Ce sera le tube de l’été

Il y a un truc sympa dans une famille nombreuse, c’est que chacun apporte à la maison des trucs de l’extérieur et en fait profiter les autres. Et comme nos enfants ne sont pas les spécialistes de l’introversion et de la timidité, ils ne sont pas les derniers à l’affût de ce qui se produit, sort dans le commerce, ou a du succès. Accessoirement ils sont plutôt hyperconnectés.

Et donc, ce soir, j’ai décidé de vous faire profiter d’un scoop dont je pense vous pourrez remercier Maël pendant des semaines après l’avoir partagé avec vos enfants. Ce tube, c’est comme une trainée de poudre. On l’entend, on l’a dans la tête, on le chantonne, on le réécoute pour bien s’imprégner des paroles. Si on en a marre de l’écouter, c’est pas grave on l’a dans la tête pour la journée.

Plus d’1 million de vues sur Youtube, il est classé 31ème des singles sur Itunes. Il est sorti le 15 mai, c’est le tube de l’été. Et c’est cadeau. Elise et Jonas sont des pure fans. Je m’excuse auprès des maîtresses parce que demain ça va dépoter dans la cour de l’école.

Allez, je vous laisse profiter:

 

Non, ma super copine qui se marie le 29 juin, tu ne le mettras pas à ta soirée, hein?

 

Les devoirs, c’est soporifique parfois

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J’ai la chance d’avoir des horaires de travail qui me permettent d’être à la maison pour assister et participer aux devoirs des enfants. Aux devoirs des petits enfants. Les grands, je ne les aide que s’ils me sollicitent. Sinon, je pose des questions genre KGB « tu avais quoi à faire en maths? », « tu as bientôt une interro d’histoire? », « Tu as eu des notes aujourd’hui? », « Tes potes ont passé de bonnes vacances? » etc.

Je dis que j’ai la chance mais bon, parfois c’est le supplice…

Je suis de presque près 6 programmes scolaires distincts. Et les 3 derniers, je me les suis déjà farcis (le terme est faible) 3 fois, 4 fois, ou même 5 fois. Il parait qu’il y a eu des réformes entre 2 mais pour moi c’est toujours pareil…

Les devoirs, c’est de 17h15 à 18h00. Maximum. Entre le goûter et les douches. Après ça fait trop long pour moi… Il s’en passe des choses entre 17h15 et 18h00. De la lecture, des tables de multiplication, des leçons de géométrie ou d’histoire, je ne vous fais pas de dessin. Et du découpage de gomme, du taillage de crayons, des récits de blagues, de l’effaceur d’encre et des menus de cantine. Parfois nous sommes tous autour de la table. C’est plutôt efficace. Parfois je m’installe sur le canapé, et là, c’est dur. Dur de lutter contre la chaleur qui m’envahit doucement, la litanie des 2×3, 3×3, 4×3 et bijou caillou chou genou, les églises gothiques et les églises romanes, les principaux articles de la déclaration des droits de l’homme, le littoral français, les batailles de Napoléon. Je lutte. Tout d’un coup il est 18h00.

Le salon s’est vidé, les cartables sont rangés, les enfants se sont carapatés sur la pointe des pieds « C’était pour ne pas te réveiller, en fait, tu ne posais plus de questions, alors on t’a laissée te reposer ». 

Quand l’art est enseigné à l’Ecole

Aujourd’hui j’ai une nouvelle occasion d’adresser des félicitations à l’Education Nationale. 

A tous les enseignants. Bon, ça, c’est un peu hypocrite, parce que certains me saoûlent. Mais quand même.

Je leur adresse un hommage particulier parce que produire des oeuvres d’art avec une classe de 28 enfants, c’est un challenge qui me surbluffe. Dans le cas présent, les instits ont su faire appel à une vraie peintre, les parents ont fourni plein de matos de récupération, et il a fallu beaucoup de temps. Et je pense sincèrement qu’il a fallu aussi beaucoup de patience, beaucoup de ménage, beaucoup de passages aux toilettes pour se laver les mains, beaucoup de rattrapages.

Et tout parent qui a fait du bricolage à la maison avec ses enfants le sait. Un atelier pâte à sel peut se transformer en un chantier de construction de bâtiment. Un atelier de peinture peut dévier en partie de paint ball.

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Autoportrait, à la manière de Modigliani

Alors avec quelques années d’expérience, j’ai appris que certaines oeuvres nécessitent des ohhhh et des ahhhhh d’admiration un peu forcés. Mais bon, dans l’art il en faut pour tous les goûts. Et comme on le sait, il suffit parfois d’un jet de peinture sur une toile blanche pour être un artiste. Mais dans le cas présent, c’est magnifique.

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Potager vivant

Donc la barre est haute maintenant… et la fête des mères se profile à l’horizon… il faudra viser haut, très haut!

Et tant que j’y suis, j’en rajoute une couche (ouarf) Donner le goût de l’art et un peu de culture artistique à nos enfants, c’est ce qui leur permet après d’avoir quelques références. C’est comme ça que Andy Warhol a fait son entrée dans la chambre de Basile. Si Vincent Peillon passe par là, qu’il pense à proposer des financements pour ces intervenants dans les écoles de nos enfants.

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PS: Je veux bien des adresses de Tuto pour réaliser des oeuvres d’art « à la manière de »

Le zap

La semaine dernière je suis partie 4 jours. 4 jours pour continuer à donner du temps et de l’énergie pour l’association Petite Émilie.
Cela fait 4 ou 5 ans que j’y vais et que je laisse Pap’s gérer la maison et les enfants.

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La première année, j’avais laissé un cahier avec une page A4 par jour: les menus, les consignes, les doses de Doliprane avec les poids de chaque enfant, les horaires, les emplois du temps, les quantités, les téléphones, etc.

La 2ème année, j’ai zappé le Doliprane
La 3ème année, j’ai zappé les horaires
La 4ème année, j’ai zappé les menus
Cette année, j’ai blindé le fridge et c’est tout. Enfin presque. Le matin de mon départ, Elise avait plein de fièvre. Et aussi super mal au talon.

Pap’s a géré la super angine et la tendinite. Le rv de doc et le Doliprane. Les talonnettes en silicone et les massages le soir. Les 6 enfants et l’intendance. Les activités et les loisirs.

Et aussi tout le reste.
Je suis rentrée pour la chasse aux œufs.
Merci Pap’s

Désapprendre pour apprendre

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Je viens
Tu viens
Il, elle, on vient
Nous venons,
Vous venez
Ils vient

- Non Elise. Ils au pluriel c’est plusieurs personnes, comme si c’était Elise et Jonas par exemple.

Ils vont

- Non Elise. Là, on est bien au pluriel mais c’est quel verbe?

Je vais

- Oui c’est le verbe aller. Donc avec venir ça donne quoi? Nous venons, vous venez, ils…???

Ils arrivent

Je m’arrache les cheveux. Je pense que je finirai chauve avant qu’on attaque le passé simple.

Certains des enfants ont une mémoire visuelle. Il suffit qu’ils enregistrent l’image radical-terminaison et les règles de groupe de verbe pour qu’ils sachent tout conjuguer. D’autres doivent mettre du sens à ce qu’ils apprennent. Sinon ça ne rentre pas.

A certains enfants, il suffit de dire que 2 + 2 = 4 pour qu’ils le sachent. Pour d’autres enfants, tant qu’ils n’auront pas vu les 2 tas de 2 billes se rassembler en un seul tas de 4, ils ne le comprendront pas. 

Alors nous, les parents, on fait quoi? Parce que pour nous c’est pareil. Moi je fonctionne comme les premiers enfants. Parmi nos enfants, 4 sont comme moi, et 2 ne le sont pas. Donc 2 enfants vont me rendre chauve? Elise fait vraiment partie du 2ème groupe.

Nous n’apprenons pas pareil. Et pourtant je dois l’aider à apprendre.

J’ai franchi une belle étape quand j’ai compris qu’on ne fonctionnait pas pareil. C’était il y a longtemps quand je m’arrachais déjà des cheveux avec Maël qui était en CP.

Flashback

Une bouteille de coca sur la table, et Maël, en Cp, déchiffre: C et O, ça fait CO, C et A, ça fait CA etc…

Coline, 4 ans, lui coupe la parole et dit: il y a écrit « Coca-Cola ».

Pour Maël c’est l’association des lettres du mot qui lui permettront de le lire et donc de le décrypter (des fois qu’ils aient voulu nous faire une blague et écrire Orangina)

Coline ne sait pas lire. Mais elle sait que c’est une bouteille de Coca-Cola, donc il doit bien y avoir écrit Coca-Cola dessus. 

En fait, c’est un peu comme la méthode globale et la méthode syllabique. J’apprends des mots-images ou j’apprends les lettres et leurs associations, non? 

Retour en 2013

C’est avec cette petite analyse que depuis 10 ans je fais les devoirs avec les enfants et que j’ai encore des cheveux. 

Apprendre une leçon d’histoire recopiée au tableau est un supplice pour 2 de nos enfants. Ils ont besoin de frises chronologiques, de tableaux, de schémas. Il suffit parfois de retranscrire une leçon pour qu’ils la photographient et l’enregistrent très rapidement.

Pour la conjugaison j’ai une autre technique. Réciter des verbes hors contexte est compliqué pour Elise. Appliquer la règle du radical + terminaison n’a aucun sens pour elle. Cela ne lui parle pas. Conjuguer le verbe avoir, c’est dur. Par contre, si on lui demande de conjuguer le verbe avoir dans la phrase « avoir 8 ans » cela donne:

J’ai 8 ans, tu as 8 ans, il, elle, on a 8 ans. Nous avons… presque 8 ans 1/2, hein Maman?

Parfois, quand je fais les devoirs avec un enfant, j’ai juste l’impression d’avoir un poisson sourd et malnutri en face de moi. Je lui parle français et il ne comprend que le swahili des hauts plateaux. Et c’est parfois désespérant.

Depuis que je parle le swahili des hauts plateaux, pour garder mes cheveux, ça va quand même mieux. Parce que c’est à moi de m’adapter à la méthode d’apprentissage et surtout d’assimilation qui leur va bien. Et qui n’est pas forcément non plus celle qu’on leur enseigne à l’école où tout le monde doit un peu apprendre pareil.

Pour la conjugaison, j’ai aussi pris le temps d’afficher les conjugaisons dans les toilettes. ça finira peut-être par rentrer.

Et tout mon bonheur c’est quand on conjugue le verbe pouvoir au passé simple. ça continue à me faire mourir de rire. Jonas a dit à sa maîtresse que c’était mon verbe préféré. Il n’était pas obligé. 

PS: j’aurais pu aussi vous parler de l’accent qui s’appelle une fois l’accent chapeau, l’accent chinois, le chapeau circonflexe, le chapeau chinois etc. mais jamais l’accent circonflexe!

Habemus papam

Nous avons vu apparaître le nouveau pape en direct à la télé. Il a quand même fait fort. 20h16, en plein journal télévisé. C’était bien vu. 

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L’occasion pour expliquer aux enfants comment s’organise l’élection, les cardinaux, la fumée noire, la fumée blanche, l’Eglise, les catholiques.

Et Elise:

- Moi je ne suis pas catholique, je suis catovienne (*)

(*): les catoviens sont les habitants de Chatou. Je suis désolée pour ceux qui comme Jonas pensaient qu’on les appelait les chatouilleux.

8 ans d’étonnement

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Chaque année, je ne peux m’empêcher de faire un flash-back sur le tsunami qu’a été l’arrivée d’Elise et Jonas à la maison. Et le tsunami a duré jusque vers 2 ans en fait. Enfin même jusqu’à leur entrée à l’école. 

Avant Elise et Jonas, on avait connu les enfants rapprochés avec Maël et Coline. On avait connu les 3 enfants en 3 ans. D’ailleurs on avait aussi connu les 4 en 5 ans. Donc on s’était fait la main, enfin les mains. Et puis les nuits aussi. On connaissait la famille nombreuse. On connaissait la mixité aussi. On connaissait aussi les bronchiolites, le tire-lait, les gastros, Les biberons Dodie et Avent, les tétines silicone et caoutchouc, les hospitalisations, les poussettes simples, Père Castor, Franklin et Dora, les doudous perdus, les poussettes doubles, les crevasses et le Bépantène, les allocations familiales, les grandes voitures, les reflux, les tétines, les pouces, l’allaitement simple, mixte, raté, court et long, les varicelles, les roséoles, les courses sur Internet, Henri Dès, les couches Pampers, Huggies et Leader Price, le 4 pattes, le vélo à petites roues, la girafe Sophie. On se croyait expérimentés, on se croyait prêts.

Mais on ne connaissait pas les jumeaux. Et les jumeaux c’était un peu la 4ème dimension. Quand même. Même si une fois qu’ils étaient nés c’était une évidence qu’ils devaient être 2 à naître en même temps, le même jour, ensemble.

Mais tout ce qu’on avait appris avant c’était de la gnognote. Même si on était contents de l’avoir appris avant quand même.

Et depuis 8 ans le double effet jumeaux reste un étonnement permanent.

Bon anniversaire Elise et Jonas!

 

« Méheuuuuu, ma culott-euhhhh »

C’est l’heure des douches. La douche est maintenant un moment géré de manière autonome par 4 des enfants sur 6.

Oui, que tous les parents se rassurent. Un jour les enfants se lavent seuls, et pendant ce temps, Mam’s peut préparer son dîner, ou bloguer faire réciter des leçons.

Ce jour-là, la culotte d’Elise n’a pas rejoint le panier à linge sale et s’est arrêtée dans le couloir. J’ai été alertée par des hurlements (plutôt joyeux, mais hurlements quand même).

Basile courant à travers la maison en poursuivant Maël, la culotte du jour entre 2 doigts et criant : «MAYDAY!!, MAYDAY!! ».

Elise nue suivait en hurlant : « Méheuuuuu, ma culott-euhhhh ».

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La culotte a ensuite été envoyée par la cage d’escalier, au risque d’arriver sur la tête d’un autre habitant de la maison, en l’occurrence celle de leur grand-mère par exemple, ce qui les a fait hurler de rire.

La culotte a terminé son trajet accrochée aux barres de flèche d’une maquette de dériveur (Pardon Matt!).

Je crois qu’elle y est encore.

Certains jours, les hurlements me font hurler même si je sais que rationnellement plus ils hurlent, plus il faudrait que je leur parle calmement. Mais ça, quand Isabelle Filliozat l’écrit et l’explique dans un bouquin, elle est tranquillement assise à son bureau, il n’est pas 18h30, et elle n’a pas des hurlements dans les oreilles.

Et à chaque fois, après avoir remis tout le monde dans l’axe de la douche, je m’en veux d’avoir stoppé un vrai moment de chahut. Un de ces moments dont ils se souviennent longtemps après, et qu’ils se racontent régulièrement, un peu comme s’ils ne voulaient pas l’oublier.

Comment savoir si le chahut du jour va dégénérer et finir dans les larmes ou les disputes? Comment évaluer à quel moment il faut intervenir ou pas? Comment parler à mes nerfs pour qu’ils supportent le chahut entre 18 et 20 heures? Voire même que je chahute avec eux alors que ma cervelle et mon corps aspirent à de l’efficacité et du sens de l’organisation pour que tout s’enchaîne sans couac?

Peut-être que la réponse, c’est le temps des vacances, qui permet de lâcher prise sur les horaires et les contraintes. Mais les retours de vacances sont d’autant plus compliqués qu’il faut réintégrer les contraintes dans le rythme quotidien. Et plus on a lâché, plus il faut resserrer. Et même en s’y prenant quelques jours à l’avance, les premiers jours seront un peu compliqués.

D’autres solutions?

PS: je pense qu’on retrouvera la culotte aux prochaines vacances…