoup), je fixe un quota d’invités correspondant à l’âge de celui qui invite. Enfin ça c’est le principe. Souvent ils en invitent plus, au cas où Hugo devrait aller chez sa Mamie juste ce jour-là où que Léa soit punie parce qu’elle a dit cacaboudin dans le couloir. Et puis quand Maël a fêté son anniversaire il y a quelques mois, ils était 100. ça s’appelle le TLC: Total Loose Control.

Pour les 10 ans d’Elise, on a choisi de faire un anniversaire le plus classique possible, comme quand elle était plus petite, avec plein de petits jeux organisés, un peu préparés et beaucoup animés, et surtout très bruyants.

10 enfants de 10 ans: 5 garçons, 5 filles. La fratrie compatissante avait déserté les lieux, sauf Basile qui s’est révélé être un super animateur et s’est senti désolé de devoir m’abandonner en cours de fiesta pour d’autres activités, et Jonas qui n’a pas supporté plus de 10 minutes de bruit et a fait une apparition les doigts dans les oreilles pour le dîner. Pas simple pour s’alimenter, les doigts dans les oreilles.

Le créneau horaire: 16h30-21h00. C’était la nouveauté. Pas de goûter, quelques bonbons et jus dans l’après-midi et dîner compris. 3 parents m’ont appelée avant pour savoir si je ne m’étais pas trompée dans les horaires (je pense qu’ils m’ont trouvée soit barge, soit novice)

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Le dîner: Je m’étais renseignée avant sur les végétariens, gluten, pas de porc, PLV, IAR (Il Aime Rien).  Un grand plat de lasagnes pur boeuf, une salade verte, et Ze gâteau que j’ai eu beaucoup de mal à faire cette année. Avant de réussir, il y a eu l’indémoulable, puis le cramé. Finalement il a été mangé.

Les jeux (dans le désordre)

Un kim mémoire: 12 objets sur un plateau à mémoriser visuellement, puis on se cache pour en retirer 1, et les enfants doivent deviner lequel. Pour le dernier tour, j’ai fait 2 équipes avec chacune un post-it sur lequel ils devaient restituer la liste de tous les objets. J’ai pu ainsi tester leur grande imagination orthographique et phonétique et je renouvelle ici l’admiration profonde que je voue aux instits. A tous.

Le jeu de la pomme: De loin le plus drôle. Une pomme flotte dans un seau rempli de 20 cm d’eau et chaque enfant à son tour plonge sa tête dedans pour attraper la pomme serviettes éponge et plusieurs pommes. Les 20 cm d’eau c’est important puisque la seule technique efficace pour y arriver être de pousser la pomme au fond du seau avec sa bouche pour pouvoir la saisir dans sa bouche. Il est préférable d’éviter l’immersion totale, même s’ils savent nager.

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Le jeu des ballons à crever: le plus bruyant de tous, impossible pour les personnes un peu cardiaques. Des ballons glonflés et accrochés à une ficelle tendue, les enfants les yeux bandés qui doivent claquer les ballons soit avec une épingle, soit avec des ciseaux. Pas plus de 2 enfants à la fois. A surveiller de près. Il y a aussi sa variante avec des carambars suspendus dont il faut couper la ficelle. Mais ça fait moins de bruit.

Le jeu des chamallows: Le but du jeu est de réussir à prononcer « chumy bubby » (et pourquoi pas) de façons intelligible avec le plus de chamallows possibles dans la bouche. Prévoir 5 chamallows en moyenne par enfant. Et un crachoir. Surveiller leur respiration. Basile en a mis 9. Moi 8.

La dance battle. 2 équipes. Bon, là on a joué les garçons contre les filles. 15′ de préparation d’une chorégraphie sur la musique de leur choix, un jury composé de Basile, Maël (en visite express) et moi. On a jugé sur l’originalité, la participation de tous, le sourire, et un peu la synchro. Les filles ont gagné, je comprends mieux ce qu’elles font pendant les TAP (temps à perdre). Chez les garçons, ils ont choisi Thriller et avaient un peu peur du clip… alors ça leur a scié les jambes sauf à celles d’un Monnwalker professionnel. Ils ont eu des points supplémentaires et des cris à te claquer les neurones quand ils ont enlevé leurs t-shirts à la fin…

Le mime: un incontournable, il suffit soit de leur faire piocher un papier dans un chapeau avec un truc à mimer écrit et réfléchi dessus. Dans ma version impro, on leur glissait à l’oreille. Le must: leur proposer de mimer un des enfants de l’assemblée.

Et puis on a proposé à Charlotte de mimer un haltérophile. Elle l’a parfaitement mimé. Les enfants ne retrouvaient pas le mot, il a fallu un peu les aider:

– Haltéro…???

– Halterroriste? (rappelons que cet anniv a eu lieu 3 semaines après les attentats contre Charlie Hebdo)

Et puis Maxence a mimé Superman. Il a plongé par terre à plat ventre (sans se péter ses 8 incisives définitives) et est resté allongé par terre.

– Tu mimes Koulibali?

L’actualité a donc laissé des traces dans l’esprit des enfants… J’ai soigneusement évité de lancer une discussion sur le sujet. Chacun ses gosses après tout.

Le jeu de la vache qui tâche: un must pour tous ceux qui ont fait des camps scouts, ou passer des soirées un peu arrosées. Un bouchon noirci à la bougie. Chaque personne porte un numéro et est une vache qui prononce la phrase suivante: « je suis la vache sans tâche N°1 (ou 2 ou 3, etc) et j’appelle la vache sans tâche N° 4 (ou 5 ou 6). Si la langue fourche ou qu’il manque un mot dans la phrase, l’animateur fait une tache sur le bras (sur le visage c’est plus drôle) avec son bouchon noirci (et refroidi, les vaches n’ont pas de cloques). La vache qui a fourché devient donc la vache qui tâche avec 1 tâche N°X. Tout cela fait fourcher de plus en plus… et surtout ça fait crier, hurler, écouter, crier, hurler, tâcher et recommencer.

La fresque géante: j’avais mis à dispo des enfants un méga carton d’emballage (qui m’a quand même coûté un lit mezzanine suédois) avec des feutres et chacun est venu au fur et à mesure de la soirée laisser sa trace.

Presque aucun temps mort histoire d’éviter la java incontrôlable avec 18 marches d’escalier quelque soit l’itinéraire choisi pour javater. Les enfants étaient super sympas, tout avaient envie de jouer et de participer, pas de baston. Juste du bruit, beaucoup de bruit. Le seul moyen pour faire baisser le niveau sonore c’est de gueuler un grand coup parler moins fort qu’eux.

J’avais proposé d’en ramener 5 chez eux, j’ai fait un petit tour du quartier, et c’était chouette de les entendre débriefer, ils avaient l’air heureux. Elise aussi, et ça c’était vraiment mimi de la voir si reconnaissante de ce temps avec ses potes.

La prochaine est pour Jonas (ah oui, j’ai oublié de préciser que c’est pas parce qu’on est jum’ qu’on fête son anniv ensemble, hein?)

Et on passe à 2 chiffres

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Tu pesais 3,8kg

Tu pesais 2,5 kg

En l’espace de 10 minutes tu es arrivé tête en avant, tu as a suivi, version toboggan.

Je me souviens de ces premiers moments où vous êtes tout deux devenus des évidences.

Chacun son visage, chacun son odeur.

Chacun son doudou, chacun ses cris. Chacun son sein, puis chacun sa main.

A vous deux, vous cumulez tout: l’intelligence et l’insouciance, les sourires et les larmes, le calme et la tempête, le raisonnement et la spontanéité, l’énergie et l’apaisement, la douceur et la douceur.

Tu es calme, posé, réfléchi, le cerveau en ébullition permanente, posé sur une planète parfois bien loin de la nôtre. Où le quotidien est une contrainte.

Tu es énergique, curieuse, vive, sensible, douce et expressive, posée sur notre planète. Où l’inaction est déroutante.

Vous êtes si différents et totalement indissociables. Etre jumeaux c’est être identiques disent certains. Vous n’avez rien d’identique, mais à vous 2 vous pouvez ne faire qu’un. Inséparables et complémentaires, liés par un truc indéfinissable et unique. Qui ne se voit pas. Qui se vit.

Vous êtes les 2 pièces d’un puzzle familial qui sans vous ne serait pas complet. Et qui sans vos frères et soeur ne le serait pas non plus.

Depuis 10 ans aujourd’hui.

Bon anniversaire mes petits grands.

 

The Balade au bois de Boulogne

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Au départ on devait visiter les Invalides. on avait même prévu un selfie devant le tombeau de Napoléon. J’avais fait mes petites recherches historiques, raconté un bout de la vie de Louis XIV. 20 minutes en voiture pour traverser la Porte Maillot… Manif pour tous, Prix de l’Arc de Triomphe, courses pédestres.

Virage à droite vers le Bois de Boulogne pour sentir les branches craquer sous les pieds, ramasser quelques emballages de capotes tagués Love en Rose fluo  marrons. Les kids ont été trompés sur la marchandise trop bien vendue, ça râle un peu.

Les balades au Bois de boulogne, c’est particulier. Trouver un coin d’herbe pour se poser, c’est possible. Mais une fois qu’on voit les fleurs feuilles blanches ou roses qui entourent tous les arbres, on se dit que marcher sur les allées, c’est mieux. Au bois de Boulogne, on ne peut pas faire 200m sans devoir traverser une avenue. Trouver un passage piéton. C’est rythmé. Revigorant. Pourtant on a vu un écureuil. Qui courait par terre pour passer d’un arbre à un autre. Basile a dit: « Dans le vraies forêts, c’est dur de voir des écureuils, ils sont en haut des arbres. Ici c’est pas une vraie forêt ». On a continué à marcher. Dans le bois de Boulogne, il y a des allées sablonneuses pour les chevaux. On n’en a pas vu un seul, mais on s’est mis du sable plein les pompes.

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Mais au Bois de Boulogne il y a une petite rivière. Sans petit pont pour la traverser. Mais trop large pour sauter par-dessus. Alors on a trouvé un morceau de bois mort, et on a fabriqué un petit pont. Basile est passé le premier. Et puis chacun est passé en commençant par les plus légers. Une fois qu’ils ont été tous de l’autre côté, ils m’ont regardée en se marrant, Coline a sorti son téléphone pour immortaliser l’événement par une vidéo qui ferait le tour de la planète. J’ai vidé mes poches et annoncé mon héritage à mes héritiers. Et j’ai franchi le pont. La branche a émis quelques craquements douteux. Mais j’étais passée.

En fait, il y avait un pont à 15m de là, mais c’était mieux de ne pas l’avoir vu. Et puis il y avait un arbre penché avec un tronc bien large.

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Qui montait très haut.

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On a joué à Mowgli. Presque tous. Et ça, c’était impressionnant.

On n’a rapporté ni marrons, ni batons, ni fleurs, ni papiers roses fluo brillants avec marqué Love dessus.

Quand les rythmes scolaires donnent de bonnes idées

Non je ne reviendrai pas sur la réforme des rythmes scolaires. Je n’en ai toujours pas compris le réel intérêt pour les enfants, et je n’ai surtout pas compris comment le Ministère de l’Education Nationale pouvait aussi facilement s’approprier la Réforme des rythmes scolaires en donnant la responsabilité aux communes de les organiser et de les financer. Et ça coûte une blinde.

Bref, après une journée d’école, nous n’en avons toujours pas entendu parler de manière concrète même si nous savons que les TAP auront lieu 2 fois par semaine, sur des temps de 1h30, ce qui est plus utile à mon sens que 45′ 4 fois par semaine, ce qui ne donne le temps de ne rien faire. Les enfants choisiront des activités sur des cycles de 10 semaines. 3 fois dans l’année. Jusque là, j’adhère.

Mais ce que j’ai apprécié encore davantage c’est l’initiative prise par l’institutrice d’Elise, qui a proposé dans son premier mot du premier jour de la première page du premier cahier les dispositions suivantes:

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Oui, un bon point pour elle. Pour alléger le mercredi et en faire une matinée un peu différente des autres. Et répartir les devoirs dans la semaine. De fait, sans cartable, pas de devoirs le mercredi après-midi. Donc c’est un 2ème bon point pour elle. Elle aura bientôt une image à cette vitesse-là.

Gros chagrin

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Parfois il y a un trop-plein.

Je sens que ça enfle, que ça gonfle.

Je sens que ça se coince, et parfois juste le menton tremble. Ou l’oeil devient brillant. 

Et parfois il y a un trop-plein. De ces trop-pleins qui lorsqu’ils se vident entraînent tout sur leur passage. 

Au départ c’est un événement totalement anodin, une dispute, un moment d’impatience, une frustration.

Et c’est parti. un sanglot, puis un autre, et puis le Niagara. les sanglots qui augmentent. Les sanglots qui se déversent et qui viennent de tellement profond qu’ils coupent le souffle, qu’ils sont bruyants, qu’ils génèrent des torrents de larmes, et un nez qui coule.

C’est le gros chagrin.

Celui des enfants qui souvent prennent sur eux, avalent, sont forts en dehors, passent vite à autre chose. Celui des enfants qui chouinent rarement, qui sont gais et joyeux. Qui ont l’air forts. Mais qui comme tous les enfants ont besoin de pleurer. Parce que comme les autres ils ont parfois de la peine, ils gèrent des frustrations, ils avalent quelques couleuvres.

Et quand le gros chagrin arrive, que faire d’autre que le recevoir?

Que faire d’autre que prendre l’enfant dans ses bras?

Que faire d’autre que le bercer au rythme de ses sanglots puis plus lentement pour ralentir leur rythme?

Que faire d’autre que d’avoir mal aux tripes en l’entendant pleurer à chaudes larmes?

Tenter un échange. Pas une question directe du genre: « Qu’est-ce qui ne va pas? » Celle-là je me suis fait avoir… Elle entraîne une réponse qui englobe: l’école, les parents, les frères et soeur, le chat de la voisine, les copines d’école, la Barbie ou les playmos, la cour de récré et la maîtresse, et les ballerines mouillées.

Je préfère une phrase glissée en chuchotant au creux de l’oreille: « tu es si triste ce soir… » Généralement elle déclenche une deuxième cascade de larmes et de sanglots. Au creux de mes bras, qui serrent fort. Je me dis qu’il faut que ça sorte.

Ce soir, on est resté comme ça pendant 40 minutes. Entre 18h20 et 19h00. Le dîner était en retard, mais nous l’avons préparé ensemble. Parce qu’on ne pouvait pas sortir d’un tel moment et faire comme si de rien n’était. Alors on a prolongé un peu ce moment.

Elle était toute gaie pendant le dîner. Un peu comme si elle s’était allégée. 

Moi j’avais un peu moins faim que d’habitude et ma chemise était humide et salée de ses larmes.

Je crois qu’elle s’est endormie apaisée.

L’atelier

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L’atelier c’est cette pièce magique dans laquelle sont stockés les outils, les clous, les ampoules de rechange, les morceaux de bois.

Les outils, ce sont ces engins un peu dangereux mais pas tous, souvent réservés aux parents, ou même au papa, qui permettent d’assembler, de coller, de fixer, de couper, de percer, de construire, de décorer, de réparer, de créer, d’inventer, de démolir, d’améliorer.

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L’atelier, c’est cette pièce dans laquelle certains enfants peuvent être aussi heureux que dans une boutique de jouets. Parce qu’ils laissent libre cours à leur imagination, créent des objets qui prennent forme et usage sous leurs doigts, qui ont une valeur particulière parce qu’ils ont été conçus, fabriqués. Parce qu’ils ont nécessité du temps, de l’énergie, du soin. Mais surtout, parce qu’ils ont donné l’occasion de toucher et d’utiliser les outils, généralement réservés aux grands.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de ranger l’atelier qui était jusque là inaccessible, principalement parce qu’il y avait un entassement d’outils tous mélangés. L’atelier est une petite pièce attenante au garage, un peu éclairée mais pas très bien, avec un sol en béton. Si on y va pieds nus (mes enfants doivent avoir des origines dans des civilisations qui vivent pieds nus), c’est la pneumonie assurée. Je sais que Jonas aime bricoler dès qu’il est chez ses grands-parents, et je me suis dit qu’il était assez grand pour accéder à l’atelier.

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J’ai trié, rangé, nettoyé, simplifié. Simplifier cela veut dire mettre dans un bac plastique les outils accessibles à tous, dans un autre toutes les vis et clous, et dans un 3ème toutes les pièces utilisables pour bricoler. Chutes de bois, morceaux de baguettes et tasseaux, cageot désossé. J’ai rangé en hauteur tout le reste. J’ai branché un spot supplémentaire, et passé un bon coup de balai.

Rien que cela, ça m’a donné envie de bricoler.

J’ai expliqué les règles aux enfants: Les 3 bacs à disposition en libre-service, on bricole soit dans l’atelier, soit dehors. Et quand on a terminé, on remet les bacs en place. 

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Et la magie a opéré. D’abord sur Jo qui a tout de suite trouvé ses marques, puis sur Elise, et aussi sur Basile et Noé. Chacun produit des oeuvres différentes, montre plus ou moins d’acharnement.

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La semaine dernière, à l’occasion d’un passage chez Leroy-Merlin, Jo est allé au rayon de la découpe de bois demander des chutes supplémentaires. Bon plan gratuit. Il fallait y penser. J’ai investi dans une scie mini… Parce que bricoler sans scier, c’est limité. Et aussi dans un mini marteau.

Message personnel de Jonas: « Grand-Père, si tu lis le blog de Mam’s et que tu peux demander à ton menuisier de t’en donner pour les rapporter, nous sommes preneurs ».

Le bricolage, c’est sympa, c’est minutieux, c’est calme, on papote, on se passe les outils, on se félicite, on se pose des questions, on se donne des conseils. Je me suis mise à bricoler, et ils bricolent en même temps. Noé a percé son premier trou à la perceuse, placé une cheville et fixé un porte-brosse à dents. Tout seul. Il s’en souvient 2 fois par jour, quand il se brosse les dents.   

Je peux inviter un copain?

La question est récurrente, et c’est bien sympa.

Pendant des années j’ai souvent été la pauvre pomme à qui on a fourgué des enfants supplémentaires, parce que une fois qu’on en a 6, si y’en a 2 de plus, ça ne fait pas grande différence. Une maman a même « oublié » ses enfants chez moi et est venue les récupérer à 20h00 un soir. Baignés, dîner pris, histoire racontée, y’avait plus qu’à les coucher.

Alors quand j’ai appris à dire non, il n’y a plus eu très souvent plein d’enfants à la maison. Enfin, il y en a déjà plein. Mais plus que plein.

Maintenant que les enfants ont grandi, j’ai envie qu’il y ait plein d’enfants à la maison. Parce qu’être à la maison, c’est plus sécurisant que de les savoir jouer dans la rue, ou les emmener au parc. Donc j’ai envie que la maison soit le lieu où les enfants aient le réflexe de venir avec leurs amis.

Mercredi dernier, j’ai annoncé que vendredi serait une soirée: « j’invite un copain ». Chaque enfant pouvait inviter un copain/une copine. Chez les scouts ils font la même chose pour recruter des enfants. Moi, je ne cherche pas à recruter, hein?

Au bénéfice d’emplois du temps divers, nous étions 10 à la maison. 9 enfants.

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Je les ai récupérés après l’école, et après le goûter ils sont partis jouer. Vrai moment de tranquillité. Parce que 2 par 2 on ne se dispute pas. On se répartit l’espace pour jouer, chaque enfant avec son ami (e). Bonheur.

Vers 18h30, j’ai mis 4 fonds de pizza et sauce tomate (merci les Kits tout prêts) sur la table, et j’ai mis à disposition des ingrédients: champignons, dés de jambon, lardons, mozzarelle, parmesan, viande hachée, tomates coupées, gruyère râpé, ananas en morceaux, etc. Et puis j’ai appelé chaque binôme pour qu’il fasse sa pizza.

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Une seule règle: chacun devra manger la part qu’il a préparée. Et là, j’aurais pu faire une étude sociologique sur les comportements des enfants: entre celui qui ordonnait chacun de ses ingrédients en ligne, celui qui chargeait la pizza comme s’il s’agissait de son dernier repas, celui qui voulait une pizza à rien, celui qui alignait les dés de jambon, des tranches de chorizo, des lignes de râpé. Bref, j’ai enfourné les 4 plaques de four 2 par 2, et zouuu tout le monde à table.

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C’était vraiment super gai.

Tellement gai qu’on a fêté l’anniversaire de Coline en plantant des bougies dans des pots de Danette et en chantant très fort. Qu’est-ce que c’était bien!

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Après le dîner, un peu de jeux sur l’Ipad. Un défouloir sur la Wii avec Just Dance, un dernier bracelet Rainbow Loom. Les grands négocient pour que leurs potes restent dormir à la maison, et je ramène les plus jeunes chez leurs parents.

On ramasse les légos pour ne pas se tuer les pieds le lendemain matin, on range les Polly Pocket qui sont tous sortis de leur bac, on remet les couettes qui ont servi de cabane, on prête une brosse à dent, un pyjama, un lit. 

Tout le monde se couche un peu tard mais pas trop, et on rêve déjà de la prochaine fois.