R comme Rose

4 garçons, 2 filles.

On a toujours fait dans le multicolore en essayant de ne pas tomber dans les stéréotypes du rose pour les filles et du bleu pour les garçons. Mais il s’est passé un truc à l’entrée en maternelle. Nos filles ont été attirées vers le rose: trottinette rose, vêtements roses, élastiques roses, culottes roses, l’assiette rose, la brosse à dents rose, le cartable rose, les bonbons roses, et le gloss, si possible à paillettes, rose.

La totale vie en rose.

Le tout, si possible, sponsorisé par Hello Kitty, ce chat avec 3 poils et une barrette mais qui se décline en rose, paillettes et tout le toutim. Sa tronche est partout, c’est pire que celle d’un candidat à la présidentielle en période d’élections.

Du coup, on a essayé de lutter. Coline attirée par le rose, et nous proposions du jaune, ou du rouge. Et elle, voulait du rose. Donc elle boudait. Un jour, Pap’s a dit: « Ok, va pour le rose ». Invasion de rose à la maison. Provocation de rose. Overdose de rose. Non pas les chaussures, ni le manteau, c’était trop pour moi. Mais tout le reste y est passé. A son entrée en CP, il a fallu choisir un cartable. Pap’s a dit: « Non, pas un cartable rose, s’il doit durer plusieurs années. Au cas où un jour, elle en aurait marre du rose ».

A son entrée en CE1, Coline n’a plus voulu de sa trousse rose. Ni de ses baskets à scratch roses. Ni de son diadème de princesse rose. Le gavage de rose avait eu raison d’elle. Après quelques mois de désintoxication, elle y est revenue, avec modération, joliment, avec goût. Elise a suivi exactement le même chemin. Version bien girly. Robe de princesse rose, corde à sauter et mules à pompons roses 24/24. Pap’s a dit la même chose. Sauf pour le cartable parce que soit il était rose, solide et de la bonne taille, soit Hello Kitty et à roulettes. 

Avec Elise, je pense qu’on n’est pas encore complètement sorti de l’auberge rose. Mais je garde espoir. Quand j’ai vu son groupe de nageuses, ce soir, je me suis dit que c’était un bon rosomètre. Bonnet rose, lunettes roses, maillot de bain rose, il y a des parents qui ont encore du chemin à parcourir…

 

A comme Amour maternel

 

 

 

C’est vrai que je me suis souvent posé la question, au fur et à mesure des naissances des enfants: comment fait-on pour aimer autant d’enfants? Comment fait-on pour leur distribuer assez d’amour à chacun, et comment fait-on pour les aimer autant les uns que les autres?

Et puis, de toute manière, si je ne m’étais pas posé la question, les enfants s’en sont chargés avec ces questions à 2 balles qui tombent à froid: «Mam’s, qui tu aimes le plus?», «Mam’s, est-ce que tu aimes plus lesT petits ou les grands?» «Mam’s, c’est qui ton préféré?» Et là, il est impossible de répondre juste: «je vous aime tous pareil», parce qu’ils savent bien que ça sent la réponse toute faite, et que cela mérite quelques explications supplémentaires.

Bon, en fait, ce qui est rassurant, c’est qu’on peut aimer autant d’enfants qu’on en a, c’est un peu comme si le coeur grossissait avec le nombre d’enfants (là, je comprends mieux pourquoi je n’ai pas perdu tous mes kilos, rhôôô la bonne excuse qui ne marche pas, parce que le coeur ne se situe pas au niveau des hanches).

Tant que j’étais enceinte, ça me semblait un peu virtuel tout ça, et j’ai toujours eu cette sensation bizarre de l’alien (pardon) qui se développait dans mon ventre, en toute indépendance, pompant ce dont il avait besoin quand il en avait besoin (la meilleure preuve c’est que les enfants pesaient de 2,5 kg à 4,8 kg, ils se sont donc servis au bar pendant 9 mois en fonction de leurs besoins).

Le pire dans le genre «alien virtuel» a été l’écho 3D où j’ai vu Noé à 5 mois de grossesse, un cauchemar. Pardon pour tous les parents qui arrivent à s’extasier devant la magie de l’écho 3D, pour moi c’était juste la 4ème dimension. Non merci, Docteur, je ne veux pas de cliché pour coller dans son album.

Alors l’amour, là-dedans… Ok je les aimais déjà, et dès un test de grossesse positif, chacun de nos enfants faisait déjà partie de nos vies ; De là à parler d’amour maternel inconditionnel, il y avait un grand pas.

Une fois nés, j’en suis tombée raide dingue, et je me suis chaque fois demandé comment on faisait pour vivre sans eux, avant. L’amour maternel évident, quoi. Pas le dernier-né plus que les autres, pas moins que les autres, juste autant que les autres, simplement. Et hop, une extension du coeur pour ce nouvel enfant. Et je mesure ma chance, car je sais combien cette alchimie peut parfois mettre du temps à se mettre en place, pour certaines mères, et la souffrance que cela représente.

Pour autant, les années passant, je me demande si je peux aimer chacun de mes enfants de la même façon. Ils sont tellement différents, ils n’ont pas les mêmes âges, ils n’ont pas les mêmes talents, ils n’ont pas le même humour, etc. Donc je ne peux pas les aimer de la même façon ; Mais je les aime autant, chacun me manque autant lorsqu’il n’est pas là. D’ailleurs c’est un truc assez dingue que j’expérimente régulièrement: Quand un des enfants part quelques jours, qui qu’il soit, il me manque et pourtant, mazette, il en reste 5, non? Enfin, j’ai déjà écrit sur ce sujet, .

Alors voilà, non je n’aime pas mes enfants de la même manière, parce qu’ils sont très différents les uns des autres; je les aime pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils deviennent en grandissant. J’ai la même dose d’amour maternel à donner à chacun de mes enfants. Et je n’ai jusqu’à présent sûrement pas distribué une dose d’amour identique et linéaire à chacun. Nos enfants ont des besoins différents à des moments différents, et moi, j’essaie de m’adapter.

Par exemple, Jonas entre 6 mois et 2 ans faisait des masques, d’abord au babyhaler, puis avec un babyhaler électrique toutes les 4 heures, avec réveil la nuit et tout le toutim, et séances de kiné chaque jour (oui chaque jour). Traumatisant pour moi, et sûrement pour lui aussi: J’ai dû lui donner une dose d’amour sûrement plus forte pendant cette période-là. Ou lorsque Maël, à 4 ans, à l’occasion d’un déménagement, s’est mis à bégayer fortement; Où encore quand notre quichette s’est cassé les 2 bras, et je pourrais citer des exemples multiples pour chacun des enfants.

Et puis il y a autre chose, et c’est une phrase que Bruno nous dit souvent: «Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour».

A quoi cela sert-il de dire à ses enfants tous les jours qu’on les aime? ça rassure? ça disculpe? ça console? Qui? Eux ou nous?

Les embrasser, leur faire des compliments, les regarder, les écouter, rire avec eux, leur donner la main, les admirer, les consoler, leur poser des limites, les preuves d’un amour maternel inconditionnel sont illimitées, non?

S comme SERVICES

Je ne sais pas comment c’est chez vous, mais chez nous, quand j’appelle en disant: « qui met le couvert? », j’ai l’impression d’être célibataire et sans enfants dans une maison immense où un silence de plomb règne.

Si j’ose un « qui pourrait passer un coup de balai dans le salon? » c’est l’écho qui me répond. 

M’enfin ça, c’était il y a déjà plusieurs années… parce que depuis que les enfants savent compter (vers 4 ans?) j’ai arrêté d’attendre une participation volontaire sur ces tâches de tous les jours. Nous avons testé plusieurs méthodes (Chéri est un spécialiste des processus) et nous avons retenu plusieurs idées sur le sujet:

- Chacun peut participer à sa mesure aux tâches quotidiennes (pas juste ranger sa chambre, hein? on parle bien de tâches qui concernent tout le monde)

- il vaut mieux appeler cela des services que des corvées, ça passe mieux.

- être précis dans ce qu’on attend, nos chéris sont comme tous, un peu partisans du moindre effort;

Je m’explique: « débarrasser »  pour les enfants pourrait signifier rapporter une pile d’assiettes devant le lave-vaisselle, mais pour nous, cela veut dire aussi rapporter les verres, charger la machine, passer un coup d’éponge, remplir la carafe d’eau, etc.

- nous avons utilisé le coaching des petits par les grands, mais c’est devenu avec le temps une répartition des tâches entre les 2, même si ça a bien marché au début.

- à chaque rentrée, il faut repenser la grille des services pour l’adapter aux activités des enfants, et être sûr qu’ils sont présents au moment où ils sont de service.

- respecter l’équilibre des tâches à répartir: pas question que l’un en fasse plus que l’autre, ils sont hyper observateurs et crient au scandale de l’injustice parentale dès que c’est possible.

- cette grille doit être conçue en présence de tous, un peu comme une charte ou un contrat, et tant que tout le monde n’est pas d’accord, il faut se creuser les neurones.

Alors je vous offre en exclusivité le modèle breveté de nos grilles de service: celle de la saison dernière, et celle de cette saison-ci. 

La saison dernière, on avait choisi de mixer: les binomes, la répartition des tâches, les contraintes d’emploi du temps, et le coaching des plus jeunes par les plus grands, le tout de manière équilibrée… impossible de mémoriser cette grille, affichée dans plusieurs lieux de la maison!

Cette année, chacun sa journée, le reste du temps c’est repos, et le week-end tout le monde y met un peu du sien! ça démarre aujourd’hui!!

 

Donc pour aujourd’hui, tout le monde a compris? qui est de service?

ABCdaire de leur enfance

Je n’ai pas commencé à écrire hier… j’ai souvent mis sur clavier quelques phrases, quelques idées, j’ai parfois essayé de tourner en dérision des événements qui vraiment n’étaient pas simples à traverser… et je les livre sous forme d’ABCdaire, une nouvelle rubrique pour ce soir, que j’alimenterai progressivement!

Euhhh oui je sais que l’alphabet commence par la lettre A, mais bon je commencerai par la lettre B!

Et pourquoi pas?