
Oui l’éducation nationale, c’est top, et tant que ce sera possible, nos enfants seront scolarisés dans des établissements publics, comme ils le sont depuis toujours. En plus c’est gratuit, enfin presque, et cette année, j’ai même une droit à une réduction famille nombreuse sur les photos de classe!
Et puis j’ai calculé qu’avec 6 enfants, en partant du principe qu’ils seraient chacun scolarisés jusqu’au bac (prenons un shéma simple, ils ne redoublent pas), chacun passera donc 15 ans à l’école, ce qui fait donc, en cumulé, que nous allons bénéficier des services de l’Education Nationale pendant 90 ans!
Un jour où je m’ennuierai, je compterai le nombre de gâteaux que j’ai fournis, le nombre de quiches, le nombre de balles ramassées au chamboule-tout annuel des kermesses, le nombre de sorties accompagnées, le nombre de tubes de colle fournis – d’ailleurs au passage en Cp ils en consomment tellement qu’on se demande ce qu’ils font avec – le nombre de jeans troués dans la cour, le nombre de billes perdues, le nombre de poux rapportés, etc.
Maintenant que ça, c’est dit, je peux cracher dans la soupe critiquer un peu?
Ce n’est pas parce que c’est gratos que je n’ouvre pas un peu les yeux sur ce que mes enfants vivent (après tout ils y passent presque autant de temps qu’à la maison) et y’a pas à dire…. il y a des trucs qui me saoulent laissent étonnée, perplexe, un peu dubitative, parfois énervée. Alors je me suis dit qu’en écrivant ce billet, vous auriez peut-être aussi un avis à me donner sur la manière dont ça se passe par chez vous.
Mes interrogations concernent la gestion du personnel de l’Education Nationale.
il y a 2 ans, déménagement, donc nouvelle école et Basile a fait son entrée en CM1, année que je trouve assez importante dans le cursus élémentaire, avec le CE1. Sa classe était un double niveau CP-CM1. Non non ce n’est pas une faute de frappe! J’avais déjà vécu le CP-GS en maternelle, j’avais été terrorisée en me disant que mon petit de 3 ans allait devoir affronter des grands de 6 ans!
On peut me donner tous les arguments pédagogiques selon lesquels les grands peuvent prendre en charge les plus jeunes, cela favorise l’autonomie des plus grands, les CP apprennent à travailleur seuls, faut pas me prendre pour un bac à douche quand même. Quand, après avoir fait tous les scenarii possibles de constitution de classe en juillet il reste 8 élèves de CP et 13 élèves de CM1 qu’on n’a pas casés, et que la dirlo voudrait bien partir en vacances, eh ben on en fait une classe (oui, parents, vous avez de la chance, ils ne sont que 21!). L’instit avait la carure et nous avait présenté en réunion de parents un projet pédagogique vraiment intéressant. Le lundi suivant, elle était arrêtée pour maladie. Je vous la fais courte, mais cette année-là, cette classe a eu 6 maîtresses différentes, 3 semaines sans rien (les enfants casés dans les autres classes), et l’une d’elle a fait de mars à juin, c’était sa première année d’enseignement, elle a dû pas mal en baver, la pauvre.
L’année suivante, Basile a fait son entrée en CM2 avec un maître qui a choisi de prendre un 4/5ème parental. Je plussoie ce choix, qui est possible dans le privé même si ça met dans la mouise saoule nos employeurs, alors pourquoi pas dans le public? Nous avons alors expérimenté la non-réactivité de l’éducation nationale qui a mis 6 semaines avant de trouver la maîtresse du vendredi (l’instit avait annoncé avant l’été sa décision de prendre un temps partiel)
Cette année, Noé fait son entrée en CM1, avec une remplaçante au premier trimestre, la titulaire étant en congé maternité. Magnifique premier trimestre! Depuis la rentrée de janvier, l’instit titulaire est revenue, et nous avons appris par un mot dans le cahier qu’elle reprenait à temps partiel, et qu’une maitresse assurerait les lundis. Laquelle ne s’est encore jamais présentée, et n’est pas remplacée… aucune information pour la suite! Du coup, les lundis, les élèves de sa classe et lui avec sont répartis dans les autres classes, et il ne bosse que 3 jours par semaine. Pour la semaine prochaine, il m’a demandé de lui offrir un cahier de mots cachés pour pouvoir s’occuper toute la journée…
Mes enfants n’ont vraiment pas de bol, c’est la première option, l’autre étant que vu le nombre d’enfants que je scolarise, ça augmente le risque que ça tombe sur les miens. Mais il y a des parents qui craignent l’échec scolaire et qui ont inscrit leurs enfants dans le privé en masse, du coup, Basile a perdu tous ses copains à l’entrée en 6ème.
Je suis assez relax sur le risque de difficultés scolaires lié à ces absences : Ehhh oui, privilège de mon grand âge, j’ai des aînés qui sont passés par là et je sais maintenant que TOUT ce qui est vu en élémentaire est revu au Collège. Oui, c’est pour consolider des acquis, et quand les acquis ne sont pas acquis, ou sont mal acquis, c’est la faute à qui? bref, on reprend tout au Collège, du cycle de l’eau aux règles du participe passé, des triangles isocèles aux contes de Perrault, de Christophe Colomb à l’orthographe des mots invariables, etc. bref, Basile fait une super 6ème!
J’adhère aux fédérations de Parents d’Elèves, et je trouve que mon rôle y est beaucoup plus utile à favoriser des liens parfois compliqués entre parents et instits et à soutenir des instits qui ont des jolis projets hyper ambitieux et à moyens limités qu’à écrire des lettres au rectorat pour qu’une remplaçante veuille bien pointer son nez le lundi.
Mes enfants sont contents d’ aiment aller à l’école, et oui, ils ont du bol parce que leurs parents les accompagnent du mieux qu’ils peuvent dans leur scolarité – Mazette, suivre 6 programmes scolaires différents simultanément, j’y perds parfois un peu mon latin – et ce n’est sûrement pas le cas de plein d’enfants, j’ai conscience de ça aussi. Mais bon, faut quand même relativiser un peu, hein? sinon y’a plus qu’à descendre dans la rue, et en ce moment ça caille un peu pour ce genre de fantaisie!
C’est quand même dingo qu’on soit pas fichus de remplacer les instits en congé parental (genre elle est pas tombée enceinte la veille non plus)!