Hair

via GIPHY

Dans la vie des ado-rables il y a quelques sujets prioritaires.

Leur vie alimentaire. Partant du constat qu’ils ont toujours faim, tous les sujets de conversations qui traitent  de « qu’est-ce qu’on mange », « quand est-ce qu’on mange », « est-ce qu’il en reste » sont fréquents. Récurrents. Obsédants. Tout le temps.

Leur vie scolaire et étudiante. C’est quand même ce qui les occupe le plus clair de leur temps. Les cours, les devoirs, les évals, les copains, les profs, les emplois du temps. Et les notes aussi.

Leur vie extrascolaire: le sport, les scouts, les vacances, les amis, la famille, les soirées, les compétitions, les entraînements, les sorties.

Mais dans les sujets prioritaires dans la vie des ado-rables il y a…

Leur vie capillaire. Sujet intarissable et récurrent, qui laisse la place à des expériences étonnantes.

La vie capillaire des enfants, c’est assez facile. On parle de longueur de cheveux, tondeuse ou ciseaux, nattes ou queue de cheval. Et on parle de poux aussi. Assy2000 et huile d’olive, et pas mal de gros mots pour insulter ces pétasses de bestioles et tous les parents qui ne traitent pas les têtes de leurs enfants.

La vie capillaire des préados ça se complique un peu: gel ou cire, houpette ou pas, mèche devant l’oeil et le petit mouvement de tête qui se répète 79 fois par jour pour dégager la mèche du visage. On teste les cheveux plus longs, on se rebelle un peu pour ne pas aller chez le coiffeur. Ici c’est plus simple on ne va pas chez le coiffeur, c’est du home made.

Cela fait 20 ans que les économies réalisées sur les coupes de cheveux des enfants me permettent d’aller chez le coiffeur, moi, 4 fois par an. Je n’ai jamais testé la coiffeuse à domicile. Celle qui viendrait avec son bac à shampoing et sa mallette d’outils et enchaînerait 5, 6 ou 7 coupes.

Je pense pouvoir dire que Maël bat tous les records en terme de tentatives capillaires, et grâce à lui, la voie est ouverte pour ses frères et soeurs pour des tests en tous genres de longueurs et de couleur, sans que cela ne provoque aucun choc cardiaque chez moi.

Comme on dit dans ma famille depuis plusieurs générations: « il faut bien que jeunesse se passe… »

Il y a pourtant un seul lieu où les enfants ignorent totalement leurs cheveux, c’est dans le siphon de la douche, et ça c’est pour ma pomme (de douche)

 

Une rentrée multicolore

20160901_191153

Jaune, comme le soleil qui a encore brillé toute la semaine dernière, et dont j’avais bien besoin pour trouver la gnak pour me lever le matin.

Orange, comme la couleur de cahiers que je n’ai pas trouvée. Orange, donc… Finalement c’est aussi bien.

Transparent, comme le film plastique avec lequel j’ai recouvert… beaucoup de livres. Une holà pour les enfants qui sont revenus avec des livres déjà couverts, la chance d’être en tête de l’ordre alphabétique de la classe. Ceux auxquels je n’ai pas pu échapper ce sont tous les nouveaux livres liés à la Réforme des Collèges. Et pourquoi donc le livre de maths est-il édité en format paysage? C’est bien un truc pour éditeur voulant se faire remarquer…

Bleue, comme la lessive qui a déteint au milieu de toutes les lessives de vacances qu’il a bien fallu écluser au retour simultanément avec la rentrée, la reprise du boulot, l’achat des dernières fournitures etc. J’ai essayé sans succès réel un Decolor’Stop. Bon, pas de vrais dégâts mais ça donne un genre certain à certaines fringues.

Rouge, pour rester dans la série, comme la robe que j’ai lavée jeudi pour la mettre à un mariage samedi… et qui a rétréci. Je suis verte. Mais heureusement j’en avais une rose qui allait bien aussi.

Gris, comme le ciel ce matin quand il a fallu reprendre mon vélo sous un crachin que je n’ose appeler breton puisque j’ai eu 3 semaines de super beau temps en Bretagne cet été.

Marron, comme les plantes de mon jardin qui ont grillé cet été. C’est toujours triste, mais ce qui me console c’est que la menthe a résisté, pour assurer les mojitos du printemps prochain.

Beigeasse, comme ma tête lundi matin dernier en allumant mon ordinateur et en découvrant tous ces mails à traiter de personnes rentrées de vacances une semaine avant moi et pris d’une énergie folle à vouloir me faire payer le prix fort de nos longggguuueess vacances.

Dorée, comme la peau des enfants au retour d’un bel été.

Blanc, comme ces fiches de renseignements à remplir. Au collège et au lycée il y en a heureusement beaucoup moins qu’en primaire… J’ai proposé à Basile de remplir les siennes et j’ai aimé qu’il propose de mettre 17 comme numéro de la Police… d’assurance. Blanc aussi comme le yaourt du premier repas d’Elise au Collège, « tellement meilleur qu’à la cantine du CM2, Mam’s »

C’était un bel arc-en ciel de couleurs que nous avons vécu la semaine dernière, plutôt tonique et énergique. J’ai réalisé qu’avec la rentrée en 6ème d’Elise, je prenais ma retraite des rentrées scolaires nécessitant ma présence. 59 rentrées et sûrement autant de quiches et de réunions de parents.

La maison est pleine maintenant de pré-ados, d’ados, et de post-ados. Il paraît que ce sont des années difficiles, sûrement plus pour eux que pour moi. Il y aura du brevet, du concours, des amis, du bac, de la compétition, des challenges, des amours, des contrôles, des DS, des interros. Il y aura surtout beaucoup de vie dans la maison, des tonnes de choses à observer, à commenter, à écrire, et à partager. 

L’année sera colorée!

Et chez vous, ça se présente comment?

Avant, c’est maintenant

Avant, on m’a dit: « petits enfants, petits soucis, grands enfants, grand soucis ».

9yzzaw

Mais ça c’était avant.

Quand ils enchainaient les virus et les microbes, les gastros et les bronchios, les nuits blanches et les poussées dentaires.

Quand je passais plus de temps sur le canapé de la salle d’attente de ma doc que sur celui de mon salon.

Quand on passait des heures carrées sur les tables de multiplication, les poésies de Robert Desnos et Anne-marie Chapouton

Quand ma voiture était ma deuxière maison.

Quand je gérais un portefeuille de baby-sitters recrutées sur le volet pour gérer 6 enfants et survivre

Quand parfois manger une assiette de petits pois nécessitait force et diplomatie, et coup de balai après

Quand les journées commençaient rarement après 7h00

Quand les internes me serraient la main aux urgences de l’hôpital  et connaissaient les enfants par leur prénom.

Quand je faisais des quiches, à raison de 3 par semaine en juin, voire 3 par jour pour les kermesses de fin d’année

Et je me disais que l’avenir allait être compliqué… Si ce que je vivais là c’était des petits soucis, que serait l’avenir? 

L’avenir, c’est maintenant!

ae1011d8de58a92e4a0a003ecd8e1398

Quand ils gèrent eux-mêmes leurs gastros et savent tousser et se moucher.

Quand les vélos ont remplacé ma voiture pour les conduites

Quand il n’y a jamais de restes, ni dans leur assiette, ni à côté.

Quand on parle de Victor Hugo, de géopolitique, et de citoyenneté

Quand je ne les entends pas rentrer de leurs soirées parce qu’ils ne viennent plus dans ma chambre et enlèvent leurs chaussures pour monter l’escalier.

Quand je peux boire un, deux, 3 cafés le matin, seule, en silence pendant qu’ils dorment.

Quand les internes sont devenus médecins et que malgré mes  passages très fréquents dans les services d’urgence, ils trouvent des mères plus jeunes que moi à qui serrer la main.

Quand je choisis de sortir et que la meilleure baby-sitter, toujours disponible, s’appelle Pizza.

Quand les gâteaux au chocolat se font sans moi, et qu’on en profite tous.

Quand ma seule vraie contrainte est d’être là, pas trop loin, plutôt dispo, pour en profiter tant qu’ils sont là.

Ado-rable CV

images

Ils sont ado-rables et on leur demande de faire un CV….

Ahhh la bonne blague!

Que ce soit pour rentrer dans une école, ou faire une demande de stage, chercher un boulot d’été. Un CV à 17 ans… Moi quand j’ai fait mon premier CV, j’avais fini mes études, un diplôme commercial en poche et j’avais appris à me vendre, mettre en avant des compétences, valoriser des expériences, tout ça, je l’avais appris en cours. Et j’ai eu du mal.

Alors faire un CV à 17 ans… Brevet des Collèges mention Bien. ça fait toujours un premier diplôme. En police de caractère 36, avec une photo en A5, ça devrait le faire sur un A4 recto seul.

Je viens de faire son CV avec Coline, et j’avais fait le sien avec Maël il y a un an. Au sortir de leur adolescence.

NDLR: Oui je considère que vers 17-18 ans on sort de l’adolescence, surtout vers 18. Même si on ne range toujours pas sa chambre. Je sais que j’ai une vision optimiste de la situation mais j’ai des circonstances atténuantes, il y a encore 2 ados et 2 pré-ados pour m’occuper les prochaines années….

Faire un CV à 17 ans, c’est compliqué. Parce que c’est demander à un ado-rable en fin de règne de dire du bien de lui-même. De mettre en avant des choses positives. C’est lui demander de se remémorer les choses positives qu’il a faites et qui lui ont permis d’être ce qu’il est aujourd’hui. C’est lui demander de prendre conscience que tout ce qu’il a fait jusqu’à présent va lui servir à se rendre utile, parce qu’il a des qualités et des talents.

20160427_161745

Plage de Lostmarch (29160)

Qui sont les ados qui ont une belle image d’eux-mêmes? Qui sont les ados qui ne subissent pas à longueur de temps des injonctions négatives de la part des adultes et des copains, des professeurs et parfois malheureusement des parents? (mea culpa les Kids si vous passez par là)

« Tu sais, tant que tu n’as pas le bac, c’est comme si tu n’avais rien, hein? » Exemple super basique.

« Je vois mal comment tu pourrais habiter seul alors que ramasser une paire de chaussettes te provoque une sciatique » Exemple basique.

Je vous en donne à la pelle…

Alors en travaillant avec eux sur leurs CV, je me suis vue entrain d’écrire un billet sur l’estime de soi, sur la mienne. Pas sur celle de mes enfants. Et j’ai réalisé que faire un CV, pour un ado, c’est travailler sur l’estime de soi, pour la première fois. Apprendre à mettre en valeur ce qu’on est, et le poser sur un papier pour d’abord en prendre conscience, et ensuite pour le partager.

Et c’est juste magique!

Bonne chance avec les CV de vos ado-rables

Quelle humeur ado-rable

ado

Aujourd’hui, je me suis dit que j’allais partager avec vous des petites observations qui m’aident à composer avec l’humeur imprévisible des ado-rables qui partagent ma maison. Le petit laboratoire d’observation que représente ma famille est une mine! Mais il n’est représentatif que de mes enfants, d’où forcément un manque total d’objectivité, auquel s’ajoute la tendresse toute particulière que j’ai pour cette tranche d’âge, moi qui ai pourtant été une ado bien pénible.

D’abord, j’ai passé quelques temps à essayer de comprendre comment fonctionne l’humeur des ado-rables. Pour être aussi imprévisible, c’est qu’elle est la résultante d’une quantité impressionnante de facteurs distincts formant un algorithme dont personne (à ma connaissance) ne connait la résolution.

  1. Les hormones, les modifications du cerveau, la croissance et la puberté. Tout ça, c’est physiologique, physique, un peu atomique aussi. Cela dure 5 ou 6 ans, on y est tous passés, il faut faire avec. Je ne maîtrise pas le passage de la pointure 39 à 46 en 1 an, ni la prise de 20cm. Mais ça doit quand même faire mal un peu partout.
  2. Le sommeil. Point trop n’en faut, mais il en faut quand même pas mal. A force de leur avoir répété quand ils étaient enfants que le cerveau travaille pendant le sommeil pour ingérer les connaissances de la journée en espérant qu’ils dorment un peu plus tard le matin, ne nous étonnons pas que l’adolescent considère comme tortionnaire et contraire à son harmonieux développement qu’on puisse le réveiller avant midi. Mais trop, c’est trop. L’état léthargique de l’adolescent qui a dormi 14 heures d’affilée fait parfois un peu peur. Pour comprendre l’humeur de l’ado-rable, j’aime bien savoir combien d’heures il a dormi dans les dernières 48 heures. Ni trop peu, ni pas assez.
  3. L’estomac. C’est (et c’est surtout vrai chez les garçons) son nouveau centre de gravité à l’âge ado, et l’un des nouveaux guides de son humeur. C’est son guide spirituel, son horloge interne, son GPS pour se diriger vers un lieu unique: la cuisine. Tous les repères de diététique inculqués depuis 15 ans sont oubliés. Oui il a faim tout le temps et se plaint en permanence de la menace d’hypoglycémie voire même d’inanition qui pèse sur lui. Oui il est capable de petit-déjeuner copieusement à 13h00 (ne lui a-t’on pas toujours dit que c’était le repas le plus important de la journée), de déjeuner normalement à 13h30, de passer pour un petit en-cas vers 15h00 (« C’est dans combien de temps le goûter? »), de s’avaler une demi-baguette vers 16h30; De passer faire un tour dans la cuisine parce que ça sent tellement bon vers 19h00 en profitant du passage pour se faire une petite tartine. De dîner vers 20h00 en demandant avec candeur si après soupe/quiche/salade/ il va y avoir un plat de résistance. De repasser manger un sandwich (« t’inquiète, bouge pas Mam’s, je me le fais tout seul ») vers 22h00 parce qu’il ne faut pas dormir l’estomac vide.
  4. Sa vie perso, ses copains, ses histoires d’amour (le tout mixé avec les hormones) etc. Qui contribuent à son humeur à travers son smartphone. SMS, Snapchat, Facebook, les copains sont là, tout le temps à la maison. Oh ce n’est pas la peine de leur jeter la pierre, on n’est pas mieux avec nos téléphones de boulot, nos mails pros. C’est du blurring pour nous, et pour eux aussi. Finie l’époque ou chacun déposait ses soucis extérieurs en rentrant à la maison.

Alors, une fois pris en compte tous ces paramètres, qu’est-ce qu’on sait de plus?

  • Communiquer avec un ado-rable (dans le sens d’un échange constructif, avec des idées riches, de l’humour, des décisions, des questions, des réponses) je ne m’y risque jamais le matin. Seul créneau possible: entre le goûter et le dîner, ou après le dîner. Pour un peu d’intimité, quand c’est nécessaire, je choisis après 21h00 quand les « petits » sont couchés.
  • A cause du point 1, et si par malheur j’oublie de tenir compte des autre, je reçois parfois des skuds(*) en réponse à une question que je pensais simple et sans enjeu. Parfois il arrive que je reçoive un skud sans même avoir posé de question. C’est la faute de l’algorythme… Le plus souvent, cela me fait l’effet de la pluie sur les plumes du canard… ça glisse. J’y reviens plus tard, sur nuit complète-estomac-plein.
  • A cause du point 2, il y a un risque à tenter l’échange ou la transmission d’informations le matin. Le pire, chez moi étant le moment du petit-déjeuner. Ne pas se parler, ne pas se dire de choses importantes. « Tu peux me passer le miel, stp? » étant déjà une prise de risque importante.
  • A cause du point 3, la gestion de l’intendance est parfois un peu tendue. Du pain, beaucoup. Des pommes, beaucoup. Du lait, beaucoup. Du chocolat? oui, mais quand il n’y en a plus… il n’y en a plus. Du jambon, de l’emmental? Toujours.

La multiplication du nombre d’ado-rables à la maison demande un peu d’énergie. Souvent le soir, puisque c’est le meilleur moment. Pour eux.

Et pour moi ?? La question n’est pas là, l’important c’est de com-mu-ni-quer. Et de se confier aussi. Et de rire. Et de raconter. Et de passer des messages. Et d’écouter. Et d’aller se coucher le soir sans claquer une porte ou laisser un vieux conflit larvé qui empêche de s’endormir.

Et de continuer à observer, parce que quand même c’est assez magique, la transformation d’enfants en adultes.

(*) Skud: petite phrase ou remarque assassine, parfois appelée reproche ou cri de haine, qui sort de la bouche de l’ado, et qui peut faire mal quand on ne s’y attend pas. Parce que le sud ne s’est pas annoncé.

 

 

Ensemble

20150920_150252

Les enfants grandissent… Vite.

Non, pas trop vite, juste vite. Et du coup, je regarde, je constate, j’observe, je souris, et je m’adapte.

Je m’aperçois qu’une fois qu’ils sont au collège, l’indépendance les gagne. Enfin pas quand il s’agit de se nourrir, ou de se payer des fringues. Mais pour s’occuper, ils aiment bien être seuls. Geeker un peu, beaucoup, ça prend du temps. Dormir. Aussi. Travailler, de plus en plus. Si, si. Regarder une série, parfois. Aller voir les potes. De temps en temps.

Et les frères et soeurs là-dedans? On les croise autour du lavabo quand on se brosse les dents, à la porte des toilettes quand l’un prend la place de l’autre, à table. Oui, à table c’est sacré, le dîner du soir. Ou les déjeuners du week-end. Parfois un jeu le soir, ou un film ensemble vautrés sur le canapé.

Et puis de temps en temps un vrai grand moment. Qu’ils partagent entre eux. Un moment qu’il faut parfois provoquer pour qu’il arrive, parce que c’est celui où ils échangent, ils rient, ils s’engueulent un peu aussi, mais où surtout ils sont ensemble.

Cet été, les enfants n’ont pas passé une seule semaine de vacances tous les 6. Pour la première fois. Il faut que je m’y fasse, « tous ensemble » deviendra de plus en plus rare.

Aujourd’hui, nous sommes allés pique-niquer tous ensemble. Le parc du château de Versailles, il y a pire comme environnement. Un sac plein de ce qu’il fallait pour faire des sandwiches énormes (et chacun se fait les siens, c’est un autre avantage de les voir grandir). Des raquettes de badminton, 1 diabolo, des fleurs à cueillir et accrocher dans les cheveux des filles. 3 heures ensemble.

3 heures volées au rythme de 6 enfants qui courent vers l’indépendance, l’autonomie, l’âge adulte, mais dont les souvenirs d’enfance se construisent aujourd’hui: Ceux qui sont indélébiles, ceux qui font du bien, ceux que rien ne pourra altérer, et qui compensent les moments plus difficiles qu’ils subissent par ailleurs.

Petite histoire du soir, sur l’autorité

IMG_9946

Avec 4 ados à la maison (un qui ne l’est presque plus mais quand même, et un qui le devient au contact de ses aînés), ça me pose pas mal de questions sur l’autorité.

Quand ils étaient petits, j’ai beaucoup pratiqué le « parce que c’est comme ça » à leurs questions qui remettaient en cause une décision posée.

Par exemple: « mais pourquoi on ne peut pas se coucher à 22h30?« 

« Parce que c’est comme ça« .

N’en déplaise à tous les parents qui prennent plaisir à discuter, argumenter, expliquer, justifier, ou à tous ceux qui ont tenté de me convaincre qu’en discutant avec des petits, ils comprenaient mieux, s’ouvraient davantage à l’échange etc. Peut-être que c’est dû au nombre d’enfants que j’ai, ou pas, mais je ne suis jamais rentrée dans ce schéma…. Pourtant, j’ai lu, relu et re-relu Dolto, Fillozat, Rufo, Naouri, Antier etc.

Bon, je n’ai pas toujours été aussi radicale, j’ai donné quelques explications sur le coucher tard lever tôt, les rythmes de sommeil etc mais je n’ai jamais été du genre à entamer des négociations avancées avec mes enfants, petits. Avec le recul, je n’ai aucun regret, parce que…. je me rattrape bien maintenant.

Et c’est un presque toujours pur bonheur.

Poser un acte d’autorité auprès d’ados, c’est parfois obligatoire. Il faut bien que quelqu’un pose des limites quelque part. Voire même un interdit. Explique ce qui relève du respect de la loi ou pas (conduire une voiture sans permis, ne pas porter de ceinture ou de casque, consommer des substances dangereuses voire illicites etc). Ils en ont besoin, ça les rassure, comme quand ils étaient petits, et puis ça leur permet de savoir quoi franchir s’ils veulent les dépasser (oui, mes ados sont des vrais ados qui franchissent des limites, il faut bien qu’ils se construisent).

Et s’il n’y a pas de limites posées, il n’y en a pas à dépasser. CQFD.

Quand les enfants sont petits, l’acte d’autorité est posé. On se couche à telle heure, on finit ce qu’on a dans son assiette (c’est à moi de ne pas trop la charger pour que ça marche). Et puis ce qu’on assène un jour doit si possible être encore valable le lendemain.

Une fois qu’ils sont ados, on entre dans la mouvance. Impossible d’être strict et rigide sur des positions tranchées. Finalement, tout doit peut toujours être remis en cause, adapté, discuté. D’un enfant à l’autre, d’une situation à une autre. Même si parfois c’est un peu fatigant, et que ça oblige à se remettre en cause. Dans la limite du respect de la loi quand même. 

Qu’il s’agisse des heures de retour de soirée, de sorties avec les potes, de décisions à prendre pour des études, de choix de fringues, de budgets à dépenser, de services à rendre, tout est toujours ouvert à la négociation. Plus j’affirme ma position tôt dans la discussion, plus je la ferme. Plus je les laisse s’exprimer, plus j’ai les moyens de les amener à prendre la décision qui leur semble bonne pour eux, et en accord avec celle que j’aurais prise « d’autorité » s’il n’y avait pas eu discussion.

Exemple tiré de la vie réelle et récente:

– « Mam’s, ce soir je sors »

NLDR: Pour se sentir un peu plus adulte, l’ado ne demande plus s’il peut ou ne peut pas sortir, il part du principe que c’est acquis. Le vendredi ou le samedi soir. Les autre soirs de la semaine, il ne tente pas sa chance. Parce que la fin de non recevoir, ça existe aussi. Parfois.

– « Tu vas à une soirée?« 

– « Oui »

NLDR: De manière générale, l’ado est plutôt loquace chez moi. Mais dans certaines situations, il se dit qu’en économisant ses mots, il se pourrait que je passe à autre chose. C’est une autre manière qu’il a de s’affirmer. Il oublie juste que j’ai aussi été ado un jour (d’ailleurs il l’oublie souvent, pensant que je suis née dans la grotte de Lascaux et que j’y ai vécu jusqu’à ce qu’il m’aide à en sortir)

– « Et« ?

NLDR: J’applique la même technique que lui, lui montrant par là-même que non seulement j’ai entendu son oui, mais que ça m’a vraiment donné envie d’en savoir plus.

– « Ben on sera 5 ou 6, que des mecs, on se retrouve chez M. et on doit se regarder un film« .

NLDR: S’il précise qu’il n’y a que des mecs, cela m’évite de poser la question de la présence de filles ou pas. Il sait pertinemment que je n’irai pas vérifier, mais il s’évite des questions sur les prénoms des filles, les plans amoureux en cours etc, discussion qui doit venir de sa propre initiative, et sûrement pas de la mienne.

– « Un film porno? »

NLDR: Là, à ce stade-là, s’il me répond oui, je suis mal. Mais comme il me connait et n’a pas envie de me coller des claques post-évanouissement qui risqueraient de le mettre en retard à sa soirée, il joue le jeu.

– « mais nannnnnnn, pffffffff, on va regarder American Pie 

NLDR: c’est plutôt marrant, pas très fin, un bon film à regarder entre ados. S’il le voit avec des potes, cela évitera qu’il me l’impose un soir à la maison.

– « Et après le film? »

NLDR: Les gros sabots je sors

« Ben je sais pas »

NLDR: je crois qu’il est sincère, il ne s’est pas projeté sur la suite, vraiment.

« Donc en fait tu seras rentré à 23h30 »

NLDR: Traduction ouverte de « c’est 23:30 dernier carat« , mais sous forme de question, ça passe toujours mieux, au cas où il voudrait me répondre « même avant ». C’est une manière de lui couper l’herbe sous le pied au cas où il aurait voulu tenter une prolongation de soirée post-film.

– « Ouais, y’a moyen! »

NLDR: Il est d’accord sur la faisabilité du truc, et du coup, il accepte le principe de se prendre un sms de ma part s’il n’est pas rentré à 23:30, lui demandant avec un humour au degré 0 s’il prévoit un jour dans sa vie de retourner voir un film chez son pote.

Je sais aujourd’hui que si d’entrée je joue l’inspecteur du KGB en demandant: Où, chez qui, à quelle heure, jusqu’à quand, y’aura qui? Je les connais? Je n’en saurai pas plus, et j’aurai droit à un skud du genre « ehh, Mam’s tu ne me fais pas confiance ou quoi?« , et ce genre de discussion là, je préfère les avoir à froid, l’estomac plein.

Et puis parfois, c’est l’incompréhension, le néant de la discussion, et on n’arrive à rien sur le moment. Et l’un et l’autre se séparent, chacun réfléchit de son côté, je me refais le film, chacun bouge un peu sur ses lignes et on s’y remet, jusqu’à trouver un terrain d’entente, ou une limite infranchissable ou non négociable. Et là on trouve un autre sujet de prédilection pour les ados: « Comment gérer ses frustrations »

A plus tard pour de nouvelles aventures d’ado-rables!

 

Tu me passes ta carte de crédit?

visa-premier

Quand j’étais petite, il y avait un livre que ma maman nous racontait. C’était l’histoire de deux enfants, la grande fille d’au moins 10 ans et son petit frère pas si petit, dont la maman était un peu malade le samedi matin. Alors elle leur dressait une liste de courses, leur confiait de l’argent dans son porte-monnaie et les envoyait au marché.

Ils se sentaient investis d’une vraie mission de confiance, étaient gentils avec les commerçants, se faisaient offrir un bonbon par la boulangère, et comme il leur restait de l’argent dans le porte-monnaie à la fin des courses, ils achetaient un joli bouquet à leur maman pour lui faire plaisir.

Je ne me souviens pas qu’il y avait un papa dans l’histoire pour aider la maman quand elle était malade, mais ça, on va dire que c’est parce que c’est une vieille histoire, hein? Dans la vraie vie, ça ne se passerait plus comme ça de nos jours…

51FvJK8FIqL

EDIT: Une lectrice du billet m’a retrouvé le titre du livre…  C’est bien celui-là!

Cela fait très longtemps que les enfants font des courses seuls. Ou par deux. Une baguette, un litre de lait, une boîte d’oeufs. Je répétais les conseils de sécurité de base et les autres aussi, je les regardais par la fenêtre, et comptais les minutes avant leur retour.

Depuis quelques années, je confie ma carte bleue qui est jaune à mes enfants. La première fois, c’est parce que je n’avais pas d’argent liquide, ou pas assez pour payer la liste de courses. Basile devait avoir 13 ans, et il m’a raconté l’étonnement de la caissière quand il lui a dit « je paie par carte ». Depuis ils préfèrent utiliser les caisses minute… sans caissière. ça claque quand même de sortir la Visa Premier à 13 ou 15 ans!

Bobby Emotional Merchandising Site.ashx

Et puis une autre fois, j’ai proposé aux aînés une virée shopping sans moi. Un budget de 30 euros chacun (s’ils voulaient dépenser plus, c’était eux qui finançaient). Ma carte bleue toujours jaune dans leur poche, le code dans leur tête. Et un justificatif/ticket de caisse au retour.

Par contre, ils ne veulent jamais ni pochon, ni caddie de mémère.

J’évite de les envoyer chercher de l’argent au distributeur, histoire d’éviter un risque de braquage ou autre. Enfin, si, les grands l’ont déjà fait. Le code c’est par coeur, ou pas.

Un jour, j’ai vécu un grand moment de solitude (et de fatigue aussi?). Ce moment où j’ai composé mon numéro de carte bleue jaune à la caisse d’un magasin: « code erroné ». 2ème fois: « code erroné ».

Je savais que Coline le connaissait, même du fin fond du camp scout où éloignée de toute civilisation, elle pouvait me sauver la mise ( et mon caddie avec). J’ai réussi à la joindre via sa responsable et elle me l’a rappelé. J’ai sauvé mon caddie. Depuis, j’ai une formule hyper compliquée qui me permettrait de retrouver ce code dans mon téléphone… si je me souviens de la formule au moment où je perds mon code.

Un jour, il faudra que je leur confie la clé de ma voiture. Je ne suis pas encore prête. 

Je dis souvent aux enfants que la confiance de l’autre est longue à gagner, qu’elle a besoin d’être entretenue, et qu’elle est facile à perdre… Pour l’instant, aucun ne l’a trahie en achetant avec ma carte billet d’avion pour Acapulco.

Ni un bouquet de fleurs d’ailleurs.

Pourvu que ça dure!

No stress…

173502861044642526-small-jpg

Basile avait un train à prendre pour partir skier.

Des mois qu’on organisait ces vacances, en se demandant jusqu’au dernier jour s’il allait pouvoir partir. Le vendredi soir il a fait son sac. Ne rien oublier. Ni le stick à lèvres, ni les gants, ni son chargeur.

Ni son passeport et son billet de train. Surtout.

Le train était à 8h et des brouettes. On s’est mis d’accord pour partir à 7h et des brouettes. A Paris, ça roule bien le samedi matin. 

A 7h00, je suis allée le réveiller, pour être sûre. J’étais aussi excitée que lui de ces vacances à venir. J’ai allumé sa lumière, chatouillé le pied qui dépassait de la couette, vérifié qu’il ouvrait bien les 2 yeux. J’ai même chanté du Jean Ferrat. C’est imparable pour se réveiller.

A 7 heures et presque des brouettes, j’étais prête. Je lui ai préparé 3 tartines.

A 7 heures et des brouettes, je suis descendue pour voir si tout allait bien. Il s’était rendormi. Il ne se souvenait pas que je lui avais chanté Jean Ferrat.

Il n’a pas eu le temps de manger ses 3 tartines. J’ai proposé qu’il attache ses lacets dans la voiture. Laquelle voiture avait le pare-brise gelé. J’ai rêvé d’avoir un pare-brise de 107 au lieu de mon pare-brise d’Expert Tepee. J’ai gratté avec ma carte Familles Nombreuses SNCF. Pour conjurer le sort.

Je lui ai demandé de vérifier l’horaire de son train. 8h11. 8h et des toutes petites brouettes. 36 minutes pour rejoindre puis traverser tout Paris. 

On est laaaaaaarrrggggeeee m’a t’il dit. La phrase typique de celui qui n’a jamais vécu un bouchon parisien. J’ai imaginé le mettre dans le RER direct, mais c’était déjà trop court.

Je lui ai dit que quand on roulait à 50 km/h, les feux s’enchaînaient au vert, en roulant à vitesse constante. C’est faux.

Il m’a fait remarquer que la voiture qui respectait les 70 km/h sous le tunnel de la Défense nous ralentissait un peu. J’ai voulu lui parler du 7h et des brouettes qui permettaient d’anticiper ça, mais j’ai gardé le silence, et mon calme apparent.

Il a adoré la traversée de Paris à la fraîche. La Porte Maillot déserte, les pavés de l’avenue de la Grande-Armée (« Coucou ton bureau, Mam’s!), la place de l’Etoile sans ralentir. 

Tous les feux verts sur les champs Elysées. On n’a même pas pu voir la nouvelle vitrine de l’Espace Peugeot Avenue. Tropppp dooommmmage.

7h45 La roue de la place de la Concorde ne tourne pas encore. Tunnel du Châtelet. C’est beau le Palais de Justice, et les tours de Notre-Dame. Sur les quais, c’est 50 km/h. Je respecte.

Devant la gare de Lyon, il y a une place. Une grande place pour ma grande voiture. Un jour de grands départs aux Sports d’hiver. Je dois me rappeler qu’un billet d’Euromillions peut rapporter gros si on a de la chance. Et j’ai de la chance.

Tiens la Fnac est ouverte dans la gare. L’occase de choisir un petit roman? Tu rêves, mon fils.

A 7h57 il est assis à sa place. Dans le sens de la marche. On s’embrasse, on se souhaite de bonnes vacances. On se quitte.

J’inspire fort pour me remplir les poumons après l’apnée dans laquelle j’étais plongée depuis 30 minutes.

Il ressort du wagon, sourit, m’embrasse et me glisse à l’oreille: « Tu vois, j’aurais pu dormir 10 minutes de plus »

Les laisser dormir le matin

ado-qui-dort-300x225

Le matin, mes ados aiment dormir.

Pas tous.

Pas tout le temps.

Certains plus que d’autres.

Est-ce que c’est génétique, ou lié à la croissance, ou à leur rythme de vie, il y a sûrement un peu de tout ça. Ils sont capables de dormir jusqu’à 1 heure de l’après-midi. Au moins. Ce n’est pas de la grasse matinée, c’est de l’obèse matinée.

Quand moi j’étais ado, j’étais comme eux. Et ma mère me laissait dormir. Enfin parfois elle décidait de passer l’aspirateur dans le couloir près de ma chambre, intentionnellement ou pas, je ne sais pas. Et puis j’avais de plus jeunes frère et soeur pour qui dormir jusqu’à 8h00 relevait de l’exploit.

Chez ma copine L, c’était bien différent. A 9h30, au plus tard, sa mère déboulait, ouvrait les volets, la fenêtre pour éliminer l’odeur de chacal qui l’avait atteinte en entrant dans la chambre et déclarait haut et fort que « dormir le matin, c’est perdre du temps ».

Quand je ne bosse pas et que je n’ai pas de contraintes, je dors jusque vers 8h30. Parfois 9h00, rarement plus tard. Et parfois je me rendors après, c’est bon. Mais c’est très rare.

Quand ils n’ont pas cours et pas de contraintes le matin, je ne réveille pas mes enfants le matin. Je les lève pour le déjeuner parce que bon quand même, rater un repas, c’est quand même ballot, surtout quand j’ai fait un rôti de porc aux pruneaux.

Si je les réveille le matin, je sais ce que ça va donner. Il vont venir petit déjeuner la tête dans le sac, en grommelant des trucs inintelligibles pour qu’on leur fiche la paix, ils vont errer, puis se vautrer sur le canapé l’air hagard et le regard absent, comme s’ils portaient toute la misère du monde sur leurs épaules. Pourquoi m’imposerais-je de subir ça? Ils sont tellement mieux dans leurs lits et moi tranquille à vaquer et faire ma vie seule, ou avec ceux des enfants qui ont choisi d’être là.

Donc le matin, personne ne réveille personne. Les enfants ne me réveillent pas, et je ne les réveille pas.

Et chez vous? C’est quoi la solution?