Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas.

  • C’est quoi le bip bip bip?
  • Je ne sais pas…
  • Ah bon bah ça s’est arrêté…

J’aurais dû y penser. Le Bip Bip comme ça, c’est celui du lave-linge quand il a fini de tourner. Sauf que je l’avais mis en route 1/4 d’heure avant.

2 heures après, je suis descendue étendre ma machine. Ma 11 kilos bien remplie, première d’une série de retours de stage/vacances/semaine.

Sur l’écran il y avait marqué FA. Les initiales de ma mère. Etonnant que mon lave-linge les connaisse…

J’ai appuyé sur tous les boutons. Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas.

Tentative de vidange/essorage. Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas.

Alors j’ai tapé FA Whirlpool sur mon téléphone. Parce que sur le net, il y a des gens qui racontent leurs expériences de réparation de lave-linge. Moi je raconte mes expériences de pannes. Pour la réparation, je n’en suis pas encore là.

J’ai suivi les étapes:

  • j’ai ouvert le petit clapet devant en inondant mes ballerines. J’ai retrouvé une barrette, 30 centimes en pièces de 5 et 10 mais elles sont noires, les pièces. Quelques cheveux. Et l’odeur aussi. Maintenant, le clapet brille.

Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas.

  • J’ai sorti la manivelle à déboucher de 5 mètres (oui, j’ai ça dans mes outils), je l’ai plongée dans le tuyau de vidange, j’ai tourné, j’ai tiré, j’ai recommencé, rien n’est venu. A part l’odeur. J’ai mis de l’eau dedans, j’ai soufflé. Non, je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, mais on ne sait jamais.

Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas.

  • J’ai coupé le robinet d’arrivée d’eau, j’ai débranché aux 2 extrémités, j’ai soufflé dedans. J’ai même regardé à travers (on ne voit rien), je l’ai rebranché, j’ai vérifié que l’eau passait bien.

Bip bip bip… FA.  Et là, miracle, le cadenas s’est effacé, j’ai ouvert le tambour, j’ai sorti le linge. Trempé, détrempé, 1 tonne. Mais le linge est sauf. Au moins il ne moisira pas dedans.

  • J’ai sorti le bac à produits, vidé, rincé, brossé, il n’a jamais été aussi propre. Remis en place.

Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas. Oui le petit cadenas est de nouveau là, le tambour fermé, mais vide.

    • J’ai tenté le: débranchez la machine et soulevez là vers l’arrière, c’est peut-être au niveau du siphon. Siphon toi-même, la bête pèse plus lourd que moi et je n’ai qu’une série de lombaires. Echec.
    • Paragraphe suivant: on me parle de flotteur et d’aquastop. Why not? Au point où j’en suis, plus rien de me fait peur. Hum, j’ai parlé trop vite. Il y a un truc qui me fait bien peur, c’est le schéma que j’ai ouvert en cliquant sur un lien.

 

J’ai atteint mon seuil de compétences en matière de lave-linge. J’ai 11kgs de lessive mouillée (pleine d’eau) et autant de linge sale dans le garage. J’ai aussi une pince crocodile, une manivelle à déboucher de 5m impossible à ré-enrouler, 2 serpillères, un clapet et un réservoir à produits propres. J’ai hésité à pleurer.

Bip bip bip… FA. Tambour bien fermé, petit cadenas.

Demain, j’irai voir mon voisin d’en face, il saura peut-être faire. Sinon j’appellerai un dépanneur qui me facturera un AR pour Montréal une petite pièce en plastoque. Je vais peut-être lancer un appel sur FB. ça me changera du FA.

En attendant, mes ballerines sont trempées, et je vais aller me coucher.

Ah oui, bonne année!!

Edit de J + 2:

A J+ 1, après une nuit compliquée à base de tuyaux de vidange, de serpillères à essorer et de linge sale entassé, j’ai appelé un dépanneur qui m’a annoncé un devis de 270 euros de réparation. 20 minutes après, je commandais un nouveau lave-linge, après avoir utilisé les comparateurs en tous genres. Livraison prévue sous 24h, et enlèvement du lave-linge en panne.

A J+2, ce matin, donc, je suis allée dégager le passage pour anticiper l’arrivée du bijou. En  appuyant sur le bouton permettant de libérer une chaussette oubliée dans le tambour, ce dernier s’est ouvert… libérant la chaussette. Rien à l’affichage, ni FA, ni bip bip. J’ai donc titillé la bête, l’ai rechargée du linge trempé de la veille, et ai relancé un cycle court. Elle a ronronné gentiment, et s’est remise en route. 

J’ai donc appelé Boulanger (+1 pour le service, l’accueil, la réactivité), annulé ma commande auprès d’une nana écroulée de rire et pleine de compréhension qui a juste pris le temps de prévenir le livreur qu’il pouvait modifier sa tournée du jour, et lancé le remboursement. 

Depuis, ma machine a ronronné 2 fois 1 heure, sans encombre ni inondation.

Je sais donc qu’il est possible de commander et faire livrer un lave-linge en 24h, ce qui est quand même un vrai soulagement pour moi (le jour viendra…) et mon budget soldes a tout d’un coup pris de l’épaisseur.

7 ans aujourd’hui!

Il y a 7 ans aujourd’hui, je reprenais le chemin du boulot après plus de 10 ans passés à la maison.

Il y a 2 ans, j’avais fait un premier point sur la situation.

J’ai eu mal à la tête pendant 6 mois, j’ai planté Excel 2386 fois au moins, j’ai oublié mon badge 10 fois au plus, je suis restée bloquée dans l’ascenseur 2 fois seulement, j’ai eu 955 points au TOEIC 3 semaines après mon retour, j’ai changé 4 fois de chef et 2 fois de poste. J’ai traversé l’Europe et j’excelle (ahah) dans l’art de prendre des avions à 6h30 et rentrer le jour même pour dormir à la maison. J’ai changé de nom aussi, mais pas d’adresse email ce qui en perturbe certains. Je parle plus souvent anglais que français. Je connais les drapeaux d’une soixantaine de pays, avec qui je travaille souvent à l’heure où ça les arrange. J’ai rejoint le Réseau de femmes de mon entreprise. J’ai toujours 6 enfants à la maison, selon un rythme un peu bohème et irrégulier.

Mais surtout, en 7 ans, j’ai changé ma manière de travailler. J’avais déjà écrit un billet sur le Blurring, terme pas vraiment joli pour définir le mix permanent entre vie familiale et vie professionnelle qui permettait la conciliation des 2. En 2015, la transition était en cours.

A ce jour elle est faite. Je ne cloisonne plus rien entre vie familiale et vie professionnelle. Parce que mon moteur professionnel c’est quand même l’efficacité. Et mon moteur personnel aussi. L’idée n’est pas d’en faire toujours plus (même si la tendance va dans ce sens), mais de faire ce qui doit être fait au moment opportun.

Parce que « ce qui est fait n’est plus à faire! ».

Qu’il s’agisse de perso, ou de pro. Oui je case un RV téléphonique avec un prof du collège pendant une journée de boulot. Oui j’organise un call avec le Mexique à 21h00 heure de Paris. Oui, je fixe un RV chez le dentiste du bureau. Oui je prends l’avion à des heures où je devrais être tranquillement chez moi. Non, je ne prends plus le temps de déjeuner avec des copines les jours où je suis au bureau pour être à la maison à 18h30 au plus tard. Oui, je fais mes courses en ligne à l’occasion d’une pause café.

Parce que « ça, c’est fait! »

Avant, j’aurais fixé un RV avec le prof du Collège à 17h15 un soir de semaine, il aurait fallu que je parte du bureau 1 heure avant (mission compliquée et génératrice de stress dès le matin) et j’aurais dû rattraper ce temps en travaillant le soir (ahhh culpabilité, quand tu nous tiens). Avant, je tenais des TODO Lists interminables que je mettais à jour trop souvent et dont je n’arrivais jamais au bout. Avec la désagréable impression de ne pas avoir le temps. Aujourd’hui, je fonctionne dans l’immédiat. Il y a un truc à faire, je le fais. Histoire de ne plus l’avoir à l’esprit. Et finalement ça me convient bien.

Je me fais un peu l’impression d’être une nana un peu gâtée qui fait ce qu’elle veut, quand elle veut. ça n’est pas aussi simple que ça. Mais ça y ressemble quand même un peu. Et quand j’en parle avec les Kids, les plus grands, ils ne sont pas surpris. C’est plutôt l’avant qui les surprend. Ils sont d’une génération du ici et maintenant.

Et c’est assez plaisant.

 

Prends ce qui vient

Un billet qui j’espère ne fera pas pleurer dans les chaumières illuminées par les sapins, et embaumées par les chapons.

Un billet pour poser ici quelques états d’âme d’un Noël sans enfants. Comme il en existe dans beaucoup d’autres familles.

Il y aura une fête en décalé, on commence à avoir l’habitude. Finalement ce sont ces souvenirs là qui resteront, ceux des moments passés ensemble.

« Prends ce qui vient » … OK, je fais avec, et sans.

A la place, il y a les messages inattendus, les photos de ciels purs et de neige immaculée qui rendent bleu le ciel gris, le soutien incroyable des amis, l’affection qui ne se tarit jamais de ma famille et mes parents, un coup de fil qui m’a remise debout. Des bougies allumées, un café et des biscuits de Noël, une veillée entourée, beaucoup de douceur.

Au milieu de tout cela il y a un cow-boy qui défie toutes les lois et écrase son entourage de sa toute puissance. Il est la loi. Laissons-le à son Far West, un shérif finira peut-être un jour à lui remettre les pieds dans les étriers. Ou pas. Il vit dans un monde parallèle auquel je n’appartiens pas.

Je vous aime, mes Kids

 

 

Le 18-20 chaud-bouillant

C’était mardi soir, mais ça aurait pu être n’importe quel soir, en fait.

  • 17h45 : J’enregistrais mes derniers fichiers Excel en espérant éviter le plantage et la petite roulette qui tourne sans fin, assurance d’une perte de données dont je suis assez spécialiste.
  • 17h50 : En répondant au téléphone à Noé, j’ai vite compris que je ne pourrais pas me défiler de la réunion au Lycée « hyper importante, vraiment » à 19h15 le soir même.
  • 17h55: En répondant au téléphone à Basile, j’ai vite compris qu’après 3 heures de cours de physique le matin, et après 3 heures de cours de maths il prenait avec un humour réservé le fait de se retrouver à 7 km de la maison avec son vélo crevé, qui remettait en cause son entraînement de piscine une heure plus tard. Sous la pluie.
  • 18h00: Je suis maintenant une adepte du covoiturage pour mes trajets boulot, et ma covoitureuse de l’extrême qui devait être chez elle absolument à 19h00 a fait le détour nécessaire pour qu’on charge Basile et son vélo. Merci Séverine!
  • 18h55: Passage en express à la maison, le temps d’indiquer aux enfants qu’ils fallait qu’ils gèrent un dîner 3 étoiles et dînent sans moi. Basile a pris un autre vélo pour partir nager, au moins un heureux!
  • 19h14: J’ai fait mon entrée dans la salle de réunion, tip top à l’heure. La réunion « hyper importante » concernait un stage nautique pour les élèves de seconde, animé par les profs de sport au mois de juin prochain après la fin des cours. La notion de « hyper importante » peut avoir des degrés divers selon la personne qu’elle concerne. Je devrais le savoir.
  • 20h10: J’arrive à la maison et ma parka encore sur le dos, j’accepte de tester le masque anti points noirs homemade par Coline. Je découvre alors que tous les enfants présents en sont tartinés. Me voilà tartinée pour attaquer une assiette de pâtes (reste du dîner 3 étoiles). Les enfants ont dîné, la cuisine est rangée. Il ne faut juste pas que le livreur Amazon sonne à la porte maintenant (rapport au masque)

Et c’est là que je réalise que le 18h-20h a été, et reste le créneau chaud-bouillant de la journée. Celui où tout s’enchaîne et peut éventuellement déraper. Celui qui justifie que je m’impose de rentrer du bureau pour être à la maison vers 18h30. Pour être là. Au cas où.

D’ailleurs, ce soir, c’est Maël qui a crevé. A la même heure. Sous la pluie aussi. Et ce matin, Noé avait cassé son frein et bloqué sa roue.

Alors on a fait atelier vélo ce soir. Pour tout réparer. Enfin eux. Moi, pour une fois, je ne pliais pas mon linge toute seule dans le garage.

Quand je dis que tout va bien!

PS: A venir très vite, la recette du masque anti points noirs, un vrai succès!

EDIT DE 17H30

Par où je re-commence?

C’est la question que je me pose depuis quelques jours, quelques semaines.

Depuis que je me dis que tous ces souvenirs que constituent notre vie de famille ne trouvent plus leur place sur le blog de manière aussi régulière qu’avant. Et pourtant il y a de la matière!

Pourquoi? Sans vouloir refaire la genèse de ces 4 dernières années, elles ont été mouvementées. Pas simple de donner une orientation nouvelle en passant de 8 à 7 selon un rythme qu’on qualifiera de plutôt bohème à défaut de régulier. Accompagner chacun pour qu’il continue à grandir, à s’épanouir, à être le plus heureux possible, à faire des projets, à gagner en autonomie alors que le schéma dans lequel il a grandi a été totalement remis en cause. Et quand la stabilité est loin d’être de mise au quotidien…

Allez, je n’en dirai pas plus, la périphrase n’est pas mon style préféré.

Par où je re-commence?

Par poser ici, noir sur blanc, que cette fratrie dont j’ai la chance d’être la mère est absolument incroyable. Un jour, quand je serai grande, j’aimerais prendre du temps pour mieux comprendre comment fonctionnent les interactions entre des frères et soeurs, en fonction de la place de chacun, de leur âge, de leurs caractères, et de l’environnement dans lequel ils vivent. C’est d’une puissance étonnante.

Chacun sait ici, qu’il me connaisse ou qu’il me lise, comme j’aime observer les adolescents et jeunes adultes (mazette, dans quelques mois 50% des enfants seront majeurs). Je les défends becs et ongles contre tous ces poncifs qui circulent sur l’adolescence. Ce n’est pas ce qu’ils sont, ni eux, ni leurs copains.

Et puis je dirai aussi que dans le chapitre « moi, ma vie, mon oeuvre » il se passe de belles choses, qui donnent de vraies bonnes raisons de se lever de matin pour voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide. 

Alors c’est par là que je re-commence, par ce billet qui dit que tout va bien! Que j’ai envie de continuer à poser ici les souvenirs de ces moments passés avec les enfants. Dans la foulée de ce billet, je vais reprendre le récit de ma soirée d’hier dans un autre billet. Pour les fidèles qui résistent à Facebook aussi.

Par où je re-commence?

Par me faire du bien en venant ici plus souvent! Et si ça vous fait plaisir aussi alors ça sera encore plus sympa 🙂

Votre commande de sapin, c’est aujourd’hui ou demain!


Ahhhh reprendre le clavier, quel plaisir… Le temps file, file et me file entre les doigts.

Comment, déjà Noël? Je n’ai pas commencé mes courses!

Où serons-nous le soir de Noël et le lendemain? C’est encore à organiser…

Par contre pour le sapin, cette année, c’est l’équipe de scouts aînés unionistes de Noé qui s’en charge! Parce que pour organiser leur camp d’été, ils ont des idées, une responsable, et il leur faudra quelques moyens!

Toutes les informations sont dans le flyer ci-dessous. Alors si vous habitez à proximité de Viroflay, c’est le moment de commander votre sapin. Un vrai qui sent bon et dont la recette ira au producteur… et aux scouts.

Mille mercis pour votre soutien, Mille mercis pour Noé.

 

Depuis 2 jours, je prends le bus

Quand mon bureau a déménagé, on m’a proposé une place de parking. J’ai dit non… Non aux bouchons, non à l’usure de ma voiture, oui à la planète etc.

Je me suis inscrite sur des applis de covoiturage et je scrute les propositions. J’alpague les collègues de ma banlieue pour leur proposer de m’emmener. Un jour ça va marcher.

En attendant, depuis hier je prends le bus. Pour moi le bus, c’est le plein air, c’est des grandes baies vitrées, c’est de la lumière, c’est un petit tour dans le quartier. C’est Londres et ses double-decks rouges, c’est des voies spéciales pour éviter la circulation, c’est le bonheur en fait.

En vrai c’est un peu différent. Très.

Mon arrêt de bus du matin est situé à côté d’une bouche d’égout. Ou sur un réservoir de station d’épuration. A 7h30 le matin c’est compliqué. Le bus est annoncé à 7h37, donc j’arrive à 7h35. Il y en a un annoncé toutes les 20 minutes. Il est passé à 7h45, je n’avais plus de souffle à force de retenir ma respiration, rapport à la bouche d’égout. Je ne sais pas comment il a fait, mais 3 arrêts plus loin il avait rattrapé le bus d’avant.

Je pense que les conducteurs de bus de ma banlieue sont des pilotes de F1 qui ont mal saisi leur voeux dans APB. Ils négocient les virages à la corde en montant sur le trottoir, ou super large ce qui leur impose un méga coup de patin pour éviter le véhicule d’en face. Leur kiff, ce sont les ralentisseurs: ils prennent leur élan avant, debout sur le frein juste devant et passent dessus en tentant le décollage des roues au niveau de l’accordéon.

Quand je monte dans le bus, il y a écrit: « avancez au fond ». La technique est simple: me positionner au milieu du couloir, attendre le démarrage du bus, et la simple accélération me propulse sur les genoux du passager du fond. Direct. S’il y a du monde dans le bus, on s’empile les uns sur les autres, comme les Romains dégommés par Obélix.

Si je reste debout, j’ai parfois les pieds qui décollent du sol, et les abdos (ouf, j’en ai peu) qui me remontent dans la cage thoracique. C’est Space Mountain. Je pense me shooter Mercalm-Cocculine pour affronter chaque trajet, mon estomac n’y résistera pas.

Le combo gagnant, c’est la place assise sur la roue arrière, dans le sens inverse de la marche, clim du bus éteinte. Prévoir le sac plastique.

Mais ils sont sympas les chauffeurs de ma banlieue. A chaque fois qu’ils croisent un collègue en bus, ils donnent un coup de patin pour s’arrêter à sa hauteur et le saluer. Parfois ils font des blagues à des gens qui courent pour monter dedans. Ils les voient dans le rétroviseur, et zouuu ils démarrent juste avant qu’ils arrivent à la porte du bus.

Là, en 2 jours, ça fait 2 fois qu’il ne s’arrête pas à mon arrêt (si, si, j’ai consciencieusement appuyé sur le bouton qui allume la zone « arrêt demandé »). Du coup, je l’alpague pour qu’il s’arrête… et donc… il pile.

Aujourd’hui, j’ai compris. Je me suis placée au milieu du couloir et au coup de frein, zouuuu, j’ai été propulsée d’un coup vers l’avant du bus et la porte de sortie.

Je repars scruter les applis de covoiturage…

 

 

Hommage à U

Il y a d’abord eu Maël, celui que tu as couvé, qui t’a permis de grandir, et lui aussi. Celui grâce à qui je suis devenue mère. Il a fallu forcer la nature, tu l’aurais bien gardé au chaud.

Je t’ai autorisé une petite convalescence avant que Coline vienne y trouver sa place puis le chemin vers une vie extérieure.

Basile s’y est ensuite installé et tu as hébergé ses 4k860.

Noé s’y est épanoui ensuite avec ses 4k2.

Tu as aussi accompagné BB5, témoin et hôte de cette vie qui n’est restée qu’intérieure et protégée.

Apothéose de ta carrière avec Elise et Jonas que tu as tenus au chaud, retenus suffisamment longtemps pour qu’ils arrivent dans nos vies à terme et costauds.

6 histoires de grossesses distinctes et uniques. De la découverte à la naissance, aucune confusion possible entre chaque.

Toi, si petit, si malléable, si présent, si vivant. Toi à l’origine de vraies douleurs et de pures joies. Toi qui malgré ta si petite taille a été de long mois mon centre de gravité. Toi qui a accueilli et préparé la vie de chacun de mes enfants.

Des souvenirs incroyables, et ce sentiment fort d’une histoire accomplie, riche et unique.

Mais là, on va arrêter la séance mélo

Parce que sincèrement, entre toi et moi, depuis la naissance des Jum’s tu n’es devenu qu’un boulet. Tous les mois. Et tout aussi sincèrement, après une aussi jolie carrière, avais-tu besoin de te rappeler à mon bon souvenir en laissant un HPV s’installer? Franchement, zéro reconnaissance pour la place que je t’ai accordée dans mon existence, pour le boulot que je t’ai donné, pour le soin que j’ai pris à te cicatriser et re-muscler. Tous ne peuvent pas en dire autant.

Je n’ai pas pu t’en protéger, de ce HPV. Parce que c’est une pure saloperie. La chance que j’ai eue, c’est que tu ne l’aies pas laissé s’installer à la période où je voulais des enfants. Parce que mon histoire aurait sûrement été complètement différente.

Cela n’arrive qu’aux femmes qui sont multi partenaires,  avec des rapports non protégés blablabla : ce n’est pas mon histoire, ce n’est pas ma vie. Cela peut arriver à tout le monde, à chacune d’entre vous (pour moi, c’est bon, j’ai donné).

Mes filles sont vaccinées aujourd’hui. Toutes les polémiques autour du vaccin, je ne peux plus les entendre (je ne les entendais pas avant déjà). C’est ma responsabilité de décider de les faire vacciner ou pas. Impossible de porter la responsabilité qu’elles puissent choper un HPV (avec les conséquences qui vont avec) alors qu’un vaccin peut les en protéger.

Un mois de repos post-op, c’est long mais c’était nécessaire. Cela prend finalement du temps de rectifier son centre de gravité!

 

 

Le 20/20

Alors, je les entends déjà, les petites voix qui diront: Ouais ça va, on va pas en parler pendant des jours de ce 20/20 en physique, il suffisait qu’il apprenne son cours et basta!

Et puis au bout de 3 semaines de cours, il ne devait pas y en avoir des masses à réviser quand même!

C’était sûrement des révisions des cours de 1ère alors bon, pas de quoi fouetter un chat!

C’est pour les mettre en confiance, le prof a donné un contrôle facile en début d’année, et ça va se corser, la claque risque d’être costaud.

Mais en fait, je m’en cogne de toutes ces petites voix.

Parce que c’est si facile de toujours trouver des raisons qui expliquent le pourquoi du comment, qui permettent de relativiser, pour mieux et vite passer à autre chose.

Je m’en cogne parce qu’il a le droit d’être heureux, béat, surpris, extatique. Il a même le droit de se la raconter un peu!

Il m’a juste dit « Nan mais là, je suis vraiment content ».

Profite, mon fils, c’est tellement bon. Tellement bon de ressentir de l’estime de soi, de la fierté, de recevoir des félicitations, de s’avaler une bonne dose de confiance, de se sentir bien.

N’écoute pas les petites voix, ne minimise rien, ne relativise rien. Prends tout ce qu’il y a à prendre de ce 20/20 au moment où il arrive. Le reste, c’est une autre histoire, et tu la vivras d’autant mieux que tu sera chargé de tout ce que tu auras pris.

Et même si vraiment je suis fière de toi, en fait, on s’en fout. Ce qui compte, c’est que tu sois fier de toi-même!

Il a revisité la Pinacothèque

La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale…

Dicton familial courant qui permet, lorsqu’on est cultivé mais pas trop, de caser quelques notions dans les dîners familiaux. Généralement ça provoque un blanc, ou des sifflements admiratifs. Moi, j’ouvre des yeux béats d’admiration devant les enfants qui, sur certains sujets, en savent beaucoup plus que moi. Et ils ont des trucs à m’apprendre, et ça, c’est magnifique. Le jour où tu réalises que tu n’es plus la source de savoir et de connaissance des enfants, mais que l’inverse se produit.

Parfois, la transmission de la culture ne passe pas par les moyens traditionnels. Les enfants étant plutôt connectés, on communique beaucoup par Snapchat ou Whatsapp. Un groupe familial auquel s’ajoutent les enfants au fur et à mesure qu’ils ont un portable. On se téléphone peu, mais qu’est-ce qu’on échange….

En ce moment c’est l’éparpillement de l’été. Chacun vit sa vie, et je me réjouis d’avance des retrouvailles.

Pendant que certains revisitent la tarte au citron, Maël a revisité la Pinacothèque de Milan.

Je ne sais pas si nous lui manquions, s’il voulait profiter du Wifi gratuit, s’il cherchait l’inspiration dans chacun des tableaux qu’il voyait. Mais l’interprétation d’une oeuvre artistique est un truc super personnel, pas question de juger. Comme certains s’extasient devant un Vermeer, d’autres sauront parler des heures d’un carré bleu sur une toile blanche.

Alors Maël a fait parler les toiles qu’il avait devant lui, et l’a partagé avec nous. Avec humour et décontraction…

Voilà quelques extraits choisis: